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À la découverte de l'île de la Grenade, modelée par le volcanisme, un jardin d’Éden bleu et or

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Les Anglais, qui colonisèrent jadis toutes les îles de cette partie des Petites Antilles, situées au sud de la grande île de Martinique, les appelaient les Windward Islands, ou « îles du Vent », car elles recevaient en premier les vents dominants, les alizés venus du sud-est, par opposition aux Leeward islands, ou  « îles-sous-le-Vent », situées au nord de la Guadeloupe. 

La Grenade, au passé tumultueux

Christophe Colomb fut le premier à apercevoir, en 1498, l’île de la Grenade, tout au sud de la chaîne des Petites Antilles. À partir de 1609, l’île fut disputée, prise et reprise par les Français et les Anglais, jusqu’à ce que le traité de Paris l’attribue finalement à ces derniers en 1783. Ce passé binational a laissé des traces dans les noms de lieux : ils sont très souvent d’origine française, comme celui de la baie de Carénage, sur les bords de laquelle est construite la petite capitale, Saint-George.

Grenade a acquis son indépendance en 1975 et, à partir de 1979, une suite de coups d’État et de prises de pouvoir, conduisant à un rapprochement avec les pays communistes, en particulier Cuba, irritèrent les États-Unis qui débarquèrent en compagnie d’une force armée internationale.

Saint-George, Grand anse Bay. © Antoine, tous droits réservés

Une autre catastrophe a frappé l’île de Grenade : en 2004, un cyclone (on parle ici de « hurricane », ou d'ouragan) nommé Ivan frappa de plein fouet l’île, jusque-là réputée être située au sud de la zone à risques : de nombreux bateaux s’y réfugiaient à la saison cyclonique, entre juillet et octobre. Beaucoup furent détruits cette année-là, comme 90 % des constructions de l’île. Aujourd'hui encore, Grenade se reconstruit, mais la joie de vivre résonne dans la musique des steel-bands, et les touristes, moins nombreux, laissent du temps de loisir aux insulaires sur les belles plages de l'île. On trouve de jolis aménagements touristiques dans les baies de la côte sud, comme celui de True Blue Bay.

Forêt vierge, girofle, muscade et chocolat

La plus grande partie de l'île de la Grenade est couverte d'une forêt primaire qui a repris le dessus depuis le passage d'Ivan, avec des forêts, des cascades comme les Annandale Falls, entourées d'une végétation somptueuse. On y découvre une des richesses végétales de l'île, ces curieux petits fruits rouges qui poussent sur des arbres, ce sont des clous de girofle.

L'intérieur d'une cabosse. © Antoine, tous droits réservés

Réputée également pour ses noix de muscade, l'île pratique aussi une culture dont on connait bien le produit fini mais qu'il m'a été donné, pour la première fois, de filmer lors de notre croisière : de jolis fruits oblongs, poussant à même le tronc de l'arbre, et connus sous le nom de cabosses, donnent naissance à des curieuses petites noix dont la couleur ne laisse guère présumer de ce qu'elles vont devenir... Pourtant, en les goûtant, on décèle un vague et lointain goût de chocolat.

Cabosse prête à être cueillie. © Antoine, tous droits réservés

Eh oui, dans la Chocolate Factory de Belmont, on peut suivre en détail tous les stades de la transformation de ces noix en pur chocolat : on laisse fermenter les noix six jours, puis le séchage se fait essentiellement au soleil, dans de vastes tiroirs que l'on abrite à la moindre averse. À la plantation Belmont, on peut aussi découvrir d'autres productions : l'enveloppe de la noix de muscade, le macis. On récolte aussi le kapok et un fruit remarquable : le cajou, le seul fruit dont le noyau pousse à l'extérieur du fruit.

Le rhum de Rivière Antoine

Non, ce n'est pas moi qui distille ! L'Antoine, qui a donné son nom à cette rhumerie, devait être un colon de l'époque où Grenade était française. À Belmont, dans une propriété ornée de resplendissants flamboyants, on distille encore le rhum de manière traditionnelle. La canne à sucre entièrement coupée à la main est apportée à cet antique moulin. On met de côté la bagasse, résidu du pressage qui sert de combustible. La mécanique du moulin est mue par une roue à aubes, et le jus qui s'écoule est considéré ici comme de l'or liquide. Dégustez avec plaisir le produit de la fermentation de ce « liquid gold » mais, bien sûr, n'oubliez pas le premier commandement : « Consommez avec modération » !

La sublime île de Carriacou. © Lloyd Morgan, Wikimedia Commons, CC 2.0

L'État de Grenade comporte aussi deux petites îles, Carriacou et Petit Martinique, qui font géographiquement partie de l'archipel des Grenadines, dont toutes les autres îles dépendent de la grande île de Saint-Vincent, plus au nord.

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