Située dans le sud de la péninsule ibérique, à Grenade, l’Alhambra fut la résidence palatiale des derniers rois musulmans d’Espagne, issus de la dynastie des Nasrides, du XIIIe au XVe siècle. © Taiga, Fotolia

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Qui a construit l'Alhambra de Grenade ?

Question/RéponseClassé sous :Espagne , histoire , Alhambra de Grenade

Fleuron de l'art hispano-mauresque, l'Alhambra est une cité palatine faite de forteresses et de résidences somptueuses, de patios agrémentés de fontaines et de bassins. Cet ensemble architectural comprend l'Alcazaba, les palais nasrides, le Généralife, des jardins et le palais de Charles Quint. Situé aux pieds des monts enneigés de la Sierra Nevada, en Andalousie (Espagne), il est érigé stratégiquement au sommet de la colline de la Sabika d'où il domine la ville de Grenade et sa plaine.

L'Alhambra vient de l'arabe et signifie « la Rouge ». La partie la plus ancienne de l'Alhambra est l'Alcazaba et désigne la citadelle primitive, fonctionnant de manière autonome par rapport au reste de la ville basse. Son architecture est relativement grossière, constituée d'une haute tour, d'une médina intérieure - dont il ne reste que les fondations - et de hammams. Ce premier noyau semble avoir été construit sur les ruines d'un fort, lui-même probablement bâti par les premiers émirs de la dynastie berbère Ziride.

La construction de cet ensemble est attribuée à Mohammed ben Nazar, fondateur de la dynastie des Nasrides, qui entra dans Grenade en 1238.

Son fils, Mohammed II, puis sa descendance poursuivirent l'entreprise. Au fil des siècles, l'Alhambra s'est enrichie de trente tours de défense et de riches palais édifiés par les souverains maures qui firent de l'Alhambra la capitale du royaume de Grenade. Le style nasride atteignit son apogée au XIVe siècle.

L’Alhambra constitue un rare témoignage de l’art et de la civilisation arabo-andalouse en Espagne. © Bisual Photo, Fotolia

L’Alhambra, joyau architectural et artistique

Les palais nasrides s'organisent en trois ensembles, intégrés à la forteresse et reliés entre eux par des vestibules et des cours intérieures. Ici se retrouvent les trois composantes de l'art de l'Islam : calligraphie, arabesques, motifs floraux et géométriques.

Les monuments les plus remarquables sont :

  • Mexuar, la partie la plus ancienne avec la cour et la tour Machuda, du nom de l'architecte de Charles Quint qui occupa la tour durant la construction du palais éponyme.
  • Le palais de Comares, célèbre pour son imposante tour d'enceinte crénelée, la salle du Trône (ou des Ambassadeurs) et le patio des Arrayanes où la cour des Myrtes est localisée.
  • Le palais des Lions : c'est ici que se trouvent les voûtes les plus raffinées et ouvragées. Avec sa galerie de 124 colonnes de marbre blanc, il s'ouvre sur un patio intérieur, la cour des Lions, constitué d'un magnifique bassin central en albâtre. Il est supporté par douze lions symbolisant la puissance et le courage.

Les jardins du Partal, faits de pergolas et de paliers successifs, se situent à l'extrémité des palais nasrides, et offrent une vue panoramique sur le quartier d'Albayzín, dont la physionomie a peu changé depuis l'époque mauresque.

Le Généralife, à l'extérieur de l'enceinte, était le palais d'été de la dynastie des Nasrides. Ils venaient ici apprécier les ombrages des jardins et les bassins alimentés en abondance par les eaux des monts de la Sierra Nevada.

L'Alhambra après la chute de Grenade

Le patrimoine historique de l'Alhambra, en Andalousie, ne fut pas directement affecté par la prise et la chute de Grenade en 1492. Malgré le désir des Rois Catholiques d'effacer les traces de l'Islam, les palais mauresques furent épargnés en raison de leur grande beauté. Mais l'ensemble fut délaissé et abandonné aux mains des pillards. Les souverains catholiques s'installèrent dans un lieu qui prit le nom d'ancienne maison royale. On leur doit notamment l'édification du couvent de San Francisco (aujourd'hui transformé en parador). C'est au XVIe siècle qu'eurent lieu les plus importantes transformations. L'empereur Charles Quint décida de faire construire un palais de style renaissance, comprenant un patio circulaire interne, dans la partie centrale de l'Alhambra. Il en confia la réalisation à l'architecte Pedro Machuca. Poursuivis sous Philippe II par Luis Machuca, les travaux cessèrent finalement en 1637 et l'édifice resta sans toiture. Demeuré à l'abandon jusqu'au XXe siècle, il fut restauré par l'architecte Leopoldo Torres Balbás en 1923.

À savoir

Ce patrimoine arabo-andalou est, depuis 1984, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. L'Alhambra abrite aujourd'hui le Musée des Beaux-Arts de Grenade (artistes andalous principalement des XVIe et XVIIe siècles) et le musée de l'Alhambra consacré à l'art hispano-andalou du Moyen Âge et de la Renaissance (monnaies, mobiliers, marbres, stucs, azulejos, Corans enluminés)

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