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Histoire : du moulin à eau au moulin à vent

Dossier - Tourisme en Charente
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Les trois quarts du territoire du département de la Charente sont drainés par le fleuve, capital pour l’activité économique (moulins, tuileries, papeteries) et le tourisme en Charente : ces trois-là ont fait la renommée de la région !

  
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Partons à la découverte des moulins à travers l'Histoire : fonctions, améliorations, inventeurs...

Les roues du moulin de Chabrot sur la Tardoire, Montbron. © Père Igor, Wikimedia commons, DP
Les moulins à travers l'Histoire. © Abac077, Flickr by nc-sa 2.0

Les premiers moulins : les moulins à eau

La plus ancienne machine hydraulique (2500 av. J.-C.) est le chadouf, levier à contrepoids, qui permet de plonger et de relever un seau dans un puits. Il reste utilisé aujourd'hui. On pense que le moulin dérive des norias, utilisées 2000 ans av. J.-C. au Proche-Orient : grandes roues verticales munies de godets, actionnées par un animal et utilisées pour l'irrigation.

On dit que l'invention de la roue hydraulique date du IIIe avant J.-C., pour actionner les moulins à blé de la Méditerranée orientale. Puis on perfectionne les mécanismes de transmission du mouvement, qui se diffusent peu dans l'Empire romain à cause de l'usage des esclaves et de l'irrégularité des cours d'eau... Au VIe Bélisaire fit installer des moulins sur des bateaux sur le Tibre pour approvisionner la population en farine.

Remarque technique : La roue hydraulique horizontale peut entraîner directement les meules montées sur son axe. La roue verticale doit avoir un engrenage monté sur son axe horizontal, pour transmettre le mouvement à la meule dont l'axe est vertical. D'abord l'eau poussait les pales par dessous. Puis on l'achemina par un bief sur les pales ou les augets.

Apparition des moulins à vent

Au VIIe, dans les pays où l'énergie hydraulique est insuffisante, on invente le moulin à vent : monde islamique, Égypte...

Au Xe, des bateaux moulins moulaient 10 tonnes de farine par jour au Moyen-Orient. On utilisait les moulins pour moudre la farine, fouler les tissus, concasser les minerais, décortiquer le riz, broyer la canne à sucre.

Aux XIe et XIIe, grâce aux abbayes, les moulins se développent. Ainsi, les 500 monastères cisterciens possèdent de nombreux moulins pour moudre les grains, fouler des draps, tanner les peaux, des moulins forges (XIIe), des scieries (XIIIe), des moulins à papier (XIIIe), des souffleries, (fin XIVe).

En France, la disparition des esclaves (qui existaient encore en France sous les Mérovingiens), la régularité des cours d'eau, favorisent les moulins. Ils augmentent leur puissance et la diversité des types d'utilisation. L'amélioration des métaux permet des mécanismes plus fiables. Cette révolution industrielle est très importante au Moyen Âge. Lire, à ce sujet, le petit livre La révolution industrielle au Moyen Âge paru chez Points Histoire en édition de poche.

Invention de la turbine

Au XIXe la turbine est conçue par Burdin et prend son plein développement avec l'électricité et les barrages.

Les roues du moulin de Chabrot sur la Tardoire, Montbron, Charente, France. © Père Igor, GNU Free Documentation License, Version 1.2

Le premier usage est la mouture. D'autres moulins utilisent ce principe : moulins à huile, moulins à pastel, moulins à tan (préparation des cuirs). Pour adapter le moulin à eau à d'autres industries, il fallait l'invention de la came qui permet un mouvement rectiligne alternatif. Cette adaptation a donné naissance aux moulins foulons, moulins à chanvre, moulins à fer, scieries hydrauliques, moulins à papier (trituration des chiffons dans l'eau pour la pâte à papier).

Les privilèges liés aux moulins

Au Moyen Âge, les moulins dépendent de monastères ou du seigneur local, il faut :

  • disposer juridiquement du cours d'eau ;
  • faire face aux frais de construction et d'entretien.

D'où certains monopoles, celui du moulin banal en premier : tout le blé récolté dans un domaine, doit y être amené et moulu contre le droit de banalité, reversée au maître de l'eau, au seigneur et au meunier. Mais les meules à mains résistèrent longtemps.

En 1152, un statut des consuls de Toulouse déclare que le meunier peut avoir 1/16 du grain porté à moudre, taux fréquent en France. Bazacle à Toulouse possédait douze moulins au XIVe et avait la structure d'une société par actions ! les actionnaires possédaient des parts, les uchaux (un uchau équivaut à 1/8 meule).

Répartition des moulins en France

En France, en 1809-1810, la proportion moyenne est de :

  • 1 moulin pour 300 habitants (à eau et à vent) ;
  • 1 moulin pour 100 habitants en Lozère ;
  • 1 pour 105 en Corse ;
  • 1 moulin pour 5015 habitants dans la Seine.

La France du nord est le pays du moulin à roue verticale. La France du sud est le domaine du moulin à roue horizontale. Et, en 1809, le moulin à eau assure la plus grande partie de la mouture, le moulin à vent présente deux inconvénients : son pouvoir d'écrasement est plus faible et le vent est capricieux.