Le naufrage d’un pétrolier iranien en mer de Chine semble être à l’origine d’une pollution aux hydrocarbures sans précédent. Sans précédent car essentiellement atmosphérique. © Ivan Kurmyshov, Fotolia

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Marée noire en mer de Chine : un désastre d’un nouveau genre

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Il y a quelques jours, un pétrolier a fait naufrage au large de la Chine, déversant en mer, toute sa cargaison de pétrole. Une nouvelle marée noire ? Pas vraiment, affirment les spécialistes. Car le pétrole libéré cette fois est volatil. Il n'en est probablement pas moins toxique. Mais des questions demeurent.

Le 6 janvier dernier, le Sanchi, un pétrolier iranien qui croisait en mer de Chine, entrait en collision avec un navire de fret chinois. S'en est suivi un incendie qui a duré une semaine. Et le 14 janvier, le Sanchi a sombré à quelque 300 kilomètres à l'est de Shanghai. Libérant en pleine mer, une cargaison qui à l'origine était de quelque 136.000 tonnes d'hydrocarbures. Quand on sait que « seulement » 20.000 tonnes de pétrole s'étaient échappées de l'Erika, on peut craindre là le début d'une nouvelle marée noire d'envergure. Mais les spécialistes restent dubitatifs.

Car rappelons que le terme de marée noire se rapporte au déversement d'une grande quantité de pétrole brut ou de produits pétroliers lourds dans la mer. Or cette fois, c'est du pétrole dit léger - du pétrole encore appelé condensat de gaz naturel par les spécialistes, un « produit blanc » - qui s'est échappé des cales du navire. Un produit bien plus volatil que celui qu'ont pu répandre en leur temps l'Exxon Valdez ou l'Amoco Cadiz, par exemple.

Et si les chercheurs ont appris à connaître -- à défaut de pouvoir les maîtriser -- les marées noires et leurs impacts sur l’environnement, ils restent pour l'heure plus circonspects concernant la pollution qui pourrait résulter du naufrage du Sanchi. Par manque -- heureusement malgré tout -- de retour d'expérience puisque la situation est inédite, et par manque de connaissance de la composition exacte du produit libéré.

Le condensat qui s’est échappé du Sanchi correspond à un produit pétrolier léger qui ne s’accumule pas en nappes de pétrole lourd visibles de tous. Et qui, comme ici, finissent par s’échouer sur les plages. C’est pourquoi le terme de marée noire n’est pas des plus adaptés dans ce cas. © 008melisa, Fotolia

Le naufrage d’un pétrolier à l’origine d’une pollution atmosphérique

Le condensat en question est issu des gaz contenus dans les puits de pétrole. Au moment de l'extraction, ceux-ci se liquéfient sous l'effet des variations de température et de la pression atmosphérique. Le produit reste ultraléger et se répand donc à grande vitesse sur la mer de Chine. Une semaine après que le Sanchi a coulé, la nappe d'hydrocarbures -- un film fin et irisé semblable à une flaque d'essence -- faisait déjà plus de 330 kilomètres carrés. Le condensat est aussi extrêmement peu soluble. Tout laisse donc penser qu'une grande partie va s'évaporer.

Les oiseaux et les espèces de surface sont les plus menacés.

Ainsi, la principale pollution à attendre devrait être atmosphérique. Et de ce point de vue, les chercheurs sont dans le flou. Le phénomène d'évaporation de condensat n'a jamais été étudié à pareille échelle. En revanche, tout porte à croire que la mort des 32 membres de l'équipage est due à l'inhalation de ces vapeurs. Ce qui laisse craindre le pire pour les oiseaux vivant dans la région.

Le plancton ou des espèces de surface comme les tortues risquent elles aussi de souffrir de cette pollution. Mais les poissons qui vivent plus en profondeur, a priori, devraient réussir à quitter la zone sans encombre. Et certains spécialistes de conclure que cette pollution, si elle semble importante sur le coup, n'est que peu de chose au regard de celle charriée quotidiennement par les fleuves jusqu'en mer de Chine ou de celle occasionnée par le trafic conteneurisé extrêmement intense dans le secteur.

  • Un pétrolier iranien transportant quelque 136.000 tonnes d’hydrocarbures a sombré en mer de Chine le 14 janvier 2018.
  • Il transportait du condensat de gaz naturel, un produit pétrolier léger.
  • Ce condensat s’étend à grande vitesse sur la mer de Chine et s’évapore dans l’atmosphère.
  • Les principaux risques identifiés concernent les oiseaux et les populations de surface.
Pour en savoir plus

En Chine, un pétrolier en feu fait craindre une marée noire

En Chine, non de loin de Shanghai, un pétrolier iranien est en feu et 32 marins sont portés disparus. Le navire transportait 136.000 tonnes d'hydrocarbures légers et menace d'exploser. Une marée noire est possible.

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 09/01/2018

La Chine tente toujours, ce mardi 9 janvier, de limiter les fuites d'hydrocarbures d'un pétrolier iranien en feu au large de ses côtes, à l'heure où les craintes d'une explosion et d'une marée noire persistent. Le tanker Sanchi, avec 136.000 tonnes d'hydrocarbures légers (condensats) à son bord, a pris feu samedi soir suite à sa collision avec un navire de fret chinois. L'accident s'est produit à environ 300 kilomètres à l'est de Shanghai.

Le pétrolier, sous pavillon panaméen, est long de 274 mètres. Si la totalité de sa cargaison se déversait dans la mer, cela provoquerait une des pires marées noires des dernières décennies, selon certains experts. Le ministère chinois des Transports a indiqué ce mardi, à la mi-journée, que le navire était toujours en proie aux flammes. « Avec le bateau en feu, la plupart de ces condensats devraient se consumer et non se répandre dans l'eau, a estimé l'association de défense de l'environnement Greenpeace dans un communiqué envoyé à l'AFP. Toutefois, si le navire coule avant la combustion totale des hydrocarbures, les opérations de nettoyage seront extrêmement compliquées ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué lundi soir que des bateaux de nettoyage avaient été dépêchés sur le lieu de l'accident afin d'éviter « tout autre désastre » lié aux fuites d'hydrocarbures.

Le pétrolier Sanchi en feu. © Ministère chinois des Transports, AFP

32 marins portés disparus

L'équipage du tanker comptait 30 Iraniens et 2 Bangladais, tous portés disparus. La Chine a annoncé mardi avoir étendu la zone dans laquelle elle tente de secourir les marins : 13 bateaux spécialisés « mènent des recherches ininterrompues dans une zone de 3.000 kilomètres carrés » autour du tanker, malgré la puissance des précipitations, du vent et des vagues. Le pétrolier présente cependant « un risque d'explosion ou de naufrage, et les émanations toxiques [...] sont nocives pour le personnel de secours présent sur les lieux », a souligné le ministère des Transports. Selon une « évaluation préliminaire », un corps repêché lundi serait bien celui d'un marin du navire iranien, d'après la même source.

Le pétrolier appartient à la NITC (National Iranian Tanker Company), l'opérateur administrant la flotte de navires pétroliers de l'Iran, a indiqué le ministère iranien du Pétrole. Il acheminait des produits à la firme sud-coréenne Hanwha Total (coentreprise entre le Français Total et le conglomérat sud-coréen Hanwha). Le navire de fret chinois naviguait, lui, sous pavillon hongkongais et transportait 64.000 tonnes de céréales américaines vers la Chine. Ses 21 membres d'équipage chinois ont été secourus.

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