En 2018, la demande en énergie a augmenté pour tous les combustibles. Mais, alors qu’elle augmentait de 30 % pour les énergies solaire et éolienne, elle a augmenté de 70 % pour les combustibles fossiles. Ainsi, les émissions de CO2 s’affichent également à la hausse. © Foto-Rabe, Pixabay, CC0 Creative Commons

Planète

Les émissions de CO2 liées à l’énergie continuent d’augmenter

ActualitéClassé sous :développement durable , climatologie , protocole de Kyoto

En 2018, la demande énergétique mondiale a augmenté de manière spectaculaire. Et la production d'énergies renouvelables s'est avérée incapable d'absorber cette hausse. Résultat, selon un rapport publié par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) : les émissions de CO2 liées à l'usage de l'énergie ont augmenté de près de 2 %.

« Les émissions avaient stagné entre 2014 et 2016 (...), fruit de progrès importants en termes d'efficacité énergétique et de déploiement de technologies bas-carbone. Mais la dynamique a changé en 2017 et 2018 », constate l'Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport annuel sur la demande énergétique et les émissions de CO2 associées. 

La croissance économique « n'a pas été obtenue grâce à une meilleure efficacité énergétique, les technologies bas-carbone ne se sont pas développées aussi rapidement que la croissance de la demande (d'énergie) », qui a atteint 2,3 %, sa plus rapide progression en une décennie, note-t-elle encore.

Les émissions de CO2 atteignent un niveau historique.

Ainsi, l'an dernier, les émissions de CO2 liées à la production et à la combustion de toutes les énergies (pétrole, gaz, charbon, électricité renouvelable, etc.) ont progressé de 1,7 % à un niveau « historique » de 33,1 gigatonnes.

La demande en gaz s’est révélée particulièrement forte, tirée par les États-Unis et la Chine. © 12019, Pixabay, CC0 Creative Commons

Des émissions inégales

La Chine, l'Inde et les États-Unis endossent la responsabilité de 85 % de cette hausse. Cette progression est, en effet, essentiellement due à la consommation de charbon en Asie pour produire de l'électricité. Et la situation inquiète d'autant plus pour l'avenir que les centrales à charbon y affichent une moyenne d'âge de 12 ans, alors que leur durée de vie est d'environ 50 ans, pointe l'AIE.

À l'inverse, les émissions ont diminué au Royaume-Uni et en Allemagne, du fait de l'expansion des énergies vertes au détriment du charbon, et au Japon, grâce notamment à la remise en service de réacteurs nucléaires, ou encore en France, grâce à de bons niveaux de production des barrages hydroélectriques et des centrales nucléaires.

Malgré une croissance à deux chiffres de l'éolien et du solaire, ce sont encore les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui ont comblé l'appétit mondial en énergie, aiguisé l'an dernier par la croissance économique et des besoins plus importants pour le chauffage et la climatisation dans certaines régions du monde, note l'AIE.

Ces données « démontrent une nouvelle fois qu'une action plus urgente est nécessaire sur tous les fronts, que ce soit celui du développement des solutions d'énergie propre, celui de la baisse des émissions ou encore celui de la stimulation des investissements et de l'innovation, notamment dans la capture et le stockage du carbone », a estimé Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, cité dans un communiqué.

  • Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie, les émissions mondiales de CO2 liées à l’usage de l’énergie ont augmenté en 2018.
  • La Chine, l’Inde et les États-Unis sont responsables de 85 % de la hausse.
  • Le résultat d’une demande en énergie toujours croissante et d’une progression des énergies renouvelables insuffisante.
Pour en savoir plus

Émissions de CO2 : une augmentation de 5,8 % selon les Nations unies

Les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 5,8 % en 2010, soit la plus importante croissance de ces vingt dernières années, selon un rapport des Nations unies. La Chine et l'Inde en sont les principales responsables.

Article de Bruno Scala paru le 23/09/2011

Un record vient d'être battu. Les émissions de CO2 ont augmenté de plus de 5 % en 2010, ce qui représente la plus importante croissance depuis vingt ans. Les médailles d'or et d'argent reviennent, sans surprise, à la Chine et l'Inde avec des scores respectifs de 10 % et 9 %. L'Union européenne et les États-Unis sont évidemment en concurrence pour la dernière marche du podium. C'est une des conclusions du rapport du Centre commun de recherche des Nations unies (JRC), publié le 21 septembre 2011.

Selon le rapport, en 2010, l'ensemble des émissions de dioxyde de carbone représentait 33 milliards de tonnes. En cause ? Principalement la croissance économique, donc, et la demande continuellement croissante en énergie et en transport que l'émergence des énergies renouvelables ou du nucléaire n'a pas réussi à contrer. Globalement, les émissions de CO2 ont augmenté de 45 % de 1990 à 2010.

Émissions de CO2 dans les différents pays en millions de tonnes, et émissions par personne. © JRC, données WPP

Pas d'inquiétude pour le protocole de Kyoto...

Pourtant les experts sont confiants, les objectifs établis par le protocole de Kyoto devraient être réalisés par les pays industrialisés qui l'ont ratifié et par les États-Unis également (qui eux n'ont pas ratifié le protocole). En effet, pendant la période allant de 1990 à 2010, ces pays ont fait des efforts pour se détacher de leur dépendance au charbon et au pétrole, remarque le rapport. Pour rappel, les objectifs de ce protocole sont une diminution de gaz à effet de serre de 5 % sur l'ensemble des pays qui l'ont ratifié, mais chacun doit atteindre un objectif qui lui est propre (par exemple, il est de 8 % pour l'ensemble de l'Europe des 15, mais là encore, il y a eu une redistribution pour chaque pays).

Le dioxyde de carbone est un des principaux gaz à effet de serre et contribue ainsi grandement au réchauffement climatique. La lutte contre ce réchauffement est le principal enjeu écologique de notre époque. Ses impacts sont en effet aussi nombreux que néfastes : atteinte à la biodiversité, montée du niveau des océans, augmentation des précipitations, modifications du climat, etc.

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