L'hémisphère nord regroupe les zones où il y a le plus d'échanges de carbone. © Nasa
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La Terre respire différemment entre l'été et l'hiver

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Une nouvelle animation du globe montre les végétaux du monde entier en train d'absorber et de relâcher le carbone au fil des saisons, faisant apparaître les continents comme de véritables poumons.

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[EN VIDÉO] Gaz à effet de serre : un nouveau record en 2020 et après ?  Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), en 2020, les niveaux de gaz à effet de serre dans notre atmosphère ont atteint un nouveau record. Le taux d’augmentation annuel a été supérieur à la moyenne de la période 2011-2020. Et la tendance semble vouloir se poursuivre en 2021. Continuant ainsi d’alimenter un réchauffement climatique à l’origine de plus en plus d’événements météorologiques extrêmes et d’autres graves conséquences pour la vie sur notre Terre. Pour éviter le pire, il faut dès maintenant se fixer des objectifs de neutralité carbone. Et les tenir ! © OMM 

Le dioxyde de carbone (CO2) est l’un des principaux gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique. Il se trouve naturellement sur Terre et aide à contrôler la température de la Planète en retenant les rayons du Soleil dans l'atmosphère. Sans lui, la Terre serait plongée en permanence dans un froid glacial. Cependant, les activités humaines ont généré un dérèglement de cet équilibre naturel en faisant exploser la quantité de dioxyde de carbone relâchée dans l'atmosphère, contribuant largement à la hausse de la température globale terrestre. 70 % des émissions de gaz à effet de serre sont actuellement du dioxyde de carbone.

Le dioxyde de carbone, ou gaz carbonique, est un gaz que les plantes « inspirent » : elles absorbent le carbone dans l'atmosphère et s'en servent comme carburant pour grandir, 40 % de ce carbone est envoyé dans les racines et sert à nourrir les micro-organismes du sol. Ces micro-organismes transforment ensuite le carbone en ce qu'on appelle une « colle de carbone » et cela joue un rôle sur la circulation de l'air et de l'eau dans le sol. Le sol piège donc le dioxyde de carbone, il s'agit de « la séquestration du carbone ».

La Terre respire différemment entre l'été et l'hiver

L'animation de Markus Reichstein, directeur de l'Institut allemand Max-Planck de Biogéochimie, a été réalisée à partir de données satellites et de centaines de stations de détection du carbone sur Terre : les continents semblent bel et bien successivement gonfler, puis se dégonfler, tout au long de l'année. Les océans sont également un puits de carbone important, mais ils n'apparaissent pas sur l'animation car ils ne présentent pas de différence notable au cours des saisons.

Les terres semblent en effet se dégonfler durant l'été, la période de l'année pendant laquelle la végétation grandit et les plantes absorbent le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère. Les terres semblent par contre se gonfler pendant l'hiver, indiquant que la végétation entre en phase de repos, ou meurt, et le carbone s'échappe alors dans l'atmosphère. La différence est particulièrement marquée aux latitudes tempérées, en Europe continentale (France, Espagne, Italie, Allemagne...) et en Amérique du Nord, des zones où les changements de climat entre l'été et l'hiver sont très marqués. Les zones équatoriales (Amérique du Sud et Indonésie) ne montrent pas une aussi grande évolution car le climat y est plus stable tout au long de l'année). De même pour les zones désertiques qui ne séquestrent pas autant de carbone en raison d'une végétation très limitée.    

L'animation des végétaux en train d'aspirer puis relâcher le carbone au fil des saisons. © Markus Reichstein, Max-Planck Society

L'Europe, un poumon de la Terre négligé

L'intérêt de l'animation est de montrer l'importance des végétaux, et de leur conservation, dans la lutte contre le changement climatique. Plus encore, l'animation met en lumière des zones d'importance capitale et trop souvent détériorées : alors que la forêt amazonienne est souvent présentée comme le poumon de la Planète, les espaces naturels de l'Europe, qui apparaissent pourtant comme un autre poumon indispensable, ne suscitent pas autant d'attention. De plus, la forêt amazonienne rejette désormais plus de carbone dans l'atmosphère qu'elle n'en absorbe, à cause de la déforestation et des incendies.

Le directeur de l'Institut précise que le changement climatique fait également évoluer la répartition des végétaux à travers le monde, de manière parfois surprenante : les étés plus longs et plus chauds de l'hémisphère nord permettent aux plantes d'avoir davantage de temps pour pousser. Mais si cet allongement des conditions estivales s'accompagne de sécheresse, et non pas de précipitations régulières, alors il n'y a aucun bénéfice pour les plantes et donc pour la séquestration du carbone.

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