Les sols constituent le plus vaste des puits de carbone au monde. Mais les scientifiques craignent que le réchauffement climatique anthropique ne vienne bouleverser un mécanisme pourtant bien rodé. Ils cherchent à en savoir plus. Une équipe met aujourd’hui en avant le rôle majeur que pourraient jouer les champignons en la matière.

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Dans les sols, il se cache beaucoup de carbone. Environ trois fois plus que dans notre atmosphèreatmosphère. L'œuvre des bactériesbactéries et des champignons. Ils transforment la matièrematière en décomposition en des sols riches en carbone. Certains de ces composés carbonés resteront dans ces sols pendant des siècles. Ou au moins des décennies. D'autres en revanche seront rapidement consommés par des microbesmicrobes. Convertis en dioxyde de carbone (CO2), ils partiront alors vers notre atmosphère. Menaçant d'aggraver un peu plus le réchauffement climatique anthropique.

D'autant plus que les chercheurs envisagent qu'une hausse des températures pourrait entraîner une véritable explosion de la démographie de ces microbes. Il s'en décompte déjà classiquement plusieurs milliards dans une cuillère à café de sol. Un peu plus encore et ils seront contraints de puiser dans des réserves de carbone plus anciennes. D'où l'importance de comprendre les mécanismes de la persistance du carbone organique dans les sols.

Réchauffement climatique et dommages causés par l’agriculture intensive et la déforestation. Certains modèles prévoient aujourd’hui que 40 % de carbone en moins pourra être stocké dans les sols d’ici 2100 par rapport à ce que les simulations plus anciennes annonçaient. © krisana, Adobe Stock
Réchauffement climatique et dommages causés par l’agriculture intensive et la déforestation. Certains modèles prévoient aujourd’hui que 40 % de carbone en moins pourra être stocké dans les sols d’ici 2100 par rapport à ce que les simulations plus anciennes annonçaient. © krisana, Adobe Stock

Une collaboration champignons/bactéries

Une équipe de l’université du Massachusetts (États-Unis) s'est penchée sur la question. Les chercheurs ont étudié les comportements en laboratoire de différentes compositions de sols modèles soumis à une augmentation de température. Si les bactéries se révèlent être les principaux moteurs de la fabrication du sol, les chercheurs montrent que des sols riches en champignons libèrent moins de CO2 que les autres.

Les secrets du processus n'ont pas encore été percés. Mais les scientifiques supposent que les champignons pourraient être en mesure de produire des enzymesenzymes que les bactéries, elles, ne sauraient pas fabriquer. Ces composés pourraient alors fournir aux bactéries des éléments constitutifs avec lesquels ces dernières pourraient produire du sol. Et finir par fabriquer des composés carbonés à longue duréedurée de conservation. Le tout devra toutefois encore être confirmé en conditions réelles.