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Microsoft face à la résistance avec Vista

Dossier - Windows 7
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Après le relatif échec de Vista, Microsoft propose un nouveau système d’exploitation intitulé Windows 7. Quels sont ses atouts ? Corrige-t-il les défauts de Vista à savoir les problèmes de compatibilité et de performances ?

  
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Lors du lancement français de Vista en février 2007, Microsoft revendiquait une sécurité améliorée, une plus grande fiabilité du système et une toute nouvelle interface.

On nous avait ainsi assuré qu'il y avait 60 % de chances en moins qu'un PC sous Vista puisse être corrompu par du logiciel malicieux.

Wi-Fi. © Artalbum.org.ua, Wikimedia commons, DP

Un autre atout de Vista était la facilité de « déploiement » clamée par Microsoft. Il est devenu plus facile de placer ce système sur diverses configurations matérielles, et ce facteur était revendiqué comme un atout pour les responsables informatique de grandes entreprises.
Dans un même ordre d'idée, Microsoft mettait alors en avant le « Windows Vista Group Policy », un outil permettant aux administrateurs de gérer toutes sortes de scénarios divers au niveau des utilisateurs individuels d'une entreprise. Exemples : l'usage des clés USB ou du Wi-Fi.

À l'arrivée, Vista a déplu. Microsoft a dû faire face à un phénomène totalement inattendu : un grand nombre de grands comptes, des entreprises gérant parfois des milliers ou dizaines de milliers de postes ont tout bonnement refusé de passer à Vista et exprimé le désir de demeurer sous XP !

Microsoft en concurrence avec lui même © Microsoft

Aux Etats-Unis, le magazine informatique Infoworld a même lancé une pétition en ligne intitulée « Save XP » et a recueilli plus de 210.000 signatures.  Pour l'occasion, l'éditorialiste Galen Gruman d'InfoWorld.com s'est fendu d'une chronique le 13 avril 2008 en ces termes :

« Des millions d'entre nous se sentent à l'aise en utilisant Windows XP et ne ressentent pas le besoin de passer à Vista. C'est comme avoir un appartement confortable dans lequel vous avez apprécié revenir du travail pendant des années, tout cela pour vous retrouver avec un préavis d'expulsion dans votre boite aux lettres. (...) »

« Pour la plupart d'entre nous, il n'y a vraiment aucune raison de passer à Vista, mais nous n'avons pas le choix. »

Dans ce même pamphlet, Galen Gruman explique que les grands constructeurs de PC ont bien senti la grogne venue du monde des entreprises. De ce fait, comme il l'explique :

« D'importants constructeurs comme Dell et Hewlett-Packard on réintroduit furtivement XP sur leur nouveaux produits (uniquement pour les professionnels, pour ne pas s'attirer les foudres de Microsoft). »

Ce désamour pour Vista se retrouve dans les enquêtes d'usage. Selon l'organisme Forrester, seuls 10 % des entreprises liées à Microsoft par le programme de mise à jour Software auraient migré vers Vista. Les autres ont préféré conserver leur informatique sous XP !
Une enquête menée en janvier 2009 par Market Share indiquait les parts de marché suivante :

  • Windows XP : 61,54 %;
  • Vista : 24,35 %;
  • MacOS :  8,88 %.

Comment expliquer une telle résistance à Vista ? Trois raisons majeures prédominent.

En premier lieu, les utilisateurs se sont habitués à l'interface de XP et n'ont pas forcément l'envie (et encore moins le temps) de s'accoutumer à une autre approche.

De nombreux logiciels et matériels fonctionnant sous XP ont connu des problèmes de compatibilité sous Vista : le logiciel de gravure Nero, la méthode d'anglais Tell Me More, certaines imprimantes ou cartes son... En attendant les mises à jour de ces logiciels et drivers, leurs utilisateurs ont dû patienter et ont été dans l'incapacité  de les utiliser durant plusieurs semaines ou mois.

Vista nécessitait des machines très puissantes, ce qui avait pour conséquence d'obliger à acheter de nombreux nouveaux PCs. Sur les anciennes machines, l'accroissement de la sécurité et des capacités de Vista s'est traduite en une sérieuse baisse de la performance. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les constructeurs de PCs ultra-portables (les netbooks) proposent ces ordinateurs sous XP, lorsqu'ils ne choisissent pas GNU/Linux ou encore depuis peu, Android de Google.