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En images : l'étonnant télescope Vista

ActualitéClassé sous :Astronomie , téléscope infrarouge , nébuleuse

Quarante fois plus sensible que les instruments de la génération précédente, Vista (pour Visible and Infrared Survey Telescope for Astronomy) vient de réaliser ses premières observations au Chili. Ce nouveau télescope dédié au visible et à l'infrarouge s'apprête à cartographier le ciel de l'hémisphère sud à la recherche des astres froids.

67 millions de pixels et 3 tonnes sur la balance ! La caméra géante de Vista permet d'offrir des vues inédites du ciel en infrarouge. Crédit ESO

Sur le site du VLT, à l'Observatoire Paranal de l'ESO au Chili, l'étonnant instrument Vista vient d'entrer en service. Ce n'est pas tant le diamètre de son miroir primaire (4,1 m, une taille raisonnable au regard des instruments actuels) qui fait de lui un télescope exceptionnel, mais plutôt sa conception.

Sa focale très courte lui permet de photographier de grandes régions célestes. C'est un grand angle, dirait un photographe. Un astronome amateur remarquerait que son diamètre de 4,10 mètres et sa longueur focale de plus de 13 mètres lui donnent une ouverture de f:3,25, ce qui en fait un instrument particulièrement lumineux.

Le télescope Vista installé à son poste de travail (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Crédit Martin Cullum/ESO

Vista se distingue aussi, et surtout, par son extraordinaire caméra. Pesant 3 tonnes, cet ensemble de 16 détecteurs refroidis à -200 degrés Celsius est conçu pour offrir la plus grande fenêtre d'observation dans l'infrarouge jamais réalisée (0,85 à 2,3 microns de longueur d'onde).

Le volume de données enregistrées par cette caméra de 67 millions de pixels est stupéfiant : 300 gigaoctets par nuit soit plus de 100 téraoctets par an. Les centres de données des universités de Cambridge et d'Edimbourg (au Royaume-Uni) se chargeront du traitement des images et de la réalisation des catalogues de données, lesquels seront mis ensuite à la disposition de la communauté astronomique internationale.

La célébrissime nébuleuse de la Flamme, alias NGC 2024, dans la constellation d'Orion, vue par Vista. (Cliquer sur l'image pour ouvrir les vues détaillées sur le site de l'ESO.) Crédit ESO

Tests visiblement réussis

Pour tester le potentiel de Vista, les astronomes de Paranal ont eu la même idée qu'un amateur venant de s'offrir un nouvel instrument. Le télescope a été pointé en direction de la belle constellation d'Orion, et plus particulièrement sur NGC 2024, la célèbre nébuleuse de la Flamme, pour en dévoiler un jeune amas d'étoiles chaudes tapies derrière un épais nuage de poussière.

Puis l'instrument a été dirigé vers la constellation du Fourneau. On y repère un lointain amas de galaxies dont les membres les plus spectaculaires sont NGC 1365 et NGC 1399.

L'amas de galaxies du Fourneau saisi par Vista. Crédit ESO

Dans ces deux images, Vista a confirmé tous les espoirs qu'on plaçait dans cet instrument. Avec une sensibilité 40 fois plus élevée que la précédente génération de télescopes dédiés à l'infrarouge, Vista permet en effet de découvrir et de mieux étudier de nouveaux astres cachés dans des nuages de poussières ou si éloignés que la lumière qu'ils émettent s'en trouve décalée vers l'infrarouge (en raison de l'expansion de l'Univers).

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