Alors que les images réalisées dans le visible montrent les nombreux nuages de poussière de la galaxie NGC 253, le cliché réalisé en infrarouge par Vista permet de révéler les astres froids à l'intérieur et autour de la galaxie. Crédit Eso

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Le télescope Vista dépoussière la galaxie NGC 253

ActualitéClassé sous :Astronomie , Vista , ESO

L'un des tout derniers télescopes mis en service à l'Observatoire Paranal de l'Eso au Chili vient de réaliser une nouvelle image de la galaxie du Sculpteur. Le récepteur infrarouge de l'instrument a révélé des astres froids bien cachés dans la poussière.

La discrète constellation du Sculpteur, dans l'hémisphère austral, est bien connue des astronomes. En plus d'héberger une étrange étoile carbonée, Mag 29, elle abrite également l'une des plus belles galaxies observables depuis la Terre. NGC 253, la galaxie du Sculpteur, est en effet la seule visible à l'œil nu avec celle d'Andromède, M 31. Toutes les deux révèlent déjà dans un télescope d'amateur leur forme allongée de galaxies spirales vues pratiquement par la tranche.

Située à 10 millions d'années-lumière (soit trois fois plus loin que M 31), la galaxie du Sculpteur a été découverte en 1783 par Caroline Herschel, astronome britannique qui travailla aux côtés de son frère William ; ce dernier était devenu célèbre deux ans plus tôt en découvrant la planète Uranus.

Très riche en nuages de poussière qui masquent une grande partie de ses étoiles, NGC 253 est difficile à détailler quand on l'observe dans le visible. Les astronomes ont donc fait appel au télescope Vista (pour Visible and Infrared Survey Telescope for Astronomy).

Cet instrument vient compléter le parc de télescopes dont dispose l'Eso au Chili. Vista a été conçu pour photographier de grandes régions célestes. Il est doté d'un miroir de 4,1 mètres de diamètre et d'une ouverture de 3,25 lui permettant d'embrasser de grands champs. Une caméra de 67 millions de pixels, quarante fois plus sensible que les précédents modèles, offre une fenêtre d'observation inégalée dans l'infrarouge.

Avec ses 67 millions de pixels et ses 3 tonnes, la nouvelle caméra du télescope Vista en impose. Crédit Eso

Des détails cachés par la poussière

Grâce à Vista, de nombreuses étoiles froides présentes dans les bras spiraux de NGC 253 deviennent ainsi visibles. Ce sont des géantes rouges, des étoiles en fin de vie qui ont épuisé leur hydrogène et se mettent à gonfler. La plus célèbre de ces étoiles, car beaucoup plus proche de nous pour être étudiée en détail, est Bételgeuse, l'un des astres les plus brillants de la constellation d'Orion. Vista a également détaillé le noyau de la galaxie : on y découvre une barre d'étoiles invisible jusqu'alors. De nombreuses galaxies spirales comme notre propre Voie lactée, ou encore NGC 4945, présentent une barre centrale d'étoiles en rotation, un phénomène dont les astronomes cherchent à expliquer l'origine. Les observations de la cinématique des galaxies montrent qu'en règle générale ces barres tournent assez vite, comme celle de la Voie lactée qui fait un tour en 250 millions d'années.

Outre les observations que le télescope Vista a réalisé à l'intérieur de NGC 253, il permet aussi d'étudier l'environnement proche de la galaxie. Les astronomes aimeraient en effet connaître la proportion d'amas globulaires présents dans le halo galactique. Ces concentrations stellaires âgées se sont en effet formées en général lors de la naissance de la galaxie qui les héberge. Une étude récente a montré qu'il existait une forte corrélation entre le nombre d'amas globulaires d'une galaxie et la masse de son trou noir central.

Avec les différentes données désormais disponibles grâce au télescope Vista, les astronomes espèrent pouvoir reconstituer la formation et l'évolution de NGC 253.

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