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Ces mystérieux nuages nacrés qui brillent dans la nuit

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Les nuages nacrés miroitant de bleu et d'argent, visibles à l'aube ou au crépuscule, sont longtemps restés un mystère. Ils furent observés pour la première fois en 1885, par l'astronome amateur Robert Leslie. A l'époque, on pensait qu'il s'agissait d'une conséquence de l'éruption du volcan Krakatoa. Aujourd'hui, comme les nuages nacrés (noctilucent en anglais) gagnent sans cesse du terrain, on les attribue volontiers au réchauffement climatique et à l'activité humaine.

Le satellite AIM (Aeronomy of Ice in the Mesosphere), qui devrait être lancé à la fin de l'année, aura pour objectif d'étudier ces intrigants nuages lumineux...

Les nuages nacrés sont aussi majestueux qu'intrigants... (Courtesy of Pekka Parviainen)

Des nuages nacrés qui gagnent du terrain

Ils apparaissent à la nuit tombée, ou lorsque le Soleil s'apprête à se lever. Flottant à 80 kilomètres d'altitude, ces nuages nacrés continuent à briller au-dessus de paysages par ailleurs plongés dans l'obscurité. Ils sont aussi majestueux qu'énigmatiques. En fait, « ces nuages sont si élevés que le Soleil continue à les illuminer, même lorsqu'il a disparu à l'horizon », explique James Russel, de l'université d'Hampton en Virginie.

D'abord visibles dans les régions polaires, les nuages nacrés ont gagné du terrain depuis leur première observation, remontant à 1885. Des mesures récentes ont montré qu'ils sont de plus en plus brillants, de plus en plus fréquents, et qu'aujourd'hui, ils peuvent être aperçus jusqu'à une latitude de 40°.

Les nuages nacrés semblent gagner du terrain (Crédits : Pekka Parviainen)

Une origine humaine ?

Bien qu'on pensât à l'origine qu'il s'agissait d'une conséquence de l'éruption du volcan Krakatoa, en Indonésie, nombreux sont les chercheurs qui attribuent aujourd'hui la présence et la multiplication de ces nuages nacrés à l'activité humaine, et plus précisément au réchauffement climatique. En effet, selon eux, les gaz à effet de serre refroidissent les hautes couches de l'atmosphère, tandis que les molécules de méthane - dont le nombre a également augmenté dans l'atmosphère - sont cassées par le rayonnement solaire et libèrent de l'hydrogène qui peut ensuite se combiner avec l'oxygène pour former de l'eau.

Ainsi, la pollution et le réchauffement climatique fourniraient deux des trois ingrédients essentiels à la formation des nuages nacrés : faible température, présence de vapeur d'eau, et présence de petites particules.

Des particules extraterrestres ?

Mais d'où provient le troisième ingrédient, c'est à dire les particules sur lesquelles l'eau peut se condenser pour former les nuages nacrés ? Cette dernière pièce du puzzle intrigue toujours les scientifiques. C'est justement pour répondre à cette question que le satellite AIM (Aeronomy of Ice in Mesosphere) devrait partir à la fin de l'année à bord d'une fusée Pegasus.

Vue d'artiste du satellite AIM (Crédits : CSA/HU)

AIM emportera trois instruments dans ses bagages : un dispositif comptant quatre caméras, qui fournira des vues panoramiques des régions polaires et des nuages nacrés, le Solar Occultation for Ice Experiment (SOFIE), qui analysera la composition chimique des particules de glace et des nuages, et le Cosmic Dust Experiment, un film plastique qui enregistrera sur sa surface les impacts de particules provenant de l'espace.

Des particules provenant de l'espace ? En effet, les scientifiques pensent que la plupart des poussières formant les nuages nacrés ne proviennent pas de la Terre, mais sont d'origine extraterrestre.

Selon certaines sources de la Nasa, le satellite AIM devrait partir au mois de décembre pour rejoindre son orbite polaire. Il devrait permettre de percer un mystère qui intrigue les scientifiques depuis plus de 120 ans...

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