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Avion : L'impact des vols de nuit sur le réchauffement climatique

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Coller sa tête au hublot et contempler les îlots scintillants des villes à travers des nuages mordorés. Quoi de plus agréable et innocent que se réjouir de la vision féerique que nous offre la Terre vue d'avion, à la faveur d'un coucher de soleil ? Si l'on en croit une étude menée par des chercheurs de l'université de Reading, en Angleterre, quand il est question du réchauffement climatique, les vols de nuit sont nettement moins innocents...

Les vols de nuit : plus féeriques que les vols de jour, mais également plus nocifs pour l'environnement...

L'impact des traînées sur l'atmosphère

Les traînées des avions sont connues pour contribuer au réchauffement climatique, dans la mesure où elles piègent des rayons infrarouges émis depuis la surface de la Terre. D'un autre côté, en journée, elles bloquent une partie du rayonnement solaire et ont ainsi l'effet inverse.

Pour mieux comprendre et quantifier les contributions de ces deux phénomènes, l'équipe dirigée par Nicola Stuber, de l'université de Reading (Angleterre), a recensé le trafic des avions entrant dans le couloir aérien de l'Atlantique Nord depuis le sud-est de l'Angleterre, ainsi que les températures dans cette zone, puis a implanté ces données dans un modèle permettant d'étudier les interactions des rayonnements solaires et infrarouges avec l'atmosphère.

Une différence significative entre le jour et la nuit

Les résultats parus aujourd'hui dans la revue Nature sont édifiants. Tout d'abord, les chercheurs ont vérifié qu'en hiver, une saison où les conditions météorologiques favorisent la formation des traînées, la contribution de ces dernières au réchauffement est nettement plus importante qu'au cours des autres saisons. Ainsi, si les avions empruntant le couloir aérien entre décembre et février ne représentent que 22% de la circulation totale d'une année, ils comptent pour moitié dans le phénomène de réchauffement induit par le trafic annuel !

Mais la différence entre le jour et la nuit demeure le constat le plus étonnant. Les vols entre 18h et 6h du matin ne représentent que 25% du trafic, mais ils sont à l'origine de 80% du réchauffement causé par le sillage des avions !

La part de l'aviation commerciale dans le réchauffement climatique pris dans sa globalité reste modeste - à peu près 5%, mais le trafic croît à raison de 4% par an. Les chercheurs espèrent, par le biais de cette étude, inciter les administrations à modifier la gestion des vols, et ainsi limiter l'impact des avions sur l'atmosphère.

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