Elle a été lancée en 2011. Depuis 2016, elle est en orbite autour de Jupiter. Et ce lundi 7 juin 2021, la mission Juno est passée tout près de Ganymède, la plus grosse lune de la plus grosse planète de notre Système solaire. La Nasa dévoile aujourd’hui les premières images de ce survol rapproché.

Voilà c'est fait. Ce lundi 7 juin 2021, la mission Juno est passée à seulement 1.038 kilomètres au-dessus de Ganymède. Plus de vingt ans après le survolsurvol rapproché de la sonde Galileo. À une vitessevitesse de quelque 66.800 km/h, elle n'a eu que 25 minutes pour immortaliser le moment. Et Juno a déjà renvoyé vers la Terre deux images montrant la surface de la plus grande lune de JupiterJupiter sur lesquelles apparaissent des détails remarquables. Des cratères, un terrain sombre et un terrain lumineux clairement distincts et des structures qui pourraient être liées à des failles tectoniques.

L’image de Ganymède telle qu’enregistrée par le filtre vert de la JunoCam. Pour obtenir une telle image d’un objet en rotation alors que l’imageur a un champ de vision fixe, la caméra a acquis une bande à la fois, au fur et à mesure que la lune traversait son champ de vision. Les bandes d’images capturées à l’aide des filtres rouge et bleu n'étaient pas encore disponibles au moment de la publication de cette image. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI, MSSS
L’image de Ganymède telle qu’enregistrée par le filtre vert de la JunoCam. Pour obtenir une telle image d’un objet en rotation alors que l’imageur a un champ de vision fixe, la caméra a acquis une bande à la fois, au fur et à mesure que la lune traversait son champ de vision. Les bandes d’images capturées à l’aide des filtres rouge et bleu n'étaient pas encore disponibles au moment de la publication de cette image. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI, MSSS

« Nous allons prendre notre temps pour tirer des conclusions scientifiques. En attendant, nous nous émerveillons devant ce spectacle céleste », commente Scott Bolton, chercheur principal de la mission Juno, dans un communiqué de la Nasa. Plus d'images sont attendues dans les prochains jours. Et elles devraient donner des informations sur la composition de Ganymède, son ionosphèreionosphère, sa magnétosphère et la couche de glace qui la couvre.

D’autres images de Ganymède à venir

À l'aide de son filtre vert, l'imageur à lumièrelumière visible JunoCam a capturé presque tout un côté de la lune recouverte de glace d’eau avec une résolutionrésolution d'environ un kilomètre par pixelpixel. Plus tard, lorsque des versions de la même image seront disponibles, intégrant les filtres rouge et bleu de la caméra, les experts en imagerie seront en mesure de fournir un portrait en couleurcouleur de Ganymède.

Cette image de la face sombre de Ganymède, alors baignée d’une faible lueur diffusée par Jupiter, a été obtenue grâce à la caméra de navigation de la sonde Juno qui fonctionne très bien en faible luminosité. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI
Cette image de la face sombre de Ganymède, alors baignée d’une faible lueur diffusée par Jupiter, a été obtenue grâce à la caméra de navigation de la sonde Juno qui fonctionne très bien en faible luminosité. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI

De plus, la caméra de navigation de Juno, celle qui maintient le cap de l'engin spatial et qui est capable de fonctionner à faible luminositéluminosité, a profité de conditions idéales pour fournir une image en noir et blanc du côté obscur de Ganymède -- le côté opposé au SoleilSoleil -- alors qu'il était baigné d'une faible lumière diffusée par Jupiter. La résolution de l'image est comprise entre 600 à 900 mètres par pixel.


Une sonde spatiale de la Nasa va survoler la plus grande lune du Système solaire ce soir

Il y a plus de 20 ans, la sonde Galileo s'approchait comme jamais de Ganymède. Aujourd'hui, l'aventure est relancée. La mission Juno s'apprête à survoler la plus grande lune de Jupiter à seulement 1.038 kilomètres d'altitude. Les astronomesastronomes sont impatients d'en recevoir les données.

Article de Nathalie MayerNathalie Mayer paru le 07/06/2021

La sonde Juno s’apprête à faire un survol rapproché de Ganymède, la plus grande lune de Jupiter. © janez volmajer, Adobe Stock
La sonde Juno s’apprête à faire un survol rapproché de Ganymède, la plus grande lune de Jupiter. © janez volmajer, Adobe Stock

En mai 2000, la sonde de la Nasa Galileo nous offrait les images les plus proches jamais obtenues de Ganymède. Ce lundi soir, à 19 h 35, heure de Paris, la mission Juno rendra une nouvelle visite rapprochée à la plus grande lune de Jupiter. Elle la survolera à seulement 1.038 kilomètres d'altitude. Et les astronomes en attendent beaucoup. Car la sonde Juno est équipée d'instruments sensibles, capables de voir Ganymède comme jamais auparavant.

C'est d'abord la croûtecroûte de glace d'eau de Ganymède qui sera observée. Le radiomètreradiomètre à micro-ondes (MWR) embarqué à bord de Juno montrera comment la composition et la structure de cette glace varient en fonction de la profondeur. Pour mieux comprendre les motifs clairs et sombres que les astronomes ont déjà notés sur la surface. Le tout en attendant l'étude approfondie du Jupiter Icy Moons Explorer (Juice, ESAESA) qui viendra se mettre en orbiteorbite autour de Ganymède en 2032.

De précieuses données à venir

Juno enregistrera aussi des données sur l'ionosphère ténue de la plus grande lune de Jupiter. Grâce à de petits changements de fréquence dans les signaux radioradio qui auront traversé cette couche externe de l'atmosphèreatmosphère de Ganymède alors que la sonde passera derrière la lune. Objectif : comprendre le lien entre l'ionosphère de Ganymède, son champ magnétiquechamp magnétique intrinsèque et la magnétosphèremagnétosphère de Jupiter.

Juno recueillera aussi des informations sur l'environnement dans lequel la sonde évoluera à ce moment-là. Elle mesurera les particules de haute énergieénergie pour établir un diagnosticdiagnostic des niveaux de rayonnements.

La JunoCam fournira, elle, des images probablement à couper le souffle de Ganymède. Un régal pour les yeuxyeux, mais qui aidera aussi les astronomes à identifier des changements qui ont pu intervenir à la surface de la lune depuis les images renvoyées par Voyager et Galileo.