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La sonde Galileo a sombré dans les nuages gazeux de Jupiter

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La sonde Galileo a plongé dimanche soir dans les nuages gazeux de Jupiter, mettant fin à une mission entamée avec son lancement il y a 14 ans. C'est une des plus grandes épopées de l'histoire de l'exploration planétaire qui se termine.

La sonde est entrée dans l'atmosphère hostile de Jupiter au sud de son équateur à une vitesse de 48,2 kilomètres par seconde. Le contact avec la sonde a été perdu vers 21h40 heure de Paris (19h40 GMT), soit deux minutes et 36 secondes avant l'heure prévue, probablement à cause des intenses champs de radiations qui entourent la planète géante.
Dans la mesure où il faut 52 minutes aux signaux pour atteindre la Terre, la désintégration de la sonde s'est en fait produite peu après 20H32 heure de Paris (18H32 GMT).

Lancée le 18 octobre 1989 depuis la navette spatiale Atlantis après plusieurs années de report, cette sonde de 5,3 mètres de longueur pour 2.223 km, surnommée "la Rolls de l'Espace" en raison de son coût élevé (1,39 milliard de dollars) mais aussi de l'avancée technologique qu'elle représentait, aura permis de recueillir une moisson de renseignements scientifiques et de découvertes dont beaucoup étaient insoupçonnées à sa conception.

Image d'artiste de la sonde Galileo survolant la lune jovienne Io.

A son actif, 14.000 photos prises au cours de son voyage. On lui doit également le survol de l'astéroïde Gaspra, de l'astéroïde Ida avec la découverte de son satellite naturel, Dactyl, l'examen à distance de la comète Shoemaker-Levy au moment de sa collision avec Jupiter en 1994, et grâce à sa sonde de 339 kg, l'examen in situ des hautes couches de l'atmosphère de la planète géante.

Galileo s'était aussi beaucoup intéressé aux quatre satellites "galiléens" de Jupiter, Europe, Ganymède, Callisto et Io. La sonde a décelé des preuves de l'existence d'océans d'eau salée sous la très épaisse banquise recouvrant Europe, Ganymède et Callisto. Elle a aussi examiné les volcans de Io, en pleine activité.

Différentes lunes de Jupiter. De gauche à droite : Io, Europe, Ganymède, Callisto crédit : NASA/JPL

Différentes lunes de Jupiter. De gauche à droite : Io, Europe, Ganymède, Callisto
crédit : NASA/JPL

La sonde, dont la mission devait normalement se terminer voici six ans, avait continué à fonctionner mais n'avait pratiquement plus de carburant ces derniers temps.
Ce choix de détruire Galileo s'explique par la peur de contaminer Europe et l'océan d'eau liquide qu'elle a contribué à mettre en évidence. Depuis, Europe est devenue une cible prioritaire pour les astrobiologistes, qui recherchent des traces de vie au sein du Système Solaire. Ils considèrent la sonde comme dangereuse. Si elle venait à s'écraser à sa surface, elle serait susceptible d'affecter l'environnement de la lune jovienne en libérant des micro-organismes vivants. Cette hypothèse peut prêter à sourire. Or, de récentes études ont appris aux biologistes de ne pas négliger la capacité de résistance de ces organismes. Bien qu'après avoir été exposée pendant plus de 10 ans aux rigueurs du milieu spatial et traversé à plusieurs reprises des ceintures de radiations, personne ne peut dire si la sonde est parfaitement stérile.

De nombreux résultats scientifiques

La mission est à l'origine de nombreuses découvertes, produit d'abondants résultats scientifiques et a favorisé grandement nos connaissances des mondes Joviens. Galileo a pu suivre en direct la chute dans l'atmosphère de Jupiter de fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 survenue en juillet 1994. L'étude et l'observation de Jupiter laissent à penser que la planète s'est formée à la limite du Système Solaire, avant de s'enfoncer à l'intérieur, ce qui l'aurait finalement conduite à la position qu'elle occupe aujourd'hui.

Le survol des quatre lunes galiléennes, Io, Europe, Ganymède et Callisto a permis aux scientifiques de redessiner les cartes de ces mondes. Aujourd'hui, ces satellites apparaissent plus complexes et plus intéressants que l'on ne l'imaginait il y a 13 ans.

Les volcans de Io se sont révélés plus nombreux, plus chauds et plus grands que ceux qui parsèment la Terre. Ils sont capables de cracher des panaches de matière qui peuvent monter jusqu'à des centaines de kilomètre.

Europe est recouverte d'une croûte de glace de plusieurs dizaines de km d'épaisseur qui apparaît brisée et craquelée en de nombreux fragments. Elle abrite un océan global d'eau salée. Enfin, de nombreux indices laissent à penser que la lune possède une ionosphère et une atmosphère ténues en oxygène.

Ganymède, la lune la plus grosse du Système Solaire, possède son propre champ magnétique que semble générer un noyau liquide ou, pourquoi pas, une fine couche d'eau salée, présente sous sa surface glacée. Cette dernière est particulièrement déchiquetée, signe d'un intense bombardement cométaire et/ou d'astéroïdes.

Enfin, tout comme Europe, Callisto abriterait elle aussi un océan d'eau salée. Toutefois et à la différence d'Europe, les scientifiques doutent de la capacité de Callisto d'héberger une quelconque forme de vie.

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