Habiter Mars n'est pas une réelle alternative à la Terre, du moins pas pour l'instant. © Framestock, Adobe Stock
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Voici Mycomars : un projet d'habitations modulaires pour Mars à base de champignons

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[EN VIDÉO] Un homme a marché sur Mars !  Entre la génération qui est allée sur la Lune et celle qui marchera sur Mars, il y a celle de l’ancien astronaute de la Nasa Scott Kelly. Après avoir passé presque une année entière à bord de la Station spatiale internationale (ISS), il rêvait de fouler le sol de la planète rouge. Et Amorim Cork Flooring lui en a donné l’occasion. Ou presque. Puisque la société a reproduit pour lui un morceau de surface martienne en liège. Un paysage plus vrai que nature… (en anglais) © Amorim Cork Flooring, Stream and Tough Guy, Vimeo 

Habiter Mars : un rêve actuellement inatteignable. Mais la volonté de coloniser la Planète rouge devient de plus en plus partagée, alors que le réchauffement climatique déclenche des réflexes de fuite.

Et si la Terre devenait inhabitable ? De plus en plus de personnes, scientifiques compris, l'envisagent. L'atmosphère se réchauffe, les événements climatiques extrêmes s'accumulent, les espèces s'éteignent, si bien que l'idée d'aller coloniser une autre planète, à défaut de sauver la nôtre, se profile à l'horizon. Mais sur Mars, bien qu'elle contienne des traces d'eau liquide, il n'y a pas d'atmosphère respirable pour les êtres vivants terrestres. Mais cela n'empêche pas les scientifiques de rêver. Dans ce but, un concours a été organisé par l'UNI, une plateforme communautaire permettant aux designers de participer à des concours de design dans le domaine de l'architecture, du design urbain, du graphisme et de la photographie. Le défi : concevoir des logements modulaires à installer sur la Planète rouge.

La condition principale que doit remplir le concept : la résistance aux conditions particulières. En effet, sur Mars, tout est différent. Vraiment tout. La gravité ressentie équivaut à 38 % de la gravité terrestre, ceci à cause de sa masse bien inférieure, qui équivaut à un dixième de celle de la Terre. De plus, pas d'atmosphère protectrice comme sur notre planète, mais seulement une atmosphère ténue, 200 fois moins massive que la nôtre et presque dépourvue de dioxygène. Ainsi, il est impossible de respirer à sa surface, et dans le cas où un humain s'aventurerait malgré tout sur la planète sans protection, les rayons cosmiques se chargeraient de l'achever. La température n'est pas non plus très amicale, avec une moyenne de -63 °C, et des pics de chaleur à... -15 °C ! Bref, de quoi intéresser les architectes et designers.

Mycomars : des habitations à base de champignons aux allures futuristes

Et le grand gagnant du concours se nomme : Mycomars ! Le projet se définit comme « une unité d'habitation autonome qui protège non seulement les habitants de l'environnement extrême martien, mais prend également en compte le confort humain ». Pour ça, Anna Bolts, la créatrice du projet, se base sur le mycélium, aussi appelé blanc de champignon. Il correspond aux filaments utilisés par des champignons pour s'étendre dans le sol, aussi appelés hyphes. L'idée serait de faire grandir ces filaments pour qu'ils forment de manière autonome des structures vivables pour les humains. « Lorsque les mycéliums et les cyanobactéries sont humidifiés avec de l'eau martienne et chauffés, la croissance fongique est initiée. Cela signifie donc que le mycélium consommera des cyanobactéries et se transformera en un matériau très adapté à l'habitat martien. Selon les études et les tests, sa résistance est supérieure au béton armé, il est léger, il absorbe les radiations et nécessite moins d'énergie pour être produit sur Mars. », décrit le projet Mycomars.

Une vue d'ensemble des habitations imaginées par Anna Solts pour le projet Mycomars © Mycomars, Anna Solts

Au total, les murs atteindraient 900 mm d'épaisseur, de quoi isoler des rayons cosmiques. La construction autonome prendrait environ une année à partir de l'amarsissage. Côté formes des habitations, c'est la sphère qui a été choisie ! En cause, la différence de pression entre l'intérieur et l'extérieur : les forces de pression seront intenses au niveau des parois, si bien que « les murs plats et les coins sont des points faibles en raison de la basse pression, qui est la raison des formes arrondies. » Quant au site de construction, c'est Erebus Montes qui a été choisi : situé en contrebas de la surface, la pression est légèrement plus élevée dans ce groupement montagneux, tout en ayant un sol suffisamment plat pour y permettre l'installation de ces étranges maisons. Au total, 40 personnes pourraient loger dans ces habitations futuristes, aménagées en de nombreuses unités ayant chacune leur fonction.

© Mycomars, Anna Solts

Genesis v.2 : optimiser les cratères naturels

Le choix du public s'est porté sur un autre projet : Genesis v.2. Imaginé par Burak Celik, Naz Kaplan & Zeynep Ege Odabasi, il utilise les cratères de Mars pour y construire sa base de colonisation. Les habitations ajustables s'adaptent à chaque cratère et s'y calent parfaitement. Pour chaque unité, le toit externe se compose d'une couche de protection contre les tempêtes de sable, et autres conditions météorologiques extrêmes, et de panneaux solaires. Une autre couche interne de protection se charge ensuite d'arrêter les rayons cosmiques. L'aménagement intérieur contient des récolteurs d'eau, producteurs de nourriture, donc le détail n'est pas donné. Plusieurs pièces sont présentes dans chaque unité, donnant un aspect général de maison futuriste.

Une vue en coupe des habitations imaginées pour le projet Genesis v.2 © Genesis v.2, Burak Celik, Naz Kaplan & Zeynep Ege Odabasi
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