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La Nasa envisage de coloniser Vénus avec des dirigeables

ActualitéClassé sous :Nasa , Vénus , High Altitude Venus Operational Concept

Deux membres du Centre de recherche Langley de la Nasa sont arrivés à la conclusion qu'il serait plus simple et moins dangereux de coloniser d'abord Vénus que Mars. Il s'agirait toutefois de colonies flottant à 50 kilomètres d'altitude...

Des panneaux solaire installés à la surface de ballons dirigeables voguant dans les hautes couches de l'atmosphère de Vénus recevraient en moyenne une énergie près de deux fois et demie supérieure à celle reçue sur Terre. Des colons y disposeraient donc de plus de puissance électrique que sur Mars. © Nasa Langley Research Center

Dale Arney et Chris Jones travaillent pour la Nasa au célèbre Langley Research Center, le plus ancien des centres de recherche de l'agence spatiale américaine. On y conduit des recherches essentiellement dans le domaine de l'aéronautique et c'est dans ce centre que l'aérodynamique du module lunaire avait été testée. Ces deux hommes sont à l'origine des concepts de la mission Havoc (High Altitude Venus Operational Concept). Il s'agirait, rien de moins, que d'envoyer une mission habitée sur Vénus dont les membres se contenteraient d'explorer la planète en restant dans des dirigeables flottant à 50 km d'altitude dans son atmosphère. À terme, des colonies pourraient y être établies, elles aussi portées par des ballons emplis d'hélium.

L'idée fait rêver et elle a un petit parfum de Star Wars, saga où la Cité des Nuages flotte sur la planète Bespin. On a toutefois un peu de mal à en voir l'intérêt puisque toutes les études scientifiques que pourraient faire des êtres humains à bord de dirigeables semblent pouvoir être réalisées depuis l'espace par des sondes robotisées (comme Venus Express), y compris des expériences dans les hautes couches de l'atmosphère de Vénus.

Un niveau de radiation comparable à celui de la Terre

Plus généralement, on ne voit pas pourquoi il serait intéressant et même désirable d'envoyer une mission habité à destination de Vénus. C'est un monde infernal à la surface marquée par un volcanisme actif et où la température est de l'ordre de 500 °C et les pressions de l'ordre de 92 atmosphères. Mêmes les sondes des missions russes Venera 13 et Venera 14 n'ont pas pu résister longtemps à de telles conditions et elles ont rendu l'âme peu de temps après avoir envoyé quelques clichés de la surface de la planète. Il n'y a aucun espoir de trouver des traces de vie sur Vénus et encore moins d'éventuels fossiles datant d'une période ancienne où elle était peut-être habitable avant que l'effet de serre ne s'emballe. Mars au moins semble prometteuse pour l'exobiologie et sa surface est colonisable.

Certes, comme le font justement remarquer Arney et Chris Jones, le flux de rayons cosmiques est comparable à celui que l'on trouve au Canada à une hauteur de 50 km dans l'atmosphère de Vénus alors que sur Mars avec des doses de radiations de l'ordre de 0,67 millisievert par jour, il est 40 fois plus important que sur Terre. La pression atmosphérique à cette altitude est similaire à celle de notre planète et les températures sont de l'ordre de 75 °C. De plus, Vénus est plus proche de la Terre que celle-ci de Mars. Il serait donc plus facile d'envoyer une mission habitée en direction de Vénus et les conditions de vie dans des dirigeables seraient aussi bien plus clémentes que sur la Planète rouge. Enfin, la puissance du rayonnement solaire est 2,4 fois plus élevée que sur Terre alors que sur Mars, elle est plus faible, avec seulement 40 % de sa valeur. La production d'électricité solaire pour les colons seraient facilitée.

On peut donc défendre l'idée qu'avant d'envoyer une mission habitée sur Mars et de tenter d'y établir une colonie, il serait plus avantageux d'effectuer plusieurs tests en essayant d'abord de coloniser Vénus.

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