Cinquante kilomètres d’épaisseur et une température d’au moins 1.200 kelvins : ce sont les caractéristiques de l’océan de magma liquide qui doit se trouver sous la croûte solide de Io d’après un groupe de planétologistes. Les chercheurs ont déduit son existence des caractéristiques du champ magnétique de la lune de Jupiter, enregistrées il y a presque dix ans par la sonde Galileo.
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Le succès des missions Voyager et les découvertes spectaculaires concernant les lunes de JupiterJupiter, comme celle du volcanismevolcanisme de IoIo et de l'océan d'eau liquideliquide d'Europe, ont largement motivé l'envoi de la sonde GalileoGalileo. Lancée en 1989 et atteignant l'orbiteorbite de Jupiter en 1995, la sonde effectua de nombreux survolssurvols des satellites de Jupiter avant de plonger pour une mission suicide dans les couches supérieures de la planète géanteplanète géante en 2003.

Pendant les années passées en orbite autour de Jupiter, la sonde n'a pas fait que prendre de somptueuses photos de la grande tache rougegrande tache rouge ou des éruptions à Tvashtar Catena sur Io. Elle a aussi enregistré de multiples informations comme les caractéristiques des champs magnétiques des corps célestes ou celles des particules composant le plasmaplasma s'y déplaçant. Toutes ces données scientifiques n'ont pas encore été exploitées et des surprises nous attendent certainement lorsque l'on sera en mesure de les traiter adéquatement avec les progrès des techniques d'analyse du signal et des modélisationsmodélisations des planètes.

Cela vient d'ailleurs d'être démontré par un article récemment publié dans Science par des planétologues utilisant les enregistrements concernant la magnétosphèremagnétosphère de Io la volcanique.


Des images et des animations montrant le survol de Io par la sonde Galileo. © Nasa/YouTube

Bien qu'elle soit trop petite pour contenir de grandes quantités d'éléments radioactifs et pour avoir garder beaucoup de chaleurchaleur datant du processus d'accrétionaccrétion l'ayant formée, Io est pourtant uniformément couverte de volcans. On a même assisté à plusieurs reprises à des éruptions en surface, accompagnées de panaches de soufresoufre montant à des centaines de kilomètres d'altitudes.

De la lherzolite fondue par les forces de marée

L'origine de la chaleur alimentant le moteur thermique de la planète est connue et certains avaient même prédit que l'on y observerait des volcansvolcans. Le 8 mars 1979, des images prises par Voyager 1Voyager 1 allaient intriguer l'ingénieur de navigation, Linda Morabito, qui y découvrit effectivement un panache volcanique montant d'une dépression sombre qui fut plus tard nommée « Pelé ». L'énergie thermiqueénergie thermique de Io provient des forces de maréeforces de marée de Jupiter qui la déformant périodiquement, chauffent ses couches internes.

Or, les données fournies par le magnétomètremagnétomètre de Galileo montraient une composante anormale dans le champ magnétiquechamp magnétique conjoint de Jupiter et de Io en interaction. Les chercheurs viennent de comprendre son origine en supposant qu'il existait des courants électriquescourants électriques internes aux couches de roches fondues à l'intérieur de Io. Les progrès de la modélisation du manteaumanteau de la lunelune de Jupiter ont en effet permis de déduire du champ magnétique qu'il devait se trouver, à une distance entre 30 et 50 kilomètres sous la surface de Io, un océan de magmamagma global dont l'épaisseur doit être de 50 kilomètres. Un tel océan proviendrait de la fontefonte d'une roche connue sur TerreTerre sous le nom de lherzolite, faisant partie des péridotitespéridotites, et riche en magnésiummagnésium et ferfer. Fondue, la lherzolite donne effectivement un magma conducteur.