Sciences

Mercure possède bien un noyau liquide !

ActualitéClassé sous :Astronomie , mercure , noyau liquide

-

Des observations radioastronomiques viennent de résoudre un des mystères les plus tenaces du Système solaire : la planète Mercure possède bien un cœur liquide, et non un noyau solide riche en fer comme on le pensait jusqu'à présent.

Représentation du cœur liquide de Mercure. Crédit : National Science Foundation.

Alors que les astrophysiciens étaient convaincus que Mercure était bien trop petite pour avoir un noyau liquide à l'instar de la Terre, ses faibles dimensions l'ayant amenée à refroidir rapidement malgré sa proximité au Soleil, c'est avec surprise qu'ils avaient constaté que la sonde Mariner 10 y avait détecté un faible champ magnétique lors de ses trois passages en 1974 et 1975.

Or, même si ce champ est approximativement 100 fois plus faible que celui de la Terre, il ne peut être engendré que par un cœur liquide dont la vitesse de rotation est légèrement différente de celle du reste de la planète. Restait à vérifier ce fait, et beaucoup de chercheurs estimaient que cela ne pourrait être mis en évidence avant le premier atterrissage d'une sonde sur le sol de Mercure.

Mais à partir de 2002, les astronomes ont commencé à diriger certaines antennes vers la planète, dont le radiotélescope de 70 mètres de Goldstone, en Californie. A 18 reprises durant les cinq dernières années, celui-ci a sondé Mercure, ses signaux étant reçus en retour 10 minutes plus tard, ainsi que par l'observatoire de Green Bank en Virginie occidentale. Ces données ont permis de définir la vitesse de rotation de Mercure avec une précision d'un millième de pourcent, et de mettre en évidence de faibles fluctuations incompatibles avec un noyau rocheux, mais explicables par l'influence d'un cœur liquide animé d'un mouvement propre. Cet effet a encore été confirmé par des observations radar obtenues depuis le radiotélescope géant (300 mètres de diamètre) d'Arecibo, à Porto Rico.

Le radiotélescope de Goldstone, en Californie, utilisé par le réseau DSN (Deep Space Network) du JPL. Crédit : JPL.

Mais la découverte d'un noyau liquide implique aussi la présence d'un élément plus léger que le fer, dont il est principalement constitué, afin d'en abaisser le point de fusion. Les astronomes pensent qu'il pourrait s'agir de soufre, ou encore d'autres produits chimiques, qui auraient pu se mélanger au matériau durant la formation de la planète.

"La composition chimique du noyau du mercure peut fournir des indices importants au sujet des processus engagés dans la formation des planètes," déclare Jean-Luc Margot, de l'université Cornell, Ithaca (USA). "Cette étape est fondamentale à la compréhension de la manière dont les planètes semblables à la nôtre, et donc potentiellement habitables, se forment et évoluent", poursuit-il.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi