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Les exoterres sont probablement des Arrakis, comme dans la saga Dune

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Un  groupe de planétologues américains et japonais a simulé dans les grandes lignes le climat de planètes habitables mais constituées principalement de terres émergées et désertiques. Le résultat a été surprenant : de telles planètes, ressemblant à la planète Arrakis de la célèbre saga de science-fiction Dune, possèdent une zone d'habitabilité plus grande que des planètes bleues comme notre Terre.

Un schéma montrant l'évolution de la zone d'habitabilité (habitable zone) autour d'une étoile. En abscisses, en échelle logarithmique, c'est la distance en unités astronomiques (distance from star) et en ordonnées, la masse de l'étoile (mass of star) en masse solaire. Le cas du Système solaire est montré en haut, en comparaison avec le cas d'une naine rouge en bas. © ESO

On sait déjà que les doubles couchers de Soleil doivent être la règle et non pas l'exception dans la Voie lactée. Voilà maintenant que non seulement l'existence de planètes analogues à celle de la Tatooine de Star Wars prend encore plus de crédit mais que des chercheurs se mettent à envisager sérieusement que la planète désertique minutieusement décrite par Frank Herbert dans ses romans soit une réalité. Si l'on en croit les chercheurs, parmi les exoplanètes habitables, on aurait même plus de chance de découvrir une Arrakis désertique qu'une planète océan ou une planète bleue comme notre Terre.

Comme il est expliqué dans un article paru dans le journal Astrobiology, les simulations numériques effectuées par les auteurs de planètes rocheuses à atmosphère pauvre en vapeur d'eau, et sans océans (si ce n'est peut-être quelques mers ou grands lacs au voisinage des pôles), montrent que la zone d'habitabilité devient trois fois plus large.

En effet, une faible quantité de vapeur d'eau limite celle de la glace et de la neige et permet à une planète de rester habitable plus loin de son Soleil sans qu'elle ne se transforme en une boule de neige prise dans une glaciation irréversible. De même, le manque de vapeur d'eau contribue à limiter la possibilité qu'un effet de serre s'emballe lorsque l'exoterre est trop proche du Soleil, conduisant aux conditions infernales régnant sur Vénus. La planète peut donc orbiter plus proche de son étoile tout en restant habitable.


La bande annonce du film Dune, adapté des romans de Frank Herbert. © Universal Pictures/Dailymotion

Des milliards d'Arrakis dans la Voie lactée ?

Pour effectuer leurs simulations, les chercheurs ont examiné plusieurs modèles simples en 3 dimensions du climat pouvant régner sur des exoterres possédant une vitesse de rotation et une pression atmosphérique identiques à celle de la Terre. Le taux de CO2 n'a pas été changé mais ils ont bel et bien supprimé les océans. Si les estimations prédisant qu'il y a des milliards d'exoterres dans notre galaxie sont correctes, le fait que des planètes désertiques restent habitables sur de plus grands intervalles de distance par rapport à leur étoile hôte peut donc signifier que des milliards d'Arrakis sont la règle et pas l'exception dans la Voie lactée.

Conséquence intéressante des travaux des chercheurs : cela accrédite une idée parfois proposée pour le climat passé de Vénus, il y a au moins un milliard d'années. Avant que l'effet de serre ne s'emballe, Vénus aurait très bien pu être une Arrakis habitable. Une fois l'eau disparue, si l'on pense que celle-ci joue un rôle important dans l'apparition d'une tectonique des plaques, laquelle aide à réguler le climat sur le long terme, Vénus serait devenue l'enfer volcanique que l'on connaît aujourd'hui, où aucune sonde classique ne peut résister bien longtemps.

Mise à jour : novembre 2012

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