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Il y aurait des milliards d'exoterres habitables dans la Voie lactée

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On savait que les superterres dans la zone d'habitabilité devaient se compter par milliards dans la Voie lactée. Mais si l'on en croit les dernières analyses des données de Kepler et celles fournies par les instruments du W. M. Keck Observatory, la réalité serait plus extraordinaire encore. Ce serait environ 22 % des étoiles de type solaire qui posséderaient une exoterre potentiellement habitable. La plus proche pourrait être à 12 années-lumière.

On pense savoir maintenant que des exoterres, c'est-à-dire des exoplanètes avec un rayon compris entre une et deux fois celui de la Terre et où de l’eau liquide pourrait exister, se trouvent en grand nombre dans la Voie lactée. Comme il est montré ici, elles ne sont ni trop proches ni trop éloignées de leur soleil. C'est uniquement dans la zone d'habitabilité (habitable zone en anglais) représentée en vert que les températures de surface sont compatibles avec une vie telle que nous la connaissons. © Petigura and Marcy/UC Berkeley, Howard/UH-Manoa

Il y a déjà quelques années, le célèbre chasseur d'exoplanètes Geoffrey W. Marcy avait conduit une étude avec ses collègues durant cinq ans à l'aide des télescopes du W.M. Keck Observatory. Les chercheurs avaient étudié 166 étoiles très similaires au Soleil, plus précisément de type G et K, situées dans un rayon inférieur à 80 années-lumière. Pour rappel, notre Soleil est de type G2 et les étoiles de type K sont légèrement plus petites, plus froides et de couleur orange-rouge. À la suite de cette étude, ils en étaient arrivés à la conclusion que notre Voie lactée, avec ses quelque 200 milliards d'étoiles, possédait au moins 46 milliards de planètes de la taille de la Terre. Mais cette estimation ne faisait pas la différence entre les exoplanètes situées à l'intérieur ou en dehors de la zone d'habitabilité.

Geoffrey W. Marcy a continué ses travaux avec l'instrument Hires (High Resolution Echelle Spectrometer) du W.M. Keck Observatory, mais aussi avec les données de Kepler. Avec deux de ses collègues, Erik Petigura et Andrew Howard, il vient de publier de nouveaux résultats dans Pnas.

Dix exoterres dans les filets de Kepler

Les trois astronomes ont commencé par sélectionner, dans les 150.000 étoiles surveillées par Kepler pendant des années, les 42.000 qui sont de type solaire. Parmi plus de 3.000 candidates au titre d’exoplanètes déjà repérées dans les données de Kepler, 603 faisaient partie de l'échantillon d'étoiles analysé. Au final, ce sont dix exoterres de rayons compris entre une et deux fois celui de la Terre, et situées dans la zone d'habitabilité, qui ont été identifiées.

Cette vidéo commence par montrer le champ d'observation de Kepler, non loin de la constellation du Cygne. Elle illustre ensuite la notion de zone d'habitabilité pour une exoplanète et enfin quelques étoiles autour desquelles se trouvent très probablement des exoterres dans cette zone. © ucberkeleycampuslife

Ces exoplanètes reçoivent entre un quart et quatre fois le rayonnement du Soleil de la part de leurs étoiles hôtes. Mais il faut bien garder à l'esprit, comme le soulignent les chercheurs, qu'il ne suffit pas qu'une planète se trouve dans la zone d’habitabilité pour qu'elle soit habitable. La composition de son atmosphère compte pour beaucoup, car elle peut conduire à un emballement de son effet de serre. Nous savons tous que Vénus n'est pas habitable précisément pour cette raison.

Une exoterre à 12 années-lumière ?

Il n'en reste pas moins que les chiffres auxquels aboutissent les chercheurs sont très encourageants pour les exobiologistes et aussi pour le programme Seti. Environ 20 % des étoiles dans la Voie lactée sont de type solaire et, selon leur nouvelle estimation, environ 22 % d'entre elles abriteraient des exoterres dans la zone d'habitabilité, ce qui représente quelques milliards de telles planètes. Statistiquement, cela signifie que l'exoterre la plus proche est peut-être située à seulement 12 années-lumière du Soleil. Donc, on pourrait même observer à l'œil nu l'étoile autour de laquelle elle tourne !

Si tel est bien le cas, les programmes d'imagerie directe et ceux destinés à fournir des analyses de la composition chimique des atmosphères des exoplanètes auraient alors des chances non négligeables de nous permettre de découvrir si la vie existe ailleurs dans l'univers au cours des prochaines décennies. Peut-être même aurons-nous la possibilité de repérer des technosignatures de civilisations E.T. au cours de ce siècle.

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