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La mini navette spatiale d'Orbital Sciences

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Orbital Sciences vient de dévoiler son projet d'engin spatial habitable destiné à des vols institutionnels et commerciaux. À la différence de ses concurrents, qui développent une capsule, Orbital Sciences a opté pour une mini navette.

Avec son avion spatial en forme de mini navette, Orbital Sciences entre dans la course aux vols spatiaux habités privés, encouragée à grands renforts de dollars que la Nasa distribue dans le cadre de différents programmes, dont CCDev et Cots. © Orbital Sciences

Pour ne pas dépendre des capacités russes pour envoyer des hommes dans l'espace, la Nasa a dû se résoudre à privatiser l’espace, une privatisation qu'elle jugeait improbable il y a encore quelques années, en raison des coûts et de la difficulté à maîtriser les technologies pour y accéder. Aujourd'hui, changement de paradigme. En démontrant que cela était possible, SpaceX n'a pas seulement conforté la politique spatiale d’Obama qui encourage le secteur privé à développer de nouveaux systèmes de transports spatiaux. Elle trace également les contours d'un nouveau secteur économique, encouragé à grand renfort de dollars par la Nasa et ses deux programmes phares que sont Cots pour le développement de capacité de transport de fret et CCDev pour le voyage humain.

Après Boeing, SpaceX et Lockheed Martin, Orbital Sciences vient de dévoiler son projet d'avion spatial (qui n'a pas encore de nom), qu'elle compte développer en étroite collaboration avec Thales Alenia Space, Northrop Grumman, Honeywell et United Launch Alliance. Nettement plus petit que la navette actuelle de la Nasa, il sera capable de transporter jusqu'à quatre astronautes pour des missions institutionnelles (comme des allers-retours vers l'ISS) et commerciales pour du tourisme spatial. Bien qu'il soit réutilisable, il sera lancé par un lanceur dépensable opéré par United Launch Alliance, vraisemblablement une Atlas 5 de Boeing, qualifiée pour le vol humain.

De Cygnus aux vols habités

Orbital Sciences a donc choisi l'avion spatial plutôt que la capsule spatiale. Orbital Sciences invoque deux raisons principales pour ce choix. Son projet s'appuie sur des études qu'elle avait menées au début des années 2000 pour le compte de la Nasa lorsqu'elle travaillait sur l'Orbiter Space Plane (OSP), un engin qui devait préfigurer le remplaçant de la navette. Enfin, le retour sur Terre des capsules américaines se fait en amerrissant sur l'océan, ce qui nécessite le déploiement d'une infrastructure conséquente pour la récupération. L'engin d'Orbital Sciences reviendra se poser sur une piste comme le fait la navette, c'est-à-dire en planant.

Thales Alenia Space, qui développe les modules pressurisés du véhicule spatial Cygnus d'Orbital Sciences, pour lequel la Nasa a commandé huit missions, voit sa position renforcée sur un marché américain très concurrentiel. La firme européenne qui fournit déjà plus de 50 % du volume habitable de la partie occidentale de la Station spatiale internationale est également le fournisseur du module pressurisé de l'ATV.

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