Les lancements de vols spatiaux, en fonction du type de carburant utilisé, peuvent être à l’origine d’une importante pollution atmosphérique (émission de dioxyde de carbone, suie), contribuant ainsi au réchauffement climatique actuel. Deux start-ups britanniques ont développé des fusées fonctionnant aux biocarburants, dont l’utilisation semble émettre beaucoup moins de particules nocives dans l’atmosphère.

Bien que le rôle de l'exploration spatiale dans la pollution terrestre et le réchauffement climatiqueréchauffement climatique soit pour le moment assez faible (les vols spatiaux étant relativement rares et coûteux), la multiplication des projets spatiaux par les différents pays, ainsi que la démocratisation du tourisme spatial, tendent à amplifier l'empreinte écologiqueempreinte écologique du domaine du spatial dans un futur proche. Deux start-upsstart-ups britanniques ont cherché à produire des fuséesfusées plus écologiques, et leurs projets semblent prometteurs quant à la réduction de leur empreinte environnementale. 

Une fusée fonctionnant à l’Ecosene, produit de déchets plastiques

Ces deux start-ups ont misé sur l'utilisation de biocarburantsbiocarburants : Skyrora, la première, a choisi d'utiliser un carburant fabriqué à partir du recyclagerecyclage de déchetsdéchets plastiques, l'Ecosene. Le principal atout écologique de ce type de carburant ne réside pas tant dans la baisse d'émissions lors de sa combustion, mais plutôt sur sa méthode de production, qui permettrait une réutilisation des déchets mondiaux. Ainsi, la société estime que son prototype de fusée produirait jusqu'à 40 % moins d'émissions (incluant le dioxyde et le monoxyde de carbonemonoxyde de carbone, la suiesuie ou encore le soufre) qu'une fusée alimentée par des carburants fossiles, de la production du carburant à sa combustion. Elle affirme de plus que son carburant possède des caractéristiques énergétiques légèrement plus satisfaisantes qu'un kérosènekérosène habituel. La compagnie espère pouvoir faire décoller son prototype de fusée d'ici 2022.

Le lanceur Prime développé par la société Orbex. © Orbex
Le lanceur Prime développé par la société Orbex. © Orbex

Le biopropane, combustible 100 % renouvelable ?

La seconde, Orbex, a, quant à elle, opté pour l'utilisation du biopropane, un gaz naturelgaz naturel produit à partir de sources d'origine renouvelable, toutes issues de biomassebiomasse. La start-up a récemment publié une étude réalisée par des experts de l’Université d’Exeter, affirmant que leur fusée alimentée aux biocarburants produirait près de 86 % moins d'émissions qu'une fusée de taille similaire alimentée aux combustibles fossilesfossiles. La comparaison a été faite avec des lanceurs fonctionnant au RP-1 (Rocket Propellant 1), une forme raffinée de kérosène notamment utilisée par la société SpaceXSpaceX pour l'utilisation de son lanceur Falcon 9Falcon 9.

Orbex a de plus récemment ajouté dans une déclaration que les émissions de suie dans l'atmosphèreatmosphère de sa fusée Prime étaient pratiquement éliminées. La suie atmosphérique peut, en effet, absorber la chaleurchaleur et impacter la température dans les couches supérieures de l'atmosphère. Dans cette même déclaration, la start-up affirmait que le lancement de 120 fusées émettait autant de suie que toute l'industrie aéronautique en une seule année.  

Avec l'accélération des projets spatiaux, le poids de l'empreinte écologique du vol spatial commence à se faire sentir, motivant le développement d'énergies alternatives et plus écologiques. D'autres projets de ce type sont en cours, comme la fusée StardustStardust 1.0 (développée par une start-up américaine) qui, à titre d'exemple, utilisait du carburant produit à partir de déchets agricoles.