Novespace a réalisé hier le premier vol scientifique de son nouvel appareil, un Airbus A310 Zéro-G. Cette filiale du Cnes effectue des vols paraboliques depuis 1989 qui permettent de créer une situation de micropesanteur pendant quelques secondes. Objectif : réaliser des expériences pour en savoir plus sur le vol en impesanteur. Thierry Gharib, directeur général de Novespace, nous explique ce qu’apporte de plus cet avion par rapport à l'appareil précédent.

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    Le nouvel Airbus A310 Zéro-G de Novespace a réalisé son premier vol scientifique depuis l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Il prend la suite d'un Airbus A300, que nous avait présenté Jean-François Clervoy. Quarante scientifiques sélectionnés par l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (Esa), le Centre national d'études spatiales (Cnes) et l'Agence aérospatiale allemande (DLR pour Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt)) ont ainsi pu voler à bord de l'avion. Pendant les trente-et-une paraboles réalisées par l'appareil, de nombreuses expériences en impesanteur concernant plusieurs domaines scientifiques ont été réalisées.

    On citera par exemple une expérience de physique fondamentale qui consistait à démontrer le principe de l'équivalence ou celle en science de la vie qui voulait mesurer les effets de perception des formes géométriques en impesanteur par le système perceptif haptiquehaptique. D'autres encore ont permis d'en savoir plus sur les interactions du cœur humain et de l'aorte lors d'un vol parabolique ou sur les effets du stress sur la santé mentale et la performance cognitive des astronautes en activité à bord de la Station spatiale internationale.

    En astronomie des chercheurs se sont attardés sur les propriétés optiques des grains astronomiques et atmosphériques en étudiant la lumière qu'ils diffusent. Une autre équipe a utilisé ce vol parabolique pour approfondir nos connaissances sur la phase initiale de la formation des planètes qui débute par la collisions de petits grains de poussière dans les disques de gazgaz circumstellaires autour de jeunes étoilesétoiles.

    Dans le domaine de l'exploration, une expérience intéressante a été menée pour démontrer qu'un flux de gaz induit thermiquement peut fournir un procédé de propulsion pour atmosphèresatmosphères minces. Des études qui serviront à la mise au point d'un aéronefaéronef volant dans l'atmosphère martienne. Enfin, une expérience a testé un nouveau mécanisme de séparationséparation pour les petits satellites, de 20 à 150 kilogrammeskilogrammes.

    Le nouvel avion Zéro-G de Novespace n'est autre qu'un ancien Airbus A310 de la flotte gouvernementale de la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande. Il était alors utilisé pour transporter des passagers VIP. © Novespace

    Le nouvel avion Zéro-G de Novespace n'est autre qu'un ancien Airbus A310 de la flotte gouvernementale de la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande. Il était alors utilisé pour transporter des passagers VIP. © Novespace

    Le plus gros volume au monde pour des vols paraboliques

    Par rapport à l'avion Zéro-G précédent (l'Airbus A300 Zéro-G), ce « nouvel appareil ne fait pas grande chose de plus », nous explique Thierry Gharib, directeur général de Novespace. Il offre néanmoins le « plus gros volumevolume disponible au monde pour réaliser des vols paraboliques et surtout une bien meilleure qualité de micropesanteur ». À cela s'ajoute qu'avec une autonomieautonomie plus grande, « 13 heures contre 5 », Novespace sera en mesure de réaliser des campagnes à l'étranger. Quant aux paraboles réalisées pendant la duréedurée du vol (au nombre de 30 et d'une durée de 22 secondes d'impesanteur), il est identique. « Ce n'était d'ailleurs pas une demande de nos utilisateurs. »

    À cela s'ajoute que cet avion de génération récente a été modifié pour répondre aux besoins de la recherche scientifique en impesanteur. Il offre les « mêmes services mais avec un niveau de confort supérieur ». Par exemple, l'éclairage est fait à partir de lampes à LedLed. C'est un confort visuel et cela « réduit fortement les interférencesinterférences électromagnétiques que générait l'éclairage classique en lampes néonnéon de l'Airbus A300 Zéro-G ». Pour les mesures pointues, à l'échelle des atomesatomes ou des neuronesneurones, les lampes néon perturbaient les expériences.

    Davantage de puissance électrique pour les expériences

    Le nouvel avion offre également plus de puissance électrique pour les expériences, « ce qui répond à un besoin fort de notre communauté d'utilisateurs ». Il dispose également d'un système plus performant d'évacuation vers l'extérieur des émanations gazeuses pouvant résulter des expériences.

    Quant à l'ancien avion, l'A-300 Zéro-G, il a terminé son service fin octobre 2014. « Après 17 ans de vols paraboliques pendant lesquels il a effectué 113 campagnes de vols scientifiques et six vols de découverte de l'impesanteur », totalisant ainsi plus de 13.000 paraboles, « soit 80 heures de micropesanteur cumulées ». Il est désormais au Musée de l'airair de Cologne, en Allemagne.

    Enfin, à ceux qui souhaitent tenter l'expérience du vol Zéro-G et rester quelques minutes en impesanteur, on signalera que, depuis 2013, Novespace et son partenaire Avico accordent cette possibilité à tout à chacun via la marque AirZeroG. Pas moins de six vols sont prévus cette année.