92 médicaments autorisés ont une balance bénéfice-risque insatisfaisante, selon la revue Prescrire. © Nikolai Sorokin, Adobe Stock

Santé

Les médicaments à éviter : la liste noire de la revue Prescrire

ActualitéClassé sous :médicaments , médecine , Prescrire

Comme chaque année depuis huit ans, la revue indépendante Prescrire publie sa liste noire des médicaments sur le marché. Elle regroupe différentes médications qui ont toutes un point commun : avoir une balance bénéfice-risque qui penche clairement vers le risque.

Pour qu'un médicament soit commercialisé et donc que l'agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) lui délivre une autorisation de mise sur le marché (AMM), il doit amener la preuve de son efficacité dans une ou plusieurs affections données mais il faut également que les potentiels effets secondaires qu'il entraîne, ne fassent pas courir aux patients un risque supérieur au bénéfice qu'il est censé conférer. On appelle cela, la balance bénéfice-risque.

Qu'est-ce que la balance bénéfice-risque ?

Prenons un exemple concret. Pour une personne atteinte d'une infection bactérienne, le traitement antibiotique évite la mort du patient et peut lui occasionner quelques désordres digestifs ou des éruptions cutanés la plupart du temps (ne sont cités ici que les effets secondaires très courants). Il est simple de comprendre que, dans cette situation, la balance bénéfice-risque est positive. En revanche, on se rappelle du scandale Mediator. Même si ce dossier est complexe, il est l'exemple type d'un médicament à la balance bénéfice-risque fortement négative. Autrement dit, ce médicament, supposé antidiabétique, mais en réalité plutôt anorexigène, a entraîné des valvulopathies cardiaques chez un nombre considérable de patients et a causé la mort de nombre d'entre eux. Mais la balance bénéfice-risque ne se retrouve pas que dans le domaine médical. On peut la croiser aussi dans le domaine de l'agriculture ou dans celui de l'énergie, pour ne citer que ces deux exemples. 

92 médicaments commercialisés en France ont une balance bénéfice-risque insatisfaisante selon la revue Prescrire. © AldecaStudio, Adobe Stock

Quelque 92 médicaments devraient être interdits 

Pas d'exception concernant les disciplines médicales : elles y passent toutes. De la cancérologie à la psychiatrie en passant par la pneumologie, la gastro-entérologie, l'urologie, etc. On retrouve des médicaments qui n'apportent pas de réels bénéfices mais entraînent des risques graves et fréquents ou bien qui possèdent autant d'efficacité qu'une thérapeutique similaire avec des effets secondaires en plus. Dans ce bilan 2020, douze médicaments ont été ajoutés pour seulement un seul retiré après réévaluation (mais qui comporte, selon la revue Prescrire, une balance bénéfice-risque toujours incertaine).

Les douze nouveaux médicaments ont été inscrits car « les effets indésirables auxquels ils exposent sont disproportionnés par rapport à leur faible efficacité ou à la bénignité de la situation clinique dans laquelle ils sont autorisés. » Il s'agit des alpha-amylase dans les maux de gorge, du Ginkgo biloba dans les troubles cognitifs chez les patients âgés, du naftidrofuryl dans le syndrome de la vessie douloureuse, de la pentoxyvérine dans la toux, du ténoxicam, un anti-inflammatoire non stéroïdien, de la xylométazoline, un décongestionnant rhinopharyngé disponible en Belgique, Suisse et ailleurs. On y retrouve également plusieurs médicaments à éviter à cause de contaminations par du plomb des argiles médicamenteuses. C'est le cas du très célèbre Smecta. 

Enfin, vous pouvez retrouver la liste exhaustive des 105 médicaments concernés, classés par discipline, dans le rapport de la revue Prescrire afin d'en parler à votre équipe soignante si vous suivez, ou si quelqu'un de votre famille suit, un traitement avec l'un de ces médicaments.

Pour en savoir plus

Les 68 médicaments à proscrire selon la revue Prescrire en 2014

Article publié le 3 février 2014

Comme tous les ans, la revue Prescrire établit la liste des médicaments qu'il est préférable d'éviter, pour préserver sa santé. Cette année, 68 semblent sortir du lot pour de mauvaises raisons.

La revue médicale et indépendante Prescrire a détaillé de nombreux médicaments dans ses colonnes entre 2010 et 2013. Tous ont été analysés avec minutie par les spécialistes du journal. Et selon eux, il ressort de cette enquête que 68 de ces principes actifs devraient être bannis de notre pharmacopée, étant donné les dangers qu'ils entraînent, y compris par rapport aux bénéfices qu'ils procurent.

La palette concernée est large : certains médicaments contre le cancer pourraient augmenter les risques de mortalité (Revomab, Vectibix, etc.), d'autres prescrits pour traiter les troubles cardiaques sont inefficaces voire dangereux (Rasilez, Lypantheyl...), pareil pour le diabète (Xenical), les rhumatismes (Protelos), les troubles digestifs (Motilium), ou les antidépresseurs. Entre autres. Tous les médicaments cités se révèlent sans effets ou entraînent des effets secondaires importants, qui pousse la revue à juger la balance bénéfices/risques défavorable.

Pour la sixième année consécutive, Prescrire n'a pas donné à l'inverse de Pilule d'or, titre honorifique récompensant une avancée notable dans la médecine. Aucun médicament non plus dans le Tableau d'honneur 2013, qui recense les progrès conséquents pour certains patients. Au palmarès des thérapies intéressantes figure seulement le Nimerix, un vaccin des laboratoires GSK protégeant les nourrissons de la méningites à méningocoques de type A, C, W135 et Y, car il constitue une « amélioration modeste » de la prévention de cette maladie mortelle.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Contrefaçon : gare aux médicaments vendus sur Internet  La contrefaçon touche tous les secteurs, même celui des médicaments. Des copies imitent le nom et la forme des traitements existants mais ne contiennent pas de principe actif. Pire, certaines peuvent même être dangereuses. L’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM) nous en parle durant cette vidéo.