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En vidéo : des cellules souches qui survivent après la mort

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Les secrets du chikungunya, les stratégies du staphylocoque doré ou ces cellules souches qui sont encore vivantes 17 jours après le décès de leur propriétaire : ce sont des sujets abordés par des chercheurs dans des vidéos mises en ligne par Sup'Biotech et l'institut Pasteur. Ou quand des scientifiques vulgarisent eux-mêmes leurs spécialités. Un régal.

Des cellules souches survivent à la mort de l'organisme  Les cellules souches, indifférenciées, peuvent former, en se divisant et en se spécialisant, différents types de tissus, ce qui les rend prometteuses pour des méthodes de médecine régénérative. Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont découvert qu'elles peuvent survivre jusqu'à 17 jours après la mort de l'organisme. Surpris, les biologistes pensent que là résident des clés pour mieux les utiliser. 

En mai 2012, une équipe de l'institut Pasteur annonçait la découverte de cellules souches vivantes dans les muscles d'une personne décédée depuis 17 jours, et dont le corps a été maintenu à 4 °C. D'autres expériences, chez la souris, montraient également la longue survie de ces cellules dans la moelle osseuse. On sait l'intérêt des cellules souches, qui sont indifférenciées, pour la médecine régénérative et l'importance de trouver des sources autres que des embryons.

Comme l'explique Fabrice Chrétien, de l'institut Pasteur, dans la vidéo ci-dessus, l'intérêt est d'abord scientifique. Comment une cellule peut-elle survivre sans apport d'oxygène ni nourriture ? Ce sont justement ces conditions drastiques, explique-t-il, qui permettent vraisemblablement à la cellule de ne pas mourir en même temps que l'organisme. Ce stress brutal la conduit à s'installer dans un état de dormance, avec un métabolisme très bas.

Métabolisme très bas des cellules souches après le trépas

Cette découverte est une surprise, car on connaît mal l'interaction entre les cellules et leur environnement. Cette survie démontre une capacité, au moins chez les cellules souches, à modifier leur métabolisme en fonction de circonstances externes. Dans son exposé, très clair, Fabrice Chrétien explique la nature de ces cellules particulières, capables après division de donner des cellules filles qui se spécialiseront pour donner un type de tissu ou un autre. La démonstration de l'effet de l'environnement laisse espérer que seront découverts des moyens d'agir sur elles, pour les conserver ou les diriger.

Le chikungunya, cette maladie douloureuse due à un virus et véhiculée par un moustique, s'est répandu en Afrique et autour de l'océan Indien. © Sup'Biotech, institut Pasteur

Cette vidéo fait partie d'une série baptisée Ils font avancer la recherche réalisée par un partenariat entre l'institut Pasteur et Sup'Biotech, une école de biotechnologies. Les sujets sont médicaux et le traitement toujours simple et clair. Exemple avec l'exposé sur le chikungunya par Marc Lecuit, responsable de l'unité consacrée à la biologie des infections.

On y apprend comment cet arbovirus s'est largement répandu dans les années 2000 depuis l'Afrique, puisqu'il a été signalé cet hiver aux Antilles, grâce aux mouvements de populations et au réchauffement climatique. Il n'existe toujours pas de traitement mais des personnes parviennent à résister, ce qui a permis d'isoler des anticorps spécifiques. Par ailleurs, les stratégies du virus commencent à se dévoiler. Tout cela laisse espérer des moyens de lutte ou de prévention.

Le staphylocoque doré prolifère dans les hôpitaux et provoque des infections dites nosocomiales (contractées dans des établissements de soins). Pourtant, cette bactérie cohabite habituellement très pacifiquement avec l'organisme humain. Tarek Msadek explique ce double jeu. © Sup'Biotech, institut Pasteur

Le staphylocoque doré devient dangereux à l'hôpital

Quant au staphylocoque doré, Tarek Msadek le décrit comme un « ennemi intime à deux visages » et explique comme cette bactérie inoffensive, qui est présente chez une personne sur deux, vivant en bonne entente avec elle, peut se transformer en terreur. Il suffit, détaille le chercheur, d'un état de faiblesse du système immunitaire ou d'une rupture d'une barrière (peau, muqueuse intestinale, etc.) pour qu'elle pénètre dans le corps. Attaqué par l'organisme, le staphylocoque doré se défend alors avec acharnement, libérant toutes sortes de toxines.

« Elle veut seulement survivre », témoigne le chercheur, ajoutant que ce sont donc les personnes les plus fragiles qui sont atteintes, comme les nourrissons, les personnes âgées ou encore les patients en milieu hospitalier. Nombre de maladies nosocomiales lui sont imputables, pour cette raison mais aussi parce les bactéries vivant à l'hôpital sont efficacement sélectionnées pour résister aux antibiotiques abondants et variés qu'elles y rencontrent. Mieux connaître ce micro-organisme est donc indispensable pour s'en défendre.

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Des cellules souches surprises postmortem dans les muscles. Elles sont encore vivantes, sans doute parce qu'elles se sont placées en état de dormance. © Fabrice Chrétien