Plaques séniles formées par l'accumulation de fragments de la protéine APP dans la maladie d'Alzheimer. © Nomad_Soul, Fotolia
Santé

Une étude multigénérationnelle montre une association familiale entre hyperactivité et maladie d’Alzheimer

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Bien que des mécanismes de transmission génétique, communs au trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et à la maladie d'Alzheimer, sont loin d'être démontrés, une équipe de chercheurs suisses vient de rapporter une association entre ces deux maladies, en étudiant une cohorte de plus de deux millions de personnes liées à leurs parents biologiques.

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Le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité est un trouble du comportement infantile qui peut persister à l'âge adulte. Cette pathologie touche 5 % des enfants dans le monde et 2,5 % des adultes. Elle est caractérisée par des symptômes inappropriés d'inattention, d'impulsivité et d'agitation motrice (hyperactivité). La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par des troubles cognitifs, une perte d'autonomie conduisant à la démence. Elle est liée au vieillissement et peut apparaître à partir de 60 ans (prévalence entre 5 et 7 % dans le monde chez les personnes de 60 ans et plus).

Quelle est la part d’hérédité dans le TDAH et dans la maladie d'Alzheimer ?

Le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) est une maladie neurologique complexe et de nombreux facteurs contribuent à son apparition. C'est une maladie héréditaire et il semblerait que plusieurs gènes interviennent dans son développement. Par ailleurs, la part de l'hérédité dans la maladie d'Alzheimer reste rare avec moins de 1 % des cas liés à une cause génétique (mutation de certains gènes de prédisposition). 

Les mécanismes potentiels de l'association entre ces deux pathologies ne sont pas démontrés, d'autant que le diagnostic du TDAH est difficile même si la sensibilisation et la connaissance de ce trouble ont augmenté ces dernières années.

L'hypothèse d'une hérédité commune a été avancée, bien qu'aucune variante génétique conjointe n'ait été mise en évidence. Cependant, une étude datant de 2015 et publiée dans American Journal of Medical Genetics, suggère qu'un polymorphisme nucléotidique jouerait un rôle dans la base moléculaire du TDAH de l'adulte. De plus, ces variations seraient situées dans ou à proximité de gènes impliqués dans les processus des maladies neurodégénératives.

 

Schéma du polymorphisme nucléotidique: variation d'une seule paire de bases du génome. © David Eccles, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

Un lien entre le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité et la maladie d'Alzheimer

Une étude de cohorte multigénérationnelle a été effectuée en Suède et publiée ce mois-ci dans The journal of Alzheimer Association. L'objectif était d'examiner si les parents plus âgés des personnes atteintes de TDAH recevaient un diagnostic de démence. En se basant sur différents registres nationaux -- reportant les naissances, des données sur les patients et les thérapeutiques, et les décès --, plus de 2 millions de personnes nées entre 1980 et 2001, dont plus de 3 % ont reçu un diagnostic de TDAH, ont été suivies. Ces personnes ont ensuite été reliées à leurs parents biologiques (parents, grands-parents, oncles et tantes) afin d'observer les potentielles associations familiales entre le TDAH et la maladie d'Alzheimer.

Les auteurs démontrent une association entre le TDAH et la maladie d'Alzheimer à travers les générations. Les proches des personnes atteintes de TDAH ont un risque accru de développer la maladie d'Alzheimer par rapport aux proches des personnes sans TDAH. Cette association décline avec la diminution de la parenté génétique (parents au deuxième degré).

Bien qu'aucune relation de cause à effet ne soit démontrée dans cette étude, des mécanismes expliquant ces associations sont suggérés par les auteurs. Des variantes génétiques qui ne sont pas encore mises en évidence à l'heure actuelle, des facteurs de risque environnementaux ou l'impact sur la santé physique engendré par le TDAH pouvant à son tour favoriser la démence sont autant d'hypothèses émises dans cette étude. Les chercheurs évoquent d'ailleurs l'intérêt d'explorer ces différentes pistes dans de futures recherches.  

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