Santé

Anorexie : quelles associations contacter ?

Dossier - Tout savoir sur l'anorexie
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L’anorexie touche des jeunes filles et des jeunes femmes, plus rarement des hommes. Parce qu'elles ont peur de grossir, les anorexiques vivent les yeux rivés sur leur balance, se réjouissant dès qu’elles perdent du poids. L'amaigrissement extrême, l’isolement, les problèmes psychologiques peuvent avoir des conséquences graves, mettant en jeu leur vie. Ce dossier permet de mieux comprendre l’anorexie pour la détecter au plus tôt.

  
DossiersTout savoir sur l'anorexie
 

Voici quelques contacts utiles d'associations à joindre en cas de problème d'anorexie.

  • Afdas-TCA

http://www.anorexieboulimie-afdas.fr/

  • La Note Bleue

http://association-lanotebleue.fr/

Des psychologues prennent en charge les problématiques liées à l'adolescence (trouble du comportement alimentaire, suicide, fugue, toxicomanie).

Ligne d'écoute : 01.34.90.23.54

  • SOS Anor

http://www.sosanor.org/
Centre SOS Anor de Paris : 01.34.90.23.54
Prise en charge pluridisciplinaire (enfants, adolescents, adultes).

Des anorexiques et boulimiques sortis de leur trajectoire apportent un soutien à toute personne souffrant des troubles du comportement alimentaire.

  • SOS Dépression

Tel. : 01.40.47.95.95
http://sos.depression.free.fr/

  • Urgences Psychiatrie

Tel. : 01.40.47.04.47

Les associations luttant contre l'anorexie peuvent donner de très bons conseils. © Belovodchenko Anton, Shutterstock

Zoom sur trois associations

Le docteur Alain Meunier est co-fondateur et président de plusieurs de ces associations : Urgences Psychiatrie, SOS Dépression et La Note Bleue.

Le but d'Urgences Psychiatrie est d'adresser un psychiatre au chevet du patient pour favoriser le maintien à domicile et humaniser l'accès aux soins.

Quelle meilleure illustration de la psychiatrie d'antan que l'image du fourgon de police emmenant Camille Claudel vers son terrible destin. L'image est gravée dans les mémoires de ceux qui ont vu le film. Deux remarques viennent à l'esprit : à cette époque, la police réglait les problèmes de la maladie mentale et la psychiatrie ne commençait son travail qu'au-delà des murs de l'hôpital. Les troubles mentaux étaient alors assimilés aux troubles de l'ordre public, et la violence comportementale était le seul média de cette souffrance. Les femmes étaient les premières victimes de ces pratiques car leurs manifestations sont moins violentes et la psychiatrie soignait prioritairement les « forcenés » mâles dont il fallait protéger la société.

Ces « crises » étaient regroupées sous le terme générique et commode de « folie ». Pourtant la crise peut être le prolongement aigu d'une pathologie psychiatrique mais aussi la conclusion normale d'une situation conflictuelle. De même, il existe d'authentiques urgences psychiatriques qui n'amènent pas de troubles du comportement (idée suicidaire chez un mélancolique). On sait à quel point cette approche de la maladie mentale pouvait accumuler les erreurs par défaut ou par excès, d'hospitalisation abusives et de défaut d'accès aux soins. Jusqu'alors, le psychiatre ne se déplaçant pas et le généraliste se déclarant incompétent, il ne restait que la Police ou une autre autorité constituée. La partie de la folie liée à la crise restait « tabou ». Pour un malade, deux alternatives existaient : soit son état jugé « normal » lui permettait de se déplacer chez le « psy », soit l'état de crise entraînait une intervention lourde avec hospitalisation, sans aucune notion de diagnostic psychiatrique.

Trois anciens internes des hôpitaux de Paris : les docteurs Hoarau, Meunier, et Tixier (spécialisés dans les services d'urgence des hôpitaux généraux et psychiatriques) ont voulu court-circuiter ce système traumatisant en créant, en 1983, l'association Urgences Psychiatrie (loi 1901). Suite à une crise, le patient était trop souvent entraîné dans une mécanique inexorable, un engrenage sans retour. (Les personnes âgées sont souvent sujettes à de petits épisodes de persécution facilement traitables à domicile et leur déplacement vers l'hôpital aggrave souvent ce genre de problème).

Face à l'isolement, trouvez de l’aide auprès d’associations spécialisées dans l’anorexie. © Photographee.eu, Shutterstock

Urgences Psychiatrie répond à une demande réelle, comble un vide tout en contribuant à restaurer l'image de la psychiatrie moderne. Cette association permet une intervention d'urgence auprès des personnes en crise, en l'absence de leur médecin habituel afin d'éviter une hospitalisation hâtive et trop systématique. Les médecins urgentistes se proposent, chaque fois que cela est possible, de préserver, voire d'organiser, le maintien à domicile des patients ; amener le psychiatre au chevet des patients, les maintenir dans leur univers quotidien est l'objet premier de cette association. Si l'hospitalisation s'avère nécessaire ils assureront, en accord avec le ou les médecins traitants et les familles, les transferts dans les lieux les mieux adaptés au cas concerné. Elle se réfère à un authentique diagnostic et se passe dans les conditions les plus humaines possibles, après la recherche d'un assentiment du patient. Plus on intervient rapidement dans un processus pathologique en période de crise moins les séquelles seront importantes. Aujourd'hui la folie prend des noms et des formes variés, de la crise suicidaire aux psychoses aiguës, l'étendue des pathologies est vaste et le nombre de malades loin de diminuer.

La pratique de l'urgence a permis une distinction entre « folie » et souffrance psychique en donnant aux autres pathologies un possible accès aux soins. Les interventions sont donc étendues à toutes les pathologies, en particulier celles qui ne s'expriment pas par la violence. Cette pratique ouvre la porte à une véritable prévention. (Nombre de dépressions féminines sombrent dans l'alcool ; attendre c'est laisser s'installer une dépendance ingérable sur une pathologie dont on connaît la solution médicamenteuse).

Le souhait de ces psychiatres est d'intervenir à titre de consultant et dans la mesure du possible, de préserver le maintien à domicile du patient. Maintenant, grâce à cette heureuse initiative, 60 psychologues se relaient nuit et jour et 7jours/7 pour évaluer, dans un premier temps, la situation par téléphone avant de transmettre rapidement les informations au psychiatre de garde en vue d'un éventuel déplacement. La psychiatrie ambulatoire se veut moins « psychiatrisante » que la psychiatrie institutionnelle, et propre à assurer un lien avec celle-ci.

Urgences Psychiatrie est membre de l'UNPS (Union nationale de prévention contre le suicide).

Lutter contre la dépression

Le but de l'association SOS Dépression est d'écouter le dépressif pour lui donner une solution, répondre aux tentatives suicidaires avant le passage à l'acte.

C'est en 1986, dans le sillage d'Urgences Psychiatrie que les Docteurs Meunier et Tixier ont fondé l'association SOS Dépression. Ici, le constat est simple : pour le suicidaire, il y a la nécessité d'une écoute et d'une mise en mots afin d'éviter le passage à l'acte.

Parce que la dépression ne s'arrête pas le week-end et qu'elle aime aussi sortir la nuit, cette ligne d'écoute psychologique fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Elle est anonyme et reçoit plus de 15 000 appels par an. Les problèmes les plus souvent exposés sont le deuil, le chômage, la solitude, la rupture amoureuse, la toxicomanie.

Depuis janvier 2001, SOS Dépression propose un nouveau service : les visites à domicile de psychologues cliniciens qui font face aux urgences morales sur Paris et la petite couronne. SOS Dépression propose :

  • une écoute professionnelle et ponctuelle pour déceler et prévenir un risque de passage à l'acte ;
  • une orientation vers des lieux de soin ou des associations ;
  • des informations sur la dépression, ses symptômes, les causes et les remèdes ;
  • l'intervention d'un psychologue à domicile ;
  • une réflexion avec l'appelant au sujet du commencement ou de la poursuite d'une démarche psychothérapeutique.

Détecter les troubles de l'adolescence

De son côté, La Note Bleue assure une présence permanente de psychologues pour les problèmes de l'adolescence pour détecter et accompagner par une authentique prise en charge des troubles de l'adolescence (anorexie, fugue, toxicomanie, suicide).

Le concept de l'association SOS Anor est le suivant: des anorexiques répondent aux anorexiques, ce qui est le premier moyen d'atteindre une pathologie qui se cache.

Le traitement de l'anorexie est actuellement hospitalier, ce qui donne de ce trouble une image et des traitements singuliers. Même si certaines habitudes hospitalières peuvent être mise en cause, les protocoles adoptés sont surtout le fait du recrutement de ces institutions. Ces patients parviennent dans les lieux de soins de plusieurs mois à quelques années après le début de leur maladie, par le chemin des urgences.

Ceci explique que pour la médecine l'expression de la maladie soit surtout physique et le traitement, clinique et comportemental. Le plus souvent, le médecin répond à une urgence physique et à un symptôme qui pourrait se définir par la triade : anorexie, aménorrhée, amaigrissement.

La mise en place de ces soins se fait dans une ambiance de culpabilisation des parents et de refus des patients ; ce refus est lié au déni de la maladie, aux conflits installés depuis plusieurs années et aux méthodes coercitives qui en découlent.

Nous le savons, l'anorexie est d'abord mentale. Ce mental anorexique survient brutalement, mais son installation est lente et progressive. Il constitue une véritable trajectoire repérée et repérable, comme le sont les signes d'entrée dans la maladie.

Il semblait donc important de décrire le mental anorexique et son expression la plus visible, le comportement alimentaire. En somme, de donner les moyens à tout un chacun de déceler derrière un banal régime de l'adolescent, l'entrée dans la maladie. La sensibilisation de tout le public est indispensable car l'anorexique cache sa maladie à lui-même, au monde et plus encore à ses parents. Dans ce trouble, plus qu'ailleurs « tous les enfants sont les nôtres ». Derrière cette expérience se cache l'espoir de saisir la maladie avant que les signes physiques n'apparaissent.

La Note Bleue est une association loi 1901 crée en 1997. Elle propose depuis 1997 une écoute téléphonique ouverte à tout public mais adressée, plus particulièrement, aux adolescents en souffrance psychologique. Elle fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec, pour population privilégiée, les personnes ayant des troubles du comportement alimentaire. L'écoute est adaptée à chaque personne (adolescents ou parents) et a pour but d'éclaircir une situation tout en mettant à disposition des mesures qui puissent les faire avancer. A travers la ligne La Note Bleue, les appelants pourront trouver une disponibilité, une empathie et vont bénéficier du recul de professionnels de l'écoute dans des situations de crise, n'arrivant plus à voir par eux-mêmes ce qu'ils pourraient faire. L'écoute va ainsi permettre aux appelants de soulager leurs angoisses, de s'exprimer sur eux-mêmes et de comprendre les mécanismes mis en jeu à cet instant.

Les personnes qui vivent des troubles du comportement alimentaire ne sont pas toujours favorables au contact avec des professionnels. C'est parce qu'ils rejettent souvent, dans le déni, le corps médical qu'une seconde ligne téléphonique se met en place, SOS Anor. Cette écoute est tenue par d'anciennes patientes qui ont traversés des troubles identiques et qui pourront apporter aux appelants un sentiment qu'ils recherchent en priorité, la compréhension « vraie », celle qui témoigne d'une trajectoire commune. Un suivi téléphonique pourra être engagé, un accompagnement qui vise à amener l'appelant vers la levée du déni, la prise de conscience de la maladie jusqu'à ce que la demande d'une prise en charge surgisse. Le relais sera alors pris par La Note Bleue.

La Note Bleue se veut également être une association de prévention des troubles de l'adolescence. Elle propose ainsi des actions de prévention auprès des familles, des écoles et des institutions qui le souhaitent. Une école des parents se met en place sous forme de groupes d'information et de groupes de paroles afin qu'ils puissent comprendre les troubles qui touchent leur enfant et qu'ils soient à même d'y répondre de façon appropriée. Elle tient alors, dans un premier temps, un rôle informatif et un rôle de soutien, dans un second temps, pour ceux qui le souhaitent.

Pour les adolescents, l'association propose des suivis individuels mais également des groupes de paroles au sein desquels ils pourront partager ce qu'ils vivent et trouver des issues à leurs difficultés. Ces groupes sont encadrés à La Note Bleue par des psychologues et psychiatres mais peuvent également être menés, à SOS Anor, par d'anciennes patientes qui pourront les soutenir et leur donner des conseils concrets.

Au-delà des différentes formes de suivis psychologiques, La Note Bleue met en place un réseau de médecins spécialistes des comportement alimentaires, du nutritionniste jusqu'au kinésithérapeute, en passant par le médecin généraliste avec lesquels les psychologues pourront avoir contact pour une prise en charge et un suivi à part entière. Ce réseau s'étend à toute la France pour permettre aux personnes qui habitent dans un milieu géographique isolé de disposer d'une toile de spécialistes libéraux que nous contactons, et éventuellement que nous formons aux problématiques des TCA après les avoir intégrés dans le « réseau La Note Bleue ».

Les interventions de La Note Bleue correspondent donc à une demande d'écoute, d'information, d'orientation, de prévention, de suivi et de rencontre avec des personnes qui vivent ou ont vécu une même expérience.

La Note Bleue a ainsi une action d'utilité sociale non seulement par ses interventions mais aussi par le public auquel elle s'adresse, des personnes atteintes de troubles de comportement alimentaire.