Les patients traités de manière intensive contre l’hypertension risquent moins de souffrir de déficit cognitif léger. © djoronimo, Fotolia

Santé

Alzheimer : un traitement contre l'hypertension ralentirait la maladie

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Une petite étude néerlandaise sur des patients atteints d'Alzheimer montre qu'un traitement contre l'hypertension pourrait ralentir la progression de la maladie. En effet, des problèmes vasculaires favorisent le développement d'Alzheimer.

Publiés dans la revue Hypertension et dirigés par des chercheurs du Centre médical de l'université Radboud (Pays-Bas), les travaux ont porté sur 58 patients atteints de la maladie d'Alzheimer, à un stade léger ou modéré. Une partie d'entre eux a pris de la nivaldipine, un antagoniste du calcium utilisé pour soigner l'hypertension, tandis que les autres ont reçu un traitement placebo. L'étude a été menée en double aveugle, c'est-à-dire que ni les patients ni les médecins ne savaient quels participants avaient pris (ou non) de la nivaldipine.

Au terme de l'expérience qui a duré six mois, les scientifiques ont observé le cerveau des participants en réalisant des examens IRM. Selon les chercheurs, l'action de la nivaldipine a réduit la tension artérielle et augmenté de 20 % le flux sanguin cérébral dans l'hippocampe, zone du cerveau associée à la mémoire et à l'apprentissage, contrairement aux autres régions du cerveau où le flux est resté stable.

Améliorer la circulation sanguine dans le cerveau

« Les changements vasculaires cérébraux, y compris la réduction du débit sanguin cérébral surviennent tôt dans le développement de la maladie d'Alzheimer et peuvent accélérer la progression de la maladie, expliquent les auteurs de l'étude. Les résultats indiquent non seulement une autorégulation cérébrale préservée dans la maladie d'Alzheimer, mais aussi des effets cérébrovasculaires bénéfiques du traitement antihypertenseur. » Bien que l'étude soit limitée si l'on tient compte de son petit échantillon et de sa courte durée, elle souligne l'intérêt d'approfondir les recherches afin d'explorer comment l'amélioration du débit sanguin dans le cerveau pourrait aider à ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer.

En mai dernier, une étude allemande de plus grande envergure réalisée sur un échantillon de plus de 12.000 patients est parvenue à une conclusion similaire. Publiée dans The Journal of Alzheimer's Disease, cette recherche a montré que la prise de plusieurs médicaments destinés à réduire l'hypertension était associée à une diminution du nombre de démences chez les personnes âgées de plus de 60 ans.

Pour en savoir plus

Alzheimer : moins de déficit cognitif chez les personnes traitées contre l'hypertension

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 31 janvier 2019

Une vaste étude américaine portant sur 9.000 personnes a trouvé que les patients traités de façon intensive contre l'hypertension souffraient moins de déficits cognitifs légers. Ces résultats suggèrent que le traitement de l'hypertension pourrait prévenir des démences.

L'histoire de la maladie d'Alzheimer est remplie d'espoirs déçus, aussi faut-il accueillir avec prudence les résultats de l'étude Sprint Mind parus lundi dans la revue de l'Association médicale américaine (Jama). Mais le grand nombre de participants de l'étude, et la bonne qualité statistique d'un de ses résultats, la rendent incontournable dans la lutte contre cette maladie pour l'instant incurable.

L'essai est le premier à avoir découvert un moyen d'empêcher des troubles de la mémoire ou de la concentration chez les personnes plus âgées. « C'est le premier essai à avoir démontré une stratégie efficace pour la prévention des déficits cognitifs liés à l'âge », écrit Kristine Yaffe, médecin spécialiste des maladies neurodégénératives à l'université de Californie à San Francisco, dans un éditorial publié séparément de l'étude dans la revue Jama.

La maladie d’Alzheimer commence souvent par des pertes de mémoire. © Photographee.eu, Fotolia

L'essai clinique a porté sur plus de 9.000 adultes de plus de 50 ans souffrant d'hypertension. La moitié a reçu un traitement visant à faire redescendre leur pression systolique (le premier des deux chiffres qui donnent la tension) à moins de 140 mmHg, et l'autre moitié à moins de 120, un objectif plus ambitieux.

Un traitement intensif de l’hypertension limite les déficits cognitifs légers

Après un suivi médian de cinq ans, les médecins n'ont pas observé de différence entre les deux groupes sur une mesure de « démence probable ». Mais le groupe traité de manière intensive avait en revanche significativement moins de déficit cognitif léger que l'autre groupe.

L'étude renforce l'idée que « ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau », a réagi la directrice scientifique de l'Alzheimer's Association, Maria Carrillo.

Ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau

Mais ces travaux ne permettent absolument pas de conclure définitivement que traiter l'hypertension permettra d'éviter Alzheimer. Il faudra d'autres études pour éclaircir ce lien, et c'est pourquoi Maria Carrillo a annoncé que l'association financerait une prolongation de deux ans de l'étude Sprint, afin d'évaluer les patients sur une plus longue durée, alors qu'ils atteignent des âges plus avancés.


Diurétiques et antihypertenseurs en prévention d’Alzheimer

Article de Janlou Chaput paru le 22 octobre 2013

Une étude estime que les médicaments diurétiques ainsi que certains antihypertenseurs pourraient réduire de 50 % ou plus les risques de développer la maladie d'Alzheimer, et ce, indépendamment de la tension artérielle. A-t-on trouvé un traitement préventif de la principale cause de démence ?

Le vieillissement de la population s'accompagne de dommages collatéraux. Ainsi, les maladies neurodégénératives, maladie d’Alzheimer en tête, concernent un nombre grandissant de personnes à travers le monde. Si elles étaient approximativement 35 millions en 2010, ce nombre pourrait tripler dans les 40 prochaines années. Problème : on ignore l'essentiel des mécanismes de cette principale cause de démence, ce qui explique l'absence de traitements préventifs et curatifs vraiment efficaces. Les thérapies actuelles ne permettent que de tenter de ralentir l'évolution de la maladie.

L'hypertension artérielle figure parmi les facteurs de risque associés à cette neurodégénérescence. Des scientifiques de l'université Johns Hopkins (Baltimore, États-Unis) ont voulu vérifier si les médicaments efficaces contre ce trouble circulatoire, comme les diurétiques ou des antihypertenseurs, procuraient un quelconque bénéfice contre la maladie d'Alzheimer. Ils apportent dans la revue Neurology une nouvelle confirmation à cette question.

Les médicaments contre l’hypertension protégeraient d’Alzheimer

Leur étude repose sur 2.248 patients appartenant originellement à une cohorte établie pour vérifier l'efficacité du Ginkgo biloba contre la démence (cette recherche s'était d'ailleurs révélée négative). Les auteurs, menés par Sevil Yasar, ont simplement récolté des données sur ces patients, âgés de 75 à 96 ans au début du suivi, et ne souffrant nullement de démence. Les traitements reçus en parallèle par les personnes incluses dans cette recherche avaient été précisés.

La maladie d'Alzheimer affecte principalement les seniors. À l'heure actuelle, il n'y a presque rien à faire pour enrayer sa progression inéluctable. Pourrons-nous un jour compter sur les médicaments diurétiques et antihypertenseurs ? © Candipa.Performa, Flickr, cc by 2.0

Ainsi, 351 d'entre eux étaient placés sous diurétiques, 140 recevaient des antagonistes de l'angiotensine II (Ara-II), 324 avalaient des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA), 333 étaient traités par des inhibiteurs calciques ; enfin, 457 baissaient leur pression artérielle grâce à des bêtabloquants.

Au final, 290 d'entre eux ont développé la maladie d'Alzheimer. Mais ils n'étaient pas également représentés dans tous les groupes. Et les patients soumis aux diurétiques, aux Ara-II ou aux ECA avaient 50 % de risques en moins de contracter la neurodégénérescence. Plus fort encore : les diurétiques avaient le même impact sur les personnes atteintes de trouble cognitif léger, une situation intermédiaire entre la perte intellectuelle liée à l’âge et la démence, souvent annonciatrice d'Alzheimer.

Faire du neuf avec du vieux

Les résultats vont même un peu plus loin. Car ils semblent montrer que cet effet préventif se produit indépendamment de l'action de ces médicaments sur la pression artérielle. Autrement dit, ils compteraient parmi leurs propriétés intrinsèques celles de limiter les risques de développer la démence. Malheureusement, elles n'ont pas encore été définies, tant les mécanismes sous-jacents de la maladie restent méconnus.

D'autres efforts devront être menés en ce sens, afin de confirmer ces données qui n'apportent que des informations préliminaires. Mais dans l'attente de mieux cerner la neurodégénérescence et d'en trouver un traitement efficace, la possibilité de limiter son occurrence pourrait résider dans des médicaments connus et utilisés depuis de nombreuses années.

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