D'où vient le Covid long ? © Naeblys, Adobe Stock
Santé

Covid long : des foyers de virus cachés dans les intestins responsables de la persistance de symptômes ?

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[EN VIDÉO] Covid long : quand les symptômes durent des mois  De nombreuses personnes sont atteintes de Covid long, une forme de la maladie qui peut s'étirer sur plusieurs mois. © Futura 

Les antigènes qui circulent dans le sang et la présence de poches de virus dans les intestins ont été observés chez des patients atteints de Covid long. Avons-nous un début de réponse à propos de l'origine de cette maladie persistante et invalidante ?

Le Covid long est la conséquence à long terme d'une infection aiguë par le SARS-CoV-2. Maladie longue et invalidante, elle est difficile à diagnostiquer par les médecins du fait de la grande diversité des symptômes vécus par les patients. La communauté scientifique recherche des biomarqueurs qui pourraient permettre aux médecins d'identifier plus facilement les personnes atteintes de Covid long. Une équipe de recherche de l'hôpital de Boston, dans le Massachusetts, a étudié la persistance des antigènes du coronavirus chez des personnes toujours affectées par la Covid-19 au moins quatre semaines après l'infection initiale. 

Des antigènes circulants, dans le sang des personnes atteintes de Covid long

L'étude, en pré-publication et menée sur un groupe de volontaires réduit (63 volontaires), dont certains diagnostiqués « Covid long », a détecté des bouts de la protéine S (la sous-unité 1), la protéine S en entier, des protéines N (la nucléocapside) dans le plasma des participants. Le suivi a duré 12 mois et pour 65 % des patients, l'un des trois antigènes a été identifié à n'importe quel moment du suivi ; la protéine S entière étant l'antigène le plus fréquent. Chez les patients qui ont la Covid-19 mais pas de séquelles, ces antigènes circulants sont absents. À eux seuls, ces résultats ne sont pas assez robustes pour dire que les antigènes circulants du coronavirus sont un marqueur fiable pour diagnostiquer l'ensemble de la population, ni que ces derniers ont une quelconque implication dans les symptômes du Covid long.

Le coronavirus forme des réservoirs viraux dans le tractus intestinal. © Rasi, Adobe Stock

Des recherches encore longues

Mais les indices s'accumulent. Ils sont tirés d'études indépendantes les unes des autres, souvent modestes, et vont dans le même sens : le coronavirus pourrait persister sous forme de réservoir actif dans plusieurs organes du corps humain. Une étude menée après le décès de 44 patients indique la présence de l'ARN du coronavirus dans les tissus respiratoires et cardiaques et dans les intestins jusqu'à 230 jours après le début des symptômes. Chez les enfants, la forme grave de Covid, appelé MISC ou PIMS, serait due en partie à une altération de la barrière intestinale par le virus. Dans ce cas, des poches de virus actif se forment aussi dans les intestins et libèrent des antigènes viraux dans la circulation sanguine. Le coronavirus semble aussi déséquilibrer la flore intestinale chez les personnes atteintes de Covid long. 

Les intestins apparaissent comme un organe important dans l'étiologie du Covid long. Malgré ces observations concordantes, à ce jour aucune étude n'a démontré précisément la ou les origines du Covid long. Les réservoirs viraux dans le corps, les antigènes persistants, mais aussi l'inflammation sont trois facteurs considérés comme impliqués dans le Covid long, le lien de causalité entre leur présence, et les symptômes reste à démontrer.


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