Belle pépite d'or. © Hans, Pixabay
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Où trouver de l’or en France ?

Question/RéponseClassé sous :Géologie , or , pépite d'or
 

Envie de découvrir l'orpaillage et de trouver vous-mêmes vos propres paillettes et pépites d'or ? Nul besoin de se rendre à l'autre bout du monde pour trouver ce précieux métal, il suffit de se mouiller les pieds dans les rivières françaises ! Bien sûr si vous souhaitez faire fortune, la France n'est pas la destination indiquée, mais les cours d'eau aurifères sont toutefois nombreux et peuvent permettre de s'initier à cette pratique !

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[EN VIDÉO] Peut-on transformer du plomb ou du mercure en or ?  L’or est un métal qui, à l’état naturel, est considéré comme rare. Mais serait-il possible d’en créer artificiellement à partir de plomb ou de mercure par exemple ? Unisciel et l’université de Lille 1 ont exploré la question au cours de cet épisode de Kézako. 

L'or est un élément chimique provenant de la formation des étoiles et qui s'est concentré dans les couches terrestres internes lors de la différenciation planétaire. L'or serait ainsi à 98 % stocké dans le noyau terrestre. Il est de base très rare d'en trouver dans la croûte, où il n'est généralement présent qu'à l'état de trace, sauf dans des zones soumises à d'intenses circulations de fluides. Les gisements aurifères sont ainsi répartis de manière très inégale à la surface de la Terre. Ils se caractérisent par des concentrations en or de mille à un million de fois supérieures au reste de la croûte terrestre.

Fouiller les rivières pour trouver de l’or en France

Ces accumulations sont liées à la circulation de fluides au sein des roches de la croûte : les fluides chargés en sulfures et chlorure ont en effet la capacité à solubiliser l’or présent à faible dose et à le transporter dans des zones où le métal va alors précipiter (fractures, failles) pour donner naissance à des gisements aurifères. Les régions volcaniques où l'activité hydrothermale est particulièrement importante sont ainsi des zones où la formation de gisements est favorisée.

Veines d'or dans dans du quartz. © James St. John, Wikimedia Commons, CC By 2.0

Par l'action de la tectonique des plaques, les roches emprisonnant des filons d'or peuvent se retrouver à l'affleurement, notamment dans les chaînes de montagnes. L'érosion va alors progressivement détacher de petites particules d'or (pépites ou paillettes suivant la taille) qui vont rejoindre les cours d'eau. C'est ainsi que les rivières sont les endroits les plus appropriés en France pour chercher de l'or.

Toutes les rivières ne sont cependant pas aurifères. Pour maximiser ses chances de trouver quelques paillettes il faut cibler certains cours d'eau du Massif central, du sud (Pyrénées, Alpes), du Jura ou en Bretagne. Une liste détaillée est disponible ici, sachant que l'orpaillage peut être interdit sur certaines rivières.

Comment identifier un bon spot ?

Le massif Armoricain, avec ses formations géologiques très anciennes et la présence de roches volcaniques, est d'ailleurs la région la plus aurifère de France. L'or y est cependant présent sous forme incluse, dans des grès par exemple, ce qui rend plus difficile sa récolte. Ainsi, les départements où il est le plus facile de trouver de l'or dans les rivières sont l'Ardèche, l'Hérault et le Gard. Les puissants cours d'eau qui les traversent érodent en effet le massif cévenol, riche en gisements. Le centre de la chaîne pyrénéenne est également une région privilégiée où il est possible de trouver de jolies paillettes dans quasiment toutes les rivières.

Trouver un bon spot demande d'observer finement la rivière et de trouver de potentiels pièges à or. © alan souter, Gold panning Kildonan, CC by-sa 2.0

Attention cependant, cela ne signifie pas que l'on va forcément récolter des paillettes simplement en plongeant la main dans les sédiments de l'une de ces rivières. Quelques connaissances sont requises pour identifier un bon spot. L'or étant un minéral lourd, de très forte densité, il aura tendance à se déposer rapidement dans des zones où le courant est plus calme, c'est-à-dire à l'intérieur des méandres (et non dans les zones érosives externes) ou au niveau de pièges qui vont former des obstacles naturels, comme de grosses pierres. La zone située à l'arrière de l'obstacle est en effet protégée du courant : il s'y forme un tourbillon et une chute de pression hydrique qui va permettre aux particules sédimentaires mais également aux paillettes d'or de se déposer et de s'accumuler au fil du temps. De même, les rochers ou troncs d'arbres déposés sur les berges sont de bons pièges à or. Il faudra également venir fouiller les sédiments déposés directement en aval de ces objets pour maximiser ses chances de trouver le précieux métal. De manière générale, toute variation brutale du débit du courant est une zone favorable au dépôt de l'or. Avant de sortir son matériel d'orpaillage, il est donc nécessaire d'observer finement la rivière afin d'identifier toute variation de débit (en aval d'un rétrécissement ou de l'arrivée d'un confluent par exemple).

À vos bâtées !

L'été est également la saison la plus propice de l'année, les cours d’eau étant généralement plus calmes et en décrue, tandis que les crues de l'hiver et du printemps vont avoir tendance à mobiliser les sédiments et les particules d'or.

Il n'y a plus qu'à se munir de l'accessoire indispensable au chercheur d'or : la bâtée ou pan, dont la forme creuse va permettre de laver progressivement les sédiments récoltés sur le fond de la rivière. En appliquant un mouvement de rotation, les particules les plus légères vont être expulsées sur les bords alors que l'or, plus lourd, va se concentrer dans la partie creuse. Au fur et à mesure du lavage des sédiments on peut ainsi voir apparaître de petites paillettes dorées. Pour les récupérer, une pipette ou un petit bout de ruban adhésif (à coller sur une feuille noire pour bien mettre en valeur votre trouvaille) fera l'affaire !

L'utilisation de la bâtée va permettre d'éliminer au fur et à mesure les éléments les plus légers, l'or restant dans le fond. © Jean-François Gornet, Wikimedia Commons, CC by-sa 2.0
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