En plus du nombre élevé d'espècesespèces d'arbresarbres par hectare ou par km2, il faut dire un mot de la multi-stratification de la canopéecanopée.

Bien que très simpliste et réducteur, l'examen des stratesstrates de végétation selon l'axe vertical permet d'aborder l'énorme complexité d'une forêt tropicaleforêt tropicale. Certes, la forêt est dynamique avec des taches de différents âges du cycle de croissance, mais néammoins la notion de strates ou couches superposées est utile.

Une forêt tempéréeforêt tempérée, européenne ou nord-américaine, ne renferme que 3 strates : herbacées, buissons bas, et une seule couche d'arbres. La plupart des forêts tropicales contiennent 2 à 4 couches d'arbres, en plus des buissons et des herbacées. D'ailleurs, il apparaît, de façon très simpliste, que différents taxonstaxons d'arbres mâturent à différentes hauteurs :

- la plupart des Ebenaceae et Euphorbiaceae sont de petits arbres ;
- la plupart des Lecythidaceae, Burseraceae et Sapotaceae sont de grands  arbres
- la plupart des émergentsémergents sont des Leguminosae et des Dipterocarpaceae.

Une forêt tropicale humide contient plusieurs couches d’arbres, ou plutôt plusieurs strates de végétation. Cette complexité multiplie les niches écologiques exploitables par les animaux, et donc permet la coexistence d’une énorme biodiversité. © François Catzeflis

Une forêt tropicale humide contient plusieurs couches d’arbres, ou plutôt plusieurs strates de végétation. Cette complexité multiplie les niches écologiques exploitables par les animaux, et donc permet la coexistence d’une énorme biodiversité. © François Catzeflis

La complexité végétale de la forêt tropicale est entretenue perpétuellement par les chutes d'arbres, qui créent des chablis ou « forest canopy gapgap » à raison de 1% de la surface par an. Un vieil arbre tombant entraîne entre 3 et 10 autres arbres dans sa chute, et cette ouverture de la canopée amène la lumièrelumière abondante au sol, et la repousse rapide d'espèces pionnièresespèces pionnières.

En fait, le dynamisme de la forêt amène un patchwork d'ages du peuplement, avec tous les stades intermédiaires entre le jeune recru secondaire et la forêt primaire mature.

Parmi les rongeurs endémiques sud-américains, la famille des Echimyidae renferme de magnifiques « rats arboricoles ». Ici, Echimys chrysurus, le plus grand des 4 rats arboricoles rencontrés en Guyane française. Ce rongeur se nourrit principalement de jeunes feuilles et de bourgeons, et sa dentition (molaire) rappelle celle des éléphants. © Simon Fellous, avec accord donné a Francois Catzeflis
Parmi les rongeurs endémiques sud-américains, la famille des Echimyidae renferme de magnifiques « rats arboricoles ». Ici, Echimys chrysurus, le plus grand des 4 rats arboricoles rencontrés en Guyane française. Ce rongeur se nourrit principalement de jeunes feuilles et de bourgeons, et sa dentition (molaire) rappelle celle des éléphants. © Simon Fellous, avec accord donné a Francois Catzeflis

C'est cette « multiplication des niches disponibles » qui entraîne par endroits une biodiversitébiodiversité animale qui est est spectaculaire. Trois exemples :

1) en un site amazonien d'Equateur, 81 espèces d'AmphibiensAmphibiens, soit autant que pour tous les Etats-Unis ;
2) sur un arbre en Amazonie péruvienne, E. D. Wilson a recueilli 43 espèces de fourmisfourmis, autant que la biodiversité de toute la Grande Bretagne
3) sur 200 m d'un petit cours d'eau (largeur 2m), affluent du fleuve Mana en Guyane, on a dénombré plus de 70 espèces de poissonspoissons, soit l'équivalent de toute la faunefaune piscicole (81 espèces) de métropole française.