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On découvre encore de nouvelles espèces de mammifères

Dossier - La forêt tropicale et sa biodiversité
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La première découverte de forêts tropicales et dont il reste des traces écrites est une narration qui a plus de 2000 ans. En 327 avant JC, les troupes d’Alexandre le Grand franchissent la célèbre Khyber Pass (entre Afghanistan et Pakistan), débouchent dans le Punjab, et continuent jusqu’aux rives aval de l’Indus. Des textes relatent des mangroves et des marais boisés, des manguiers, des bananiers, et des banyans. D’ailleurs, le mot « jungle », qui fait allusion a une forêt lianeuse et buissonnante de pénétration difficile, est dérivé de l’Hindi « jangal ».

  
DossiersLa forêt tropicale et sa biodiversité
 

On découvre encore des nouvelles espèces de mammifères : au niveau mondial, à un rythme d'environ 46 espèces /an, pour la periode 1982 (4170) - 1992 (4629).

L'affirmation courante que les oiseaux sont aussi bien connus que les mammifères est contredite par les chiffres :
- environ 450 nouvelles espèces de mammifères de 1981 a 1990
- 47 nouvelles espèces d'oiseaux de 1981 à 1990.

Or, la biodiversité mondiale des oiseaux (9600 espèces en 1990) est double de celle des mammifères (4600 espèces en 1990).

Parfois certaines recherches nécessitent de sacrifier les petits mammifères, comme lors d’études de parasitologie. Dans ces cas, les rongeurs et opossums sont ramenés au laboratoire, puis transmis au Museum pour y intégrer les collections scientifiques © François Catzeflis - Tous droits réservés

C'est dans les tiroirs des Musées qu'on découvre le plus de nouvelles espèces !
En 1992, 1145 mammifères étaient connus des régions tropicales d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud. En 1982, cette biodiversité était de 974 espèces, soit 15% de moins.

Durant ces onze années :

173 espèces nouvelles ont été découvertes dans les tiroirs des musées et dans les labos de systématique ; ces 173 espèces étaient précédemment considérées soit comme des sous-espèces soit comme des synonymes d'espèce  « polytypique » . Ces découvertes ont donc conduit à une augmentation de la biodiversité connue, mais à une fragmentation ou subdivision des aires géographiques d'autres espèces.
60 espèces nouvelles ont été découvertes dans la nature, par des missions de collecte et d'inventaire de la biodiversité : augmentation de la biodiversité.
62 espèces (de 1982) ont été mises en synonymie : perte de biodiversité, mais augmentation des aires géographiques d'autres espèces

Ce sont parmi les collections scientifiques des grands musées qu’on découvre encore de nouvelles espèces de mammifères. Des études comparatives de caractères moléculaires (génétiques) et morphologiques restent indispensables pour beaucoup de taxons peu ou mal connus. La photo montre une petite série de spécimens collectés récemment en Guyane française et dont l ‘étude au laboratoire va commencer sous peu. © François Catzeflis - Tous droits réservés

Ces changements dûs aux efforts des naturalistes et des sytématiciens concernent donc 295 espèces, a savoir 26% des quelques 1145 mammifères reconnus en 1992 en zones néotropicales.

Chaque année, de nouvelles espèces de mammifères sont décrites d'Amazonie et des Guyanes, et pas seulement des souris ou des chauves-souris (« rats et bats »). Durant la période 1992 à 1998, 7 genres et 57 espèces nouvelles pour la science ont été découvertes sur le terrain ou en étudiant les spécimens en collections dans les musées. Au rythme moyen de 8 espèces par an, dans six ordres différents : certes, les rongeurs dominent (60%), en particulier les rats & souris (50%), mais il y a eu 4 marsupiaux, six primates, 3 insectivores, et 9 chauves-souris.

La plupart de ces nouvelles espèces ont été découvertes en forêts humide de plaine (26 en Amazonie et dans les Guyanes) et de montagne (12 dans les Andes), et ceci dans la majorité des pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud.