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Wise découvre plus de 3.000 nouvelles étoiles mais pas de « planète X »

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Plusieurs fois postulée, l'existence d'une planète géante désignée « planète X » et semant le trouble aux confins de notre Système solaire semble exclue. Aucune candidate n'apparaît sur les sondages du ciel complet réalisés dans le rayonnement infrarouge par le télescope spatial Wise. En revanche, des milliers d'étoiles inconnues jusqu'alors ont été découvertes dans notre voisinage à moins de 500 années-lumière du Soleil.

Débusquée par le télescope spatial Wise au cours de la première phase de mission entre 2010 et 2011, WiseA J204027.30+695924.1 est une étoile très âgée qualifiée de sous-naine de type spectral L en déplacement rapide dans notre voisinage. © DSS, Nasa, JPL-Caltech

Les astronomes ont beau chercher, il n'y a pas de neuvième planète cachée aux confins de notre Système solaire. L'hypothétique « planète X » n'apparaît pas sur les cartes du ciel. Pour rappel, son existence fut postulée voici plusieurs années, afin d'expliquer l'inhomogénéité de la ceinture de Kuiper (au-delà de l'orbite de Neptune), l'irrégularité des orbites de certaines comètes ou leurs chutes épisodiques dans le Système solaire interne. Des expulsions de leur domaine qui suggèrent à certains chercheurs que, sur Terre, des extinctions de masse furent provoquées par des astéroïdes ou des comètes précipités vers nous par les perturbations gravitationnelles d'une possible lointaine planète invisible.

Une théorie controversée qui, hélas, fut largement reprise et déformée par des individus peu scrupuleux. Ces derniers, convaincus que la Nasa (donc le gouvernement américain) occulte l'existence de la planète X — surnommée Nibiriu, Némésis ou Tyché —, s'évertuent à diffuser massivement de fausses informations. Autant d'assertions définitivement discréditées par les récentes analyses du satellite Wise« Le Système solaire externe ne contient probablement pas de planète géante gazeuse ni de petite étoile compagnon », résume Kevin Luhman (université d'État de Pennsylvanie), auteur de l'article scientifique publié dans The Astrophysical Journal.

Apparaissent sur ce graphique les catégories de corps célestes que Wise est susceptible de détecter, assortis selon les distances (detectable by Wise). Ainsi, une planète de masse comparable à celle de Jupiter peut être distinguée à une distance inférieure à 10.000 UA, soit 10.000 fois la distance Terre-Soleil. Au-delà, la signature infrarouge de l'objet serait trop faible pour être remarquée (too faint for detection). © Université d'État de Pennsylvanie

Wise compte 3.525 nouvelles étoiles à moins de 500 années-lumière

Lancé en décembre 2009, Wise (Wide-field Infrared Survey Explorer) a opéré deux sondages complets de la voûte céleste dans le rayonnement infrarouge entre 2010 et 2011. Dédié à la recherche d'objets sombres ou faiblement lumineux tels que des astéroïdes, de pâles étoiles ou de lointaines galaxies, le télescope spatial n'a donc pas détecté de planètes ou d'étoiles mystérieuses gravitant autour du Soleil. En comparant les données des deux relevés, les analyses n'ont en effet pas permis de révéler un quelconque objet d'une taille équivalente (ou supérieure) à celle de Saturne en mouvement dans un périmètre de 10.000 unités astronomiques (UA). Pas davantage non plus de corps aussi gros que Jupiter dans un rayon de 26.000 UA. Hormis des astéroïdes, point d'astres massifs qui auraient échappé à la vigilance du satellite.

Loin d'être bredouilles, les astronomes ont rapporté dans leur escarcelle de nombreuses découvertes sur un total de 750 millions d'images. En effet, ils devront désormais compter sur 3.525 étoiles supplémentaires inconnues jusqu'alors dans un rayon de 500 années-lumière. Parmi celles-ci, signalons une quantité non négligeable de naines brunes, petites et très faibles étoiles. Les plus proches désignées Wise J104915.57-531906, découvertes voici un an, forment un duo situé à seulement 6,5 années-lumière de nous.

Après une hibernation de plusieurs mois, la mission, renommée NeoWise, vient d'entamer une seconde séquence d'observations. L'objectif principal est de débusquer un maximum d'astéroïdes potentiellement dangereux en circulation dans notre Système solaire, de les caractériser et de faire de même pour les comètes déjà connues.

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