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Lama

DéfinitionClassé sous :zoologie , camélidé , vigogne
Lamas dans le parc national du Cotopaxi, en Équateur. © Whirling Phoenix, Flickr, cc by nc nd 2.0

Lama (Linnaeus, 1758) – Lama glama

  • Ordre : Artiodactyla
  • Famille : Camelidae
  • Genre : Lama
  • Taille : 1,25 à 1,50 m, hauteur au garrot 1 à 1,25 m
  • Poids : 80 à 120 kg
  • Longévité : 15 à 20 ans

Statut de conservation UICN : Données insuffisantes

Description du lama

Le lama est un camélidé domestique, et le plus grand de la famille en Amérique du Sud. Il possède un long pelage épais, dont la teinte varie du brun au blanc et du noir au bleuté. Il peut également être pie ou moucheté. Ses pattes munies de sabots sont fines et adaptées à l'évolution sur des pentes raides et caillouteuses. Les genoux et le thorax sont munis de callosités sur lesquelles il repose lorsqu'il s'accroupit. À l'instar de ses cousins l'alpaga, le guanaco et la vigogne, le lama ne possède pas de bosse. Son long cou prolongé par une tête petite et arrondie lui confère une silhouette élancée. La lèvre supérieure est fendue comme si l'animal avait un bec de lièvre, et ses incisives inférieures en spatule sont saillantes. Les oreilles fines et courtes s'incurvent vers l'intérieur en forme de banane. Les yeux sont protégés par de longs cils, et sa queue est courte.

Lamas dans la cordillère de Cochabamba, en Bolivie. © Arthur Chapman, Flickr, cc by nc sa 2.0

Habitat du lama

On trouve le lama sur l'ensemble des régions montagneuses de l'Amérique du Sud, que l'on nomme Altiplano, au cœur de la cordillère des Andes, depuis la Colombie et l'Équateur jusqu'en Argentine et au Chili. Il évolue surtout sur les plateaux d'altitude à la végétation alpine, entre 2.500 et 4.000 mètres. Mais il est aussi présent dans les zones désertiques et les salines.

Troupeau de lamas dans le désert d'Atacama, au Chili. © Luca Galuzzi, Wikipédia, cc by sa 2.5

Comportement du lama

Le lama est un animal grégaire et social qui vit en petits groupes constitués d'un mâle dominant, de cinq ou six femelles et de leurs jeunes. Il échange avec ses congénères à l'aide de diverses vocalisations. Il possède dans le sang un taux de globules rouges plus élevé et de forme ovale, qui lui permet de supporter la raréfaction de l’oxygène aux altitudes où il évolue. Pour délimiter son territoire, le lama défèque toujours aux mêmes endroits, de façon à former des tas parfois assez élevés. Le lama joue un rôle écologique important dans les Andes, comme le cerf dans nos forêts. Il broute la végétation basse, et ses sabots rembourrés font moins de dégâts dans les pâturages que les ongulés domestiques. Les prédateurs du lama sont principalement les coyotes, le puma et l'ocelot. Le lama étant très possessif, il peut devenir agressif lorsqu'un intrus pénètre sur son territoire. Les Hommes ont donc eu l'idée de les utiliser comme chiens de garde, en les incorporant aux troupeaux de moutons, de chèvres et même de chevaux. Ils les défendent comme s'il s'agissait des membres de leur espèce, en crachant ou avec des coups de pied. 

Lamas en Argentine. Son comportement territorial prononcé en fait un chien de garde très efficace. © Anaki, Wikipédia, GNU 1.2

Reproduction du lama

Le lama est polygame et règne sur un petit harem de cinq ou six femelles. La saison de reproduction s'étend de novembre à mai. Après l'accouplement, la femelle subit une ovulation différée : l'ovule n'est libéré que 24 ou 36 heures plus tard. La gestion dure environ 360 jours, au terme desquels la femelle donne naissance à un seul petit. Lors de la mise bas, le cria (bébé lama) pèse environ 10 kg, et est capable de suivra sa mère dans l'heure qui suit sa naissance. Le juvénile est sevré entre trois et cinq mois, et devient indépendant vers le cinquième mois. Mâle et femelle atteignent leur maturité sexuelle entre deux et trois ans.

Lama et juvéniles. Les petits sont capables de suivre leur mère une heure après la naissance. © Luc Viatour, Wikipédia, GNU 1.2

Régime alimentaire du lama

Le lama se nourrit de la végétation rase et du lichen qu'il trouve dans la montagne et sur les plateaux qu'il fréquente. Il mange également des graminées, des racines, des graines, des noix et les feuilles de certains arbustes. Il aime également lécher les pierres de sel gemme dans les salines, car elles lui procurent les oligoéléments que l'animal ne trouve pas dans les végétaux et les bryophytes

Lama broutant l'herbe rase. Son régime alimentaire va des lichens aux feuilles de certains arbustes. © Jean-Pol Grandmont, Wikipédia, GNU 1.2

Menaces sur le lama

Bien que les données sur le lama fassent défaut, l'animal ne peut être considéré comme menacé. En effet, les effectifs sont estimés à trois millions d'individus, dont les trois quarts se trouvent en Bolivie.

Le saviez-vous ?

À l'époque précolombienne, le lama représentait le seul moyen de transport de marchandises des différents empires qui se sont succédé. Lui seul est aujourd'hui encore capable de se risquer sur des sentiers quasi impraticables. Il est très précieux pour les habitants de la puna (zone de plateaux situés entre 3.500 et 4.800 mètres d'altitude), car non seulement il permet le transport de marchandises, mais il procure aussi de la laine pour confectionner des vêtements et des couvertures, de la peau pour fabriquer des chaussures, de la viande pour nourrir les Hommes, qui se servent aussi de ses excréments comme combustible. Les crottes auraient même permis aux Incas d'améliorer leurs cultures de maïs du fait de leur apport en oligoéléments.

Lamas juvéniles. Les lamas sont utiles à l’Homme de multiples manières, du transport de marchandises aux matières premières pour confectionner des vêtements. © Luc Viatour, Wikipédia, GNU 1.2

Le lama est issu de la domestication du guanaco. Au Pérou, il est utilisé comme animal de bât depuis 5.500 ans. Des éléments de preuve archéologiques ont été découverts à Telarmachay, dans la province de Tarma au Pérou, qui semble avoir été le centre d'élevage et de domestication des lamas. Ce sont donc les « Hommes de Telarmachay » qui ont obtenu les premières souches. Plus tard, les peuples quechua et aymara poursuivirent le travail de sélection. Dans les sites de culture chiribayas, dans la province d'Ilo au Pérou, les animaux ont fait l'objet de cultes sacrificiels. 

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