La pollution au CO2 a bel et bien eu un effet assez bénéfique sur la croissance des végétaux du monde entier jusque dans les années 2000, avant un changement radical ensuite : le surplus de dioxyde de carbone, lié à la combustion d'énergies fossiles, a désormais un effet négatif, non seulement sur le climat, mais aussi sur le monde végétal, en provoquant un phénomène d’aridification.


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    C'est bien une réalité, les émissions de dioxyde de carbone ont boosté la croissance des végétaux pendant des décennies : certaines plantes (comme le blé et d'autres céréales), pas toutes en revanche, ont bénéficié d'une croissance plus rapide grâce à la pollution issue des activités humaines. Mais c'est désormais terminé, précise une étude publiée dans le journal Science. Car ces mêmes émissionsémissions de CO2 ont aussi accentué les sécheresses, et d'une manière plus globale l'aridification des terres, et ce basculement nuit évidemment aux végétaux.

    La photosynthèse nécessite du CO2, mais aussi de l'eau

    La combustioncombustion des énergies fossiles a fait exploser les émissions de CO2 depuis une cinquantaine d'années : de 280 ppmppm avant la révolution industrielle, à 417 ppm l'année dernière. Ce CO2 est absorbé par les plantes et ensuite converti en énergie. Chez beaucoup de végétaux, cette énergie générée à partir de la pollution leur permet de grandir encore plus, et surtout plus vite. Mais cette relation en l'apparence idyllique, entre le CO2 et les plantes, a touché à sa fin. 

    Car avant toute chose, l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre a pour conséquence l’accélération du réchauffement climatique, et donc de ses conséquences néfastes. Et cette évolution du climat est de plus en plus hostile aux végétaux. Car pour effectuer leur mécanisme de photosynthèsephotosynthèse, les plantes utilisent bien le CO2, mais aussi un autre ingrédient essentiel, l'eau. Et cette eau manque de plus en plus dans de nombreuses régions du monde. Le CO2 n'est finalement qu'une partie de l'équationéquation, lorsqu'il s'agit de croissance végétale.

    L'évolution de la croissance des végétaux est visible sur les images satellites, et celles-ci montrent un changement à partir de l'année 2000. © wikiimages
    L'évolution de la croissance des végétaux est visible sur les images satellites, et celles-ci montrent un changement à partir de l'année 2000. © wikiimages

    Le CO2 a fait basculer le climat ces dernières années

    Pour tirer une telle conclusion, les scientifiques ont mesuré les niveaux de dioxyde de carbonedioxyde de carbone dans l'airair, et d'humidité, de 1982 à 2016. Ils ont comparé ces données aux images satellites des forêts, des prairies, des cultures, des savanes et des fruticées. Ils ont découvert que la photosynthèse des végétaux a été boostée jusqu'en 2000, avant de se stabiliser entre 2011 et 2016. Les conditions de plus en plus arides ont stoppé la tendance, en raison de l'évapotranspiration grandissante liée à la hausse des températures. Un constat très nettement visible à travers les nuances et la couleurcouleur (plus ou moins verte) des végétaux perceptible sur les images satellites. 

    Le ratio CO2/sécheresse n'évolue pas dans le bon sens et même chez les plantes qui apprécient le CO2 issu des énergies fossiles, le manque d'eau diminue leurs chances de survie, ou simplement leur prolifération. Les auteurs pensent que dans un futur proche, si ce n'est pas déjà le cas, cette stabilisation de la croissance générale des plantes, va se transformer en régression.