Ce samedi a été la journée la plus foudroyée depuis presque 3 ans. © Menyhert, Adobe Stock
Planète

Supercellule, grêlons, pluies torrentielles : la France a essuyé sa plus puissante vague orageuse depuis 3 ans !

ActualitéClassé sous :météorologie , catastrophe naturelle , grêle

-

Retour en images sur ce week-end exceptionnellement orageux marqué par des pluies diluviennes, des grêlons géants, une forte activité électrique et des rafales de vent tempétueuses. Il s'agit de la plus grosse vague orageuse depuis près de 3 ans en France.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Comment se forment les orages ?  La France compte en moyenne 250 jours d'orages par an. Comment et pourquoi naissent ces puissants phénomènes, accompagnés de foudre et de tonnerre ? 

La France vient de connaître sa journée la plus orageuse depuis août 2019 : avec 41.029 éclairs recensés par Météorage, ce samedi 4 juin a été le jour le plus foudroyé depuis près de 3 ans. Il s'agit également de la septième journée la plus foudroyée depuis l'an 2000.

Ces orages ont été générés par une situation météo classique pour la saison, un conflit de masses d'air, mais celui-ci a été particulièrement explosif en raison d'un très gros contraste de températures : entre l'air chaud présent au sol, de l'air froid en altitude et une arrivée d'air frais par l'Atlantique. Ce dimanche, la moyenne des températures en France a atteint 22,1 °C, ce qui fait de cette journée le 5 juin le plus chaud à l'échelle du pays depuis plus de 100 ans (devant les 21,6 °C du 5 juin 1950).

De nombreuses supercellules se sont formées, la catégorie d'orages la plus violente, générant des rafales à plus de 100 km/h localement dans le Puy-de-Dôme, l'Allier et l'Yonne.

Les supercellules ont aussi été à l'origine de grêlons géants particulièrement destructeur : la grêle a atteint un diamètre de 7 à 8 cm dans le Puy-de-Dôme, la Loire, l'Allier er la Creuse.

Autre caractéristique des supercellules, des pluies diluviennes se sont abattues sur le centre et l'ouest du pays : on a relevé jusqu'à 74 mm de pluie en Saône-et-Loire et plus de 70 mm également dans la Sarthe et Loire, soit l'équivalent d'un mois de pluie en l'espace de quelques heures.

Certaines stations météo non officielles émettent la possibilité que des cumuls de 100 mm se soient produits dans le Finistère et les Côtes d'Armor. À Rouen, en Normandie, une femme d'une trentaine d'années a perdu la vie en se retrouvant coincée sous sa voiture lors des inondations.

D'impressionnantes structures nuageuses ont été photographiées partout en France : de nombreux arcus, ces nuages rouleaux qui annoncent toujours l'arrivée de phénomènes violents.

Une faible tornade se serait produite aussi produite en Haute-Saône, occasionnant des dégâts sur les toitures, un phénomène qui n'a rien d'étonnant sous des orages aussi violents.   

Pour en savoir plus

Orages destructeurs, grêlons géants, tornades : que s'est-il passé en Europe ?

Article de Karine Durand publié le 23 mai 2022

Plusieurs vagues orageuses ultra-violentes ont traversé l'Europe entre vendredi 20 et dimanche 22 mai, donnant lieu à des phénomènes météo extrêmes : tornades, grêle géante et pluie diluvienne.

Après une semaine marquée par de fortes chaleurs, la dégradation orageuse a été particulièrement violente. Entre vendredi et dimanche, plusieurs vagues orageuses ont traversé l'Europe, du sud-ouest de la France jusqu'en Belgique, puis en Allemagne. En cause, un conflit de masses d'air explosif, avec de l'air brûlant qui remontait du Maroc jusqu'en France, en passant par l'Espagne (faisant grimper le mercure jusqu'à 35 °C en France et 41 °C en Espagne) et de l'air plus frais associé à l'arrivée d'une dépression. Des conditions idéales pour générer des supercellules, la catégorie d'orages la plus violente. Plus le contraste de masses d'air est important, plus le risque de supercellules est présent : pour obtenir ce type d'orage, une différence de 10 à 20 °C est nécessaire entre ces deux masses d'air, exactement ce qui s'est produit ces derniers jours.

La vague orageuse qui a traversé la France ce vendredi s'est intensifiée en arrivant sur la Belgique et l'Allemagne en soirée, les deux pays étaient d'ailleurs placés en « risque orageux de niveau extrême ». Plusieurs tornades se sont formées sous les orages en Allemagne, et l'une d'entre elles a été dévastatrice : un mort, soixante blessés, des millions d'euros de dégâts.

La forme de la tornade de Paderborn, en Allemagne, et les images radar (avec un crochet caractéristique au sud de l'orage) sont dignes de ce que l'on peut voir dans les grandes plaines américaines.

En France, ce dimanche soir, une supercellule a généré des grêlons géants de 8 à 10 centimètres vers Niort dans les Deux-Sèvres : il pourrait s'agir d'un record pour le pays.

La taille extrême de ces grêlons témoigne à la fois de l'immense hauteur du nuage d'orage, et des violents courants qui étaient présents à l'intérieur.

Sous ces orages, les précipitations ont été diluviennes, avec localement 20 à plus de 50 millimètres de pluie en quelques heures, de quoi améliorer la situation de sécheresse en Vendée, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique.  

Ces orages ont aussi généré de puissantes rafales de vent, jusqu'à 107 km/h à Rosnay dans l'Indre.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !