Des images satellites impressionnantes montrent la côte ouest des États-Unis enfumée en raison des méga-incendies qui font rage depuis un mois. Plus à l’est, au-dessus de l’autre océan, deux ouragans et deux tempêtes traversent l’Atlantique.


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    En voyant les images de Yosemite sous un ciel rouge la semaine dernière, sur les réseaux sociauxréseaux sociaux, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à John Muir, infatigable marcheur et grand amoureux de la nature -- plein de talents, il avait conçu des dizaines de machines et s'était passionné pour la glaciologie, la botanique, la géographie, etc. comme le raconte Alexis Jenni dans sa biographie à dévorer J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond.

    Son coup de foudre avec Yosemite date de 1869. Depuis la « révélation » de cet endroit, cet Écossais, qui a migré avec ses parents aux États-Unis une vingtaine d'années plus tôt, n'a eu de cesse d'y retourner, par monts et par vaux, pour se ressourcer, s'y émerveiller. À la fin du XIXe siècle, inquiet de la pressionpression grandissante de l'Homme sur l'environnement en Californie, John Muir s'est battu (avec ses mots) pour faire de ce site exceptionnel, un parc régional. Quelques années plus tard, après une première victoire, c'est lui aussi, probablement, qui persuada le président Roosevelt d'en faire un parc fédéral, protégé par la Nation.

    Alors, nul doute que John Muir serait horrifié s'il voyait cette Californie tant aimée (pas celle des chercheurs d'or ni des capitaines d'industrie) brûler vive dans ses derniers lambeaux de forêts et maquis. Un sinistre spectacle de centaines de feux qui se répètent année après année, avec une intensité toujours plus grande. Que dirait-il aujourd'hui, lui qui, il y a 150 ans, alors même que le changement climatique n'était pas à l'œuvre, s'émouvait des scieries qui encerclaient les forêts millénaires, s'inquiétait des troupeaux d'ovins lâchés dans les montagnes et qui dévoraient tout sur leur passage. Il serait accablé, et peut-être, aurait-il réussi à convaincre l'actuel président, Donald Trump, d'agir.

    La Terre, le 9 septembre, vue par le satellite DSCOVR, à 1,5 million de km. Le nuage des incendies dans l'ouest des États-Unis est clairement visible depuis l'espace, à cette distance. © Nasa, Eodis, Lance
    La Terre, le 9 septembre, vue par le satellite DSCOVR, à 1,5 million de km. Le nuage des incendies dans l'ouest des États-Unis est clairement visible depuis l'espace, à cette distance. © Nasa, Eodis, Lance

    Des centaines de feux attisés par le réchauffement climatique

    Des feux, hors de contrôle, qui battent des records en termes de surfaces brûlées, tel August Complex Fire, dans la forêt de Mendocino. Comme pour l'Australie, autre région au climat méditerranéen (mais cela dépasse de plus en plus ces aires sous l'effet du réchauffement climatique en cours) de plus en plus touchée par des méga-incendies, on peut voir les colonnes de fumée et les pyrocumulonimbuspyrocumulonimbus se transformer en un immense nuage brunnuage brun (voir les images satellites ci-dessus et ci-dessous) survolant le Pacifique et l'Ouest. « La fumée est si épaisse et étendue qu'elle est facilement visible à 1,5 million de kilomètres de la TerreTerre », écrit la NasaNasa dans son communiqué qui partage les images prises le 9 septembre par le satellite DSCOVR, de la NOAANOAA.

    Les incendies en Californie depuis 1910. © ESRI

    Les journalistes sur place et les habitants, terrifiés, choqués, témoignent par leurs photos, de l'enfer et de la détresse qui règnent là-bas, de la Basse-Californie (Mexique) au nord de l'État de Washington. Des villes ont été rayées de la carte, tandis que d'autres suffoquent sous un airair devenu irrespirable.

    Ces feux se sont déchaînés depuis les 16 et 17 août derniers, stimulés par les ventsvents, la sécheressesécheresse et les températures très élevées. C'est à la suite de la déferlante d'éclairséclairs d'une rare intensité, survenue à cette date, lors du passage de la tempêtetempête Fausto, plus au sud, que tout s'est déclenché.

    Comme on peut le voir sur l'animation ci-dessus qui débute en 1910, presque aucune zone de végétation en Californie n'a été épargnée par le feufeu. Pire : les incendies majeurs sont de plus en plus nombreux depuis une vingtaine d'années.

    Cinq tempêtes et ouragans au-dessus de l’Atlantique

    Pendant ce temps, à plus de 5.000 kilomètres à l'est, cinq tempêtes s'avancent au milieu de l’océan Atlantique. Cinq ! Il y a Sally, qui a déjà abordé les États-Unis, côté golfe du Mexique, Paulette qui arrive sur la côte Est, deux tempêtes devenues ouragansouragans. Et il y a Réné, Teddy et Vicky, qui sont en chemin, et demeurent des tempêtes. Tout cela en même temps, cela ne s'était pas vu depuis 1971, a fait savoir le MET Office.

    Des images satellites nous montrent les États-Unis flanqués de méga-incendies à l’ouest, de tempêtes à l'est. Des images impressionnantes qu'on ne peut s'empêcher de mettre en relation avec le changement climatique (rapide) en cours.

    Voir aussi

    La Terre ne s’est pas réchauffée aussi vite depuis des dizaines de millions d’années