Les trois ouragans Katia, Irma et José en 2017. © Nasa
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En vidéo : la saison 2020 des ouragans dans l'Atlantique s'annonce très active

ActualitéClassé sous :climatologie , météorologie , ouragan

[EN VIDÉO] Ouragans dans l’Atlantique : une saison record en 2020 ?  Avant même que la saison 2020 des ouragans commence officiellement dans l’Atlantique, les experts l’avaient déjà prévue particulièrement active. Deux mois — et déjà neuf tempêtes nommées — plus tard, ils estiment qu’elle sera « extrêmement active ». 

Dans l'Atlantique, la saison des ouragans 2020 s'annonce « extrêmement active ». Les experts ont même revu leurs prévisions d'il y a quelques mois à ce sujet. Ce sont jusqu'à 25 tempêtes tropicales qui pourraient s'abattre sur la région avant le 30 novembre de cette année. Le point sur la situation en vidéo...

En avril dernier, plusieurs groupes d'experts avaient annoncé une saison des ouragans 2020 extrêmement active. Les plus pessimistes prévoyaient que jusqu'à 22 tempêtes tropicales -- avec des vents soufflant à au moins 63 km/h -- pourraient se déclencher dans l'Atlantique nord entre le 1er juin et le 30 novembre de cette année. Parmi elles, jusqu'à 11 pourraient être assez puissantes pour acquérir le statut d'ouragan grâce à des vents soufflant à au moins 120 km/h. Désormais, et selon l'Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), ce sont jusqu'à 25 tempêtes tropicales qui sont attendues.

Il faut dire qu'entre le début de la saison et le 1er août 2020, un nombre record de 9 tempêtes -- dont 2 ouragans -- a déjà été nommé. Habituellement, ce chiffre n'est pas atteint avant... le début du mois d'octobre !

Rappelons par ailleurs qu'une saison moyenne produit seulement 12 tempêtes tropicales, dont pas plus de 6 ouragans, parmi lesquels 3 deviendront des ouragans majeurs.

La liste des noms donnés aux tempêtes tropicales qui se sont déclenchées entre le 1er juin et le 6 août 2020. © NOAA

Des conditions océaniques et atmosphériques défavorables

Plusieurs conditions océaniques et atmosphériques exceptionnelles poussent à faire de cette saison 2020 des ouragans une saison particulièrement intense. Parmi elles, des températures de surface de la mer plus chaudes que la moyenne en certains endroits, des alizés tropicaux plus faibles ou encore une mousson africaine accrue. Le tout favorisé par la phase chaude continue de l'oscillation atlantique multidécennale (AMO) qui a réapparu en 1995. Le développement d'un phénomène La Niña dans les mois à venir permettrait lui aussi d'intensifier les tempêtes tropicales dans l'Atlantique.

La NOAA prévoit qu'en 2020, l'énergie cumulative des cyclones (ACE) atteindra une valeur comprise entre 140 et 230 % celle de la normale. Notons toutefois que ces prévisions ne laissent en rien entrevoir le nombre de tempêtes qui frapperont les terres. Le phénomène restant lié à des conditions météorologiques uniquement prévisibles à court terme.

Pour en savoir plus

Pourquoi la saison des ouragans 2020 sera « extrêmement active » ?

Arthur, Bertha, Cristobal, Dolly, Edouard. C'est ainsi que se nommeront les premières tempêtes tropicales qui frapperont l'Atlantique nord en cette saison 2020. Une saison des ouragans qui, selon les experts, s'annonce particulièrement active.

Article de Nathalie Mayer paru le 25/04/2020

Dans l'Atlantique nord, la saison des ouragans s'étend plus ou moins du 1er juin au 30 novembre. Et selon des chercheurs de la North Carolina State University (États-Unis), celle qui approche sera extrêmement active. Les prévisionnistes annoncent entre 18 et 22 tempêtes tropicales sur l'océan Atlantique, le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Un chiffre supérieur à la moyenne, que l'on considère la période comprise entre 1951 et 2019 - 11 tempêtes tropicales -- ou une période plus récente, comprise entre 1995 et 2019 - 14 tempêtes tropicales.

Parmi ces tempêtes, 8 à 11 pourraient s'avérer suffisamment puissantes pour être considérées comme des ouragans -- la moyenne se situant à 6 -- et 3 à 5 pourraient même finir en ouragans majeurs. Et c'est le golfe du Mexique qui pourrait être le plus durement touché avec 2 à 5 ouragans, dont un à deux ouragans majeurs contre une moyenne d'un seul ouragan habituellement. Des prévisions que les chercheurs tirent de données historiques sur les positions et l'intensité des ouragans ainsi que des conditions météorologiques et des températures de la surface de la mer.

Ici, les prédictions de différents organismes pour la saison des ouragans 2020 — d’abord les tempêtes nommées, puis les ouragans et enfin, les ouragans majeurs : en vert, des universités, en violet, des organismes privés, en rouge, un organisme gouvernemental. La ligne en pointillés orange marque l’activité normale. Les pointillés rouges, ce qui est considéré comme une activité intense. © Seasonalhurricanepredictions

Ouragans et confinement

Les experts de l'université du Colorado (États-Unis) arrivent à des conclusions similaires. La saison des ouragans 2020 sera de près de 30 % plus active que la moyenne. Une situation qu'ils imputent à la fois à des températures de la mer élevées et à une absence probable du phénomène El Niño dans le Pacifique.

Notez que certaines de ces tempêtes tropicales pourront rester localisées au-dessus des mers. Mais d'autres pourraient dévaster les terres. Un peu comme ça a été le cas de l'ouragan Dorian, en septembre 2019. Des prévisions qui inquiètent d'autant plus dans la situation actuelle de crise mondiale du coronavirus. Les mesures de confinement n'étant pas vraiment compatibles avec celles à prendre pour se protéger d'un ouragan comme se réfugier dans un hôtel à l'écart de la zone touchée, trouver abri chez des amis, etc.


Les ouragans en Atlantique seront extrêmes pour la saison 2013

La NOAA prévoit une saison cyclonique intense, voire extrême, dans l'Atlantique pour l'année 2013. Depuis 1995, le nombre de tempêtes tropicales et d'ouragans a plus que doublé dans ce bassin. Quelles en sont les causes ? La combinaison d'une mousson active et d'un océan plus chaud que la normale...

Article de Delphine Bossy paru le 29/05/2013

La saison cyclonique 2012 aura marqué les esprits avec l'ouragan Sandy (ici en photo satellite prise le 28 octobre 2012). Il a frappé toute la côte est des États-Unis. La saison 2013 sera, d'après les prévisions, au moins aussi active que l'année dernière. Faut-il se préparer à un « Sandy bis » ? © NOAA

En 2012, l'activité cyclonique en Atlantique avait été particulièrement intense. On se souvient surtout de l'ouragan Sandy qui a frappé Haïti, la Jamaïque, Cuba et toute la côte est des États-Unis, pour finalement mourir au Québec. Mais entre le 1er juin et le 30 novembre 2012, 19 tempêtes tropicales se sont développées. Parmi elles, 10 sont devenues des ouragans : c'est plus que la moyenne, qui est de 12 tempêtes tropicales, 6 ouragans et 3 ouragans majeurs.

La saison 2013 n'offrira pas de répit au bassin atlantique. La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) vient d'annoncer qu'il y avait 70 % de chances que l'année 2013 soit au moins aussi active que 2012, voire très au-dessus de la moyenne. Rappelons qu'une dépression tropicale devient une tempête si les vents atteignent 17 m/s (soit 62 km/h). Et selon les prévisions, il faut s'attendre à en recenser entre 13 et 20 entre le 1er juin et le 30 novembre 2013. Par ailleurs, 7 à 11 de ces tempêtes pourront se transformer en ouragans, des dépressions tropicales dont les vents seront d'au moins 118 km/h. Il est attendu que 3 à 6 des ouragans deviennent majeurs, soit de catégorie 4 ou 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson.

Cette année, les modèles climatiques utilisés par la NOAA prévoient une mousson en Afrique de l'Ouest plus intense que la moyenne (stronger, wetter monsoon) et un océan Atlantique plus chaud que la moyenne (warmer Atlantic). Les zones rouges montrent des régions où la température est plus élevée de 3 °C par rapport à la moyenne. Ces conditions sont favorables à la formation des tempêtes tropicales (cercle noir). © NOAA

Face à ces prévisions alarmantes, il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'une estimation du nombre de tempêtes tropicales attendues, et non des prévisions de leurs trajectoires. Une intense activité cyclonique n'implique pas nécessairement que les cyclones frapperont les côtes comme Sandy ou Katrina. Les prévisionnistes mettent néanmoins en garde. « Sandy nous l'a montré : il est important de se rappeler que la tempête tropicale et ses impacts ne se limitent pas à la côte. Des vents forts, des pluies torrentielles, des inondations et des tornades menacent souvent les régions intérieures, loin de la zone où la tempête a frappé les côtes », commente Kathryn Sullivan, prévisionniste de la NOAA.

L’océan Atlantique plus chaud depuis 1995

Depuis l'année 1995, le nombre d'ouragans (y compris les majeurs) a augmenté de 60 % dans l'Atlantique par rapport à la période 1971-1994. Beaucoup de chercheurs suggèrent que l'amplification de l'activité cyclonique résulte de la combinaison de deux principaux facteurs climatiques : la mousson africaine et la température de la ceinture tropicale de l'Atlantique.

La mousson de l'Afrique de l'Ouest diffère de la mousson asiatique. Elle est soumise à une importante variabilité décennale. Depuis 1995, la mousson qui se développe autour du Sénégal est plus humide et apporte d'importantes précipitations dans toute la zone. Ces conditions d'humidité, couplées à l'augmentation de la température océanique, favorisent la formation de dépressions tropicales, qui peuvent ensuite devenir des ouragans. De plus, la température de surface de l'océan Atlantique a été supérieure à la normale durant les 18 dernières années, et les modèles climatiques prévoient qu'elle le sera encore pour cette saison 2013.

Contrairement à l'Atlantique, l'océan Pacifique devrait se refroidir, inhibant ainsi le développement d'un événement El Niño. Lorsque ce dernier est installé, il a tendance à atténuer l'activité cyclonique de l'Atlantique. Mais pour l'année 2013, il ne sera pas là pour réduire l'effet de la mousson et de l'augmentation de température dans l'Atlantique. La NOAA annonce donc une grande activité cyclonique. Il faudra cependant attendre le démarrage de la saison pour suivre les prévisions du National Hurricane Center, afin de connaître les prévisions de trajectoire des systèmes dépressionnaires.

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