La multiplication des feux de forêt met la planète — et surtout, ceux qui y vivent — en danger. Tout comme la pollution sonore et les perturbations dans les cycles de vie provoquées par le réchauffement climatique. © chokchaipoo, Adobe Stock
Planète

Trois fléaux imminents identifiés par le rapport scientifique Frontières

Chaque année, le rapport Frontières publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) attire l'attention sur des questions cruciales et sur les solutions qui pourraient être apportées. Cette année, les experts ont choisi de détailler les problématiques des feux de forêt, de la pollution sonore et de la perturbation des cycles de vie sous l'effet du réchauffement climatique.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Feux de forêt : le suicide climatique de l’Australie ?  Des milliers d’habitations réduites en cendres, 28 morts et un nombre inimaginable d’animaux disparus. Depuis le mois de septembre 2019, l’Australie est en proie aux flammes. Une catastrophe environnementale attribuée au réchauffement climatique pour ce pays dont le mix énergétique est centré sur le charbon. 

En 2016, le tout premier des rapports de la série Frontières, des rapports publiés par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), alertait le monde sur le risque croissant de maladies zoonotiques. C'était 4 ans... avant le début de la pandémie de la Covid-19 qui dure encore.

Aujourd'hui, le PNUE publie son édition 2022 qui met en évidence trois menaces jugées imminentes : celle des feux de forêt, celle de la pollution sonore et celle des perturbations des cycles de vie naturels. Trois menaces qui mettent particulièrement en lumière l'urgence de faire face aujourd'hui, en simultanée, à trois véritables crises : le réchauffement climatique, la pollution et la perte de biodiversité.

Une visualisation des feux de forêt dans le monde entre janvier et septembre 2021. Avec près de 70 % pour l’Afrique. © Nasa Scientific Visualization Studio

Les feux de forêt, un risque qui s’aggrave

Entre 2002 et 2016, le rapport souligne qu'environ 423 millions d'hectares sont partis en fumée chaque année. C'est l'équivalent de la surface... de l'Union européenne ! Et l'ennui, c'est que dans le contexte du réchauffement climatique, les chercheurs s'attendent à ce que les conditions météorologiques favorables à ces feux de forêt -- hausse des températures, sécheresse, etc. -- durent plus longtemps et reviennent plus souvent et de manière plus intenses. Les changements d'affectation des terres sont présentés comme un autre facteur de risque en la matière. Tout comme des politiques de gestion inappropriées.

Les feux de forêt constituent un danger pour la santé, non seulement des personnes prises dans les incendies, mais aussi de celles qui en respirent les fumées. Parfois à des milliers de kilomètres. Côté biodiversité, les scientifiques estiment que les changements dans les régimes de ces feux pourraient mettre en danger plus de 4.400 espèces. Sans parler du fait que les fumées des feux de forêt sont responsables de nouvelles émissions de gaz à effet de serre et pourraient bien, à terme, transformer les puits de carbone que sont les forêts en source de carbone.

Le rapport Frontières 2022 appelle au développement d'approches à la fois de la prévention de ces feux et de la réponse qui incluent les communautés locales. Il avance aussi que des investissements seront nécessaires dans les méthodes de télédétection telles que les satellites, les radars et les systèmes de détection de la foudre.

Quelques idées du niveau sonore et de la gêne occasionnée par certains bruits du quotidien. © Frontiers Report 2022

Le fléau de la pollution sonore

Voitures, activités de loisirs ou encore trains et métros. Tout cela fait du bruit. Beaucoup de bruit, parfois. Les niveaux jugés acceptables par les scientifiques sont dépassés dans de nombreuses villes comme Alger, Bangkok ou New York. Or le bruit est mauvais pour la santé humaine. Il peut être à l'origine de troubles du sommeil ou de maladies cardiaques, de troubles métaboliques ou d'une mauvaise santé mentale. Alors que les sons de la nature, eux, peuvent permettre de retrouver un certain bien-être.

La pollution sonore touche aujourd'hui un Européen sur cinq. Et elle est déjà à l'origine de quelque 12.000 morts prématurées par an. Mais la pollution sonore touche aussi la faune. Elle altère les comportements des oiseaux, des insectes et même des amphibiens.

Ainsi le rapport Frontières 2022 préconise une réduction du bruit à la source. Grâce à la fois à des investissements dans la mobilité alternative et à la mise en place de murs verts. La zone dite à très faibles émissions de Londres devrait être prise pour exemple. Et les programmes destinés à « reconstruire en mieux » après la pandémie devraient être plus orientés vers la création d'espaces verts en ville.

Au début des années 2000, les chercheurs ont publié quelques évaluations pionnières à grande échelle des changements phénologiques dont la synthèse indique que les stades de vie de 203 espèces végétales et animales ont avancé d’environ 2,8 jours par décennie. © Frontiers Report 2022

Des rythmes naturels perturbés

Dans la nature, les plantes et les animaux comptent sur des indices environnementaux pour savoir quand déplier leurs feuilles, quand se reproduire, quand polliniser, quand fleurir ou encore, quand commencer une migration. Et lorsque l'environnement change -- comme en ce moment, sous l'effet du réchauffement climatique --, le calendrier de ces étapes change. Mais pas à la même vitesse pour toutes les espèces. Résultat, les rythmes des plantes et des animaux ont tendance à se désynchroniser.

Selon les scientifiques, les conséquences de ces changements se feront notamment ressentir sur les productions alimentaires agricoles. Mais aussi sur les espèces marines commerciales et sur leurs proies avec à la clé, une baisse de la productivité des pêcheries.

Pour mieux comprendre, la recherche doit encore progresser. Cependant, le maintien d'habitats appropriés et de la connectivité écologique, le renforcement de l'intégrité de la diversité biologique, la coordination des efforts internationaux le long des routes migratoires, le soutien de la résilience et le maintien de la variation génétique au sein des espèces apparaissent déjà comme des objectifs de conservation cruciaux. Tout comme, une fois encore, le fait de limiter le rythme du réchauffement en réduisant les émissions de CO2.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !