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En vidéo : l'air se réchauffe deux fois plus vite en Arctique

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La NOAA, la célèbre agence états-unienne responsable de l'étude de l'océan et de l'atmosphère, vient de rendre public son rapport annuel sur l'état de l'Arctique. Il révèle, par exemple, que les températures de l'air s'y élèvent deux fois plus vite que celles de la moyenne globale.

Fonte maximale de la banquise arctique en 2013  L'animation montre l’extension de la glace de mer arctique et les changements de la couverture saisonnière entre le 16 mai et le 12 septembre 2013, jour de son minimum d'extension. © Nasa 

Aux États-Unis, le rôle de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) est « d'informer le public du rôle et du fonctionnement des océans et de l'atmosphère afin de faire des choix éclairés dans leurs interactions avec ceux-ci ». Pour cela, elle publie par exemple chaque année depuis 2006, un rapport sur l'état de l'Arctique. Ce qui ne saurait surprendre puisque l'Alaska appartient à cette région. L'Arctic Report Card 2014 vient de sortir. Il fait le point autant sur l'évolution de la banquise que sur celle des populations d'ours polaires. On y apprend que l'Inlandsis du Groenland a fondu en surface à 40 % lors de l'été 2014. Pendant 90 % de cette saison, l'ampleur du phénomène était supérieure à celle calculée en faisant une moyenne sur la période s'étendant de 1981-2010. Ce qui ne va certainement pas rassurer les membres du Extreme Ice Survey (EIS), bien que la masse totale de la calotte polaire soit restée essentiellement inchangée de 2013 à 2014.

Le rapport 2014 de la NOAA sur l’état de l’Arctique est accompagné d’une vidéo. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle avec deux barres horizontales en bas à droite pour faire apparaître les sous-titres en anglais. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle et cherchez « Traduire les sous-titres ». Cliquez pour faire apparaître le menu du choix de la langue, choisissez « français », puis cliquez sur « OK ». © NOAAPMEL, YouTube

La disparition de la couverture neigeuse au printemps s'est produite avec trois à quatre semaines d'avance en Scandinavie, dans la partie ouest de l'Alaska et de la Russie ainsi qu'au niveau des latitudes subarctiques, au Canada. Plus généralement, cette couverture neigeuse était inférieure à la normale estimée pendant la période 1981-2010 sur tout l'Arctique durant le printemps 2014.

Une augmentation de température inquiétante pour les pergélisols

La banquise n'était pas en reste puisqu'en septembre 2014, son niveau était parmi les plus bas (sixième rang) mesuré depuis la mise en service des satellites dédiés à cette tâche, en 1979. C'est d'autant plus inquiétant que les huit niveaux les plus bas se sont produits précisément ces huit dernières années.

Du fait de la récente diminution de l'étendue de la banquise arctique, les couches supérieures de l'Océan arctique connaissent un ensoleillement croissant, de sorte que l'activité photosynthétique s'en trouve elle aussi accrue et que la masse de phytoplanctons augmente. En soi, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle puisque la base de la chaîne alimentaire menant aux poissons et aux mammifères marins dans ces régions y devient donc plus solide.

Ce qui est probablement le plus préoccupant est la poursuite de la montée des températures de l'air et de l'Océan. En raison d'un phénomène dit d'amplification arctique, celles de l'air y sont deux fois plus rapides que celle de la température moyenne de notre planète. Or, de grandes quantités de méthane et de CO2 sont piégées dans les clathrates sous-marins ou dans les pergélisols. On ne sait pas vraiment dans quelle mesure ces sources potentielles de gaz à effet de serre sont stables dans l'Arctique.

En septembre 2014, l’extension de la banquise arctique était à l’un de ses plus bas niveaux depuis les premières observations par satellite, en 1979. © NOAA