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Accumulateurs de chaleur dans l'Arctique

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Des scientifiques de l'Institut Alfred-Wegener (Alfred-Wegener-Institut, ou AWI) sont parvenus à expliquer l'origine de masses d'eau anormalement chaudes dans l'océan arctique.

Accumulateurs de chaleur dans l'Arctique

Les courants océaniques ont fait l'objet d'une simulation informatique, et les mesures effectuées des les années 90 ont pu être interprétées et extrapolées. Celles-ci traduisaient un réchauffement inattendu de l'eau et des températures élevées en profondeur. La circulation des masses d'eau à travers cette partie de l'océan est désormais mieux comprise, et les températures des deux dernières décennies ont pu être restituées au cours de la modélisation; il est également possible d'émettre des prévisions.

Les chercheurs de l'AWI considèrent que les masses d'eau chaude sont dues à une Oscillation Nord-Atlantique (NAO) particulièrement forte. La NAO est un phénomène atmosphérique qui décrit les fluctuations des différences de pressions atmosphériques entre l'Islande et les Acores. Elle influence les températures de l'air, les précipitations, le vent et la mer. A la fin des années 80, elle a conduit à l'afflux d'eaux chaudes dans l'océan arctique. C'est ainsi qu'est apparue une anomalie de température dans l'Arctique, qui s'est répandue au début des années 90 sous l'appellation de questions de "réchauffement de l'arctique" (arctic warming). La température de l'eau était de 1 a 2°C plus élevée que prévu.

On sait maintenant que ce réchauffement était un évènement isolé et non un processus continu. On a aussi pu montrer comment cette masse d'eau s'est enfoncée dans des profondeurs allant de 200 a 1000 mètres pour finalement quitter le domaine arctique. L'équipe de chercheurs travaille désormais à un élargissement des recherches aux 55 dernières années. Ils souhaitent ainsi mener des investigations sur les conditions des fluctuations à long terme dans les océans et glaciers de l'arctique. Les masses d'eau quittant l'Arctique, objet de ces dernières recherches, influencent fortement les pompes de circulation et par la même les évènements climatiques, loin du centre de l'Arctique.

Un article est paru dans la revue de la Société de Géophysique Américaine (auteurs : M. Karcher, R.Gerdes, F. Kaukert, C. Koberle).