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Les causes biologiques de la dépression : dérèglement de sérotonine, dopamine...

Dossier - Dépression : de la déprime au burn-out
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De 5 % à 10 % de la population française serait touchée par la dépression ! Bonne nouvelle tout de même : psychothérapies ou médicaments adaptés peuvent venir à bout de ce désagréable épisode.

  
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Les causes psychologiques de la dépression conduisent toujours à un dérèglement chimique, responsable des divers symptômes. Dans certains cas, ces dérèglements peuvent survenir sans cause psychologique première. Parmi ces dérèglements, un dysfonctionnement de la sérotonine, de la thyroïde, un déséquilibre hormonal peuvent être en cause.

Forme anatomique de la glande thyroïde © Shidlovski, Shutterstock

Sérotonine, dopamine... les neurotransmetteurs de le dépression

La dépression se traduit par un déséquilibre au cœur du système cérébral. Le fonctionnement de certains neurotransmetteurs, ces molécules qui véhiculent les informations d'un neurone à l'autre, se trouve déséquilibré. On a ainsi identifié, dans le cas de la dépression, un dysfonctionnement des neurotransmetteurs suivants :

  • la sérotonine, qui a pour fonction d'équilibrer le sommeil, l'appétit et l'humeur ;
  • la norépinephrine (ou noradrénaline), qui gère l'attention et le sommeil ;
  • la dopamine, responsable de la régulation de l'humeur ainsi que de la motivation ;
  • le Gaba mais aussi certains neuromodulateurs, le plus souvent des peptides, joueraient également un rôle.

Lorsque tous ces neurotransmetteurs sont bien régulés, tout se passe bien. Mais il suffit d'un petit déséquilibre, des neurotransmetteurs présents en trop grande ou trop petite quantité, pour que la machine se dérègle : les symptômes de la dépression apparaissent.

Une perturbation de la production de sérotonine peut, entre autres, être une cause de dépression. © Totot’s

Les plus récentes recherches laissent supposer que l'altération dans le système de la neurotransmission pourrait avoir un lien avec l'hippocampe, une structure du cerveau logée au plus près du cortex ventromédian, lui-même impliqué dans la maniacodépression.

La sérotonine est un neurotransmetteur : elle est diffusée par un neurone et captée par le suivant, grâce à des récepteurs particuliers. La sérotonine joue un rôle avéré dans la régulation du sommeil et de l’humeur. Lorsque sa production est perturbée, sommeil et humeur s’en ressentent donc. © Pancrat

Hormones, thyroïde et cortisol

De plus, un déséquilibre hormonal serait un autre facteur interne déclenchant la dépression. Ce dernier concerne également la dépression postpartum. Un niveau insuffisant d'ocytocine, une hormone sécrétée par l'hypophyse (une glande endocrine cérébrale), libérée lors de l'allaitement, explique en partie cette forme de dépression.

Par ailleurs, un dysfonctionnement du cortisol fait augmenter le taux de glucocorticoïdes, ce qui déséquilibre et bloque les neurotransmetteurs localisés dans l'hippocampe. Les troubles de l'humeur apparaissent.

Sans oublier les dysfonctionnements de la thyroïde. Lorsque cette glande, dont les hormones jouent un rôle dans la plupart de nos fonctions organiques, ne produit pas suffisamment, on parle d'hypothyroïdie. Elle provoque un ralentissement général de l'organisme, associé à une grande fatigue et, souvent, un prise de poids. Un état dépressif peut également apparaître. On ne connaît pas le lien exact entre ces deux pathologies, mais la seconde semble alors une conséquence de la première.

Les apnées du sommeil et la dépression

Environ un tiers des personnes qui souffrent d'apnées du sommeil finissent par développer un syndrome dépressif, qui ne répond pas aux traitements classiques. L'apnée du sommeil est souvent associée au ronflement : le patient fait des « pauses respiratoires » pendant lesquelles il cesse tout simplement de respirer. Outre le risque cardiovasculaire que cette maladie entraîne, elle semble donc également jouer sur l'humeur, sans que l'on sache expliquer de quelle manière pour l'instant.

Alzheimer et Parkinson, quel lien avec la dépression ?

La dépression peut également constituer un symptôme ou se surajouter à certaines maladies. C'est assez souvent le cas dans la maladie d'Alzheimer, par exemple, qui affecte la mémoire de patients le plus souvent relativement âgés. Elle apparaît avant même les premiers troubles de la mémoire et résiste souvent aux traitements antidépresseurs. Le diagnostic est très difficile à poser, d'autant qu'une dépression peut aussi provoquer de petits troubles de la concentration et, donc, de la mémoire. C'est au médecin, via un questionnaire précis et éventuellement des examens, de démêler le vrai du faux. La dépression peut aussi s'exprimer une fois la pathologie installée, comme une complication de la maladie d’Alzheimer.

La dépression peut aussi être, dans de rares cas, un symptôme annonciateur de la maladie de Parkinson, cette pathologie qui détruit certaines cellules du cerveau et provoque notamment des tremblements incontrôlables des membres. Dans ce cas, elle s'étale souvent sur des mois, voire des années, et répond mal aux traitements.

La dépression est multifactorielle. Elle entraîne un déséquilibre chimique au sein même du système nerveux central. Les médicaments aujourd'hui disponibles tentent de recréer cet équilibre chimique pour que le patient retrouve sa sérénité.