Santé

Drogue, scarifications... les états dépressifs chez les adolescents

Dossier - Dépression : de la déprime au burn-out
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De 5 % à 10 % de la population française serait touchée par la dépression ! Bonne nouvelle tout de même : psychothérapies ou médicaments adaptés peuvent venir à bout de ce désagréable épisode.

  
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Les conséquences d'épisodes dépressifs chez les enfants et adolescents sont multiples, les plus extrêmes étant la consommation de drogue et la scarification.

Les divers états dépressifs chez les adolescents. © Chris Suderman, Flickr CC by-nc 2.0

Les manifestations de la dépression chez l'adolescent et l'enfant 

Comme les adultes, les enfants éprouvent un sentiment de tristesse profonde, passent par des phases de désespoir, de mésestime d'eux-mêmes et n'ont plus goût à rien. L'ennui, la morosité et le pessimisme sont caractéristiques des enfants dépressifs. Les pleurs sont fréquents, de même que les troubles du sommeil (insomnie et hypersomnie), accompagnés d'une fatigue chronique et, pour certains, de modifications alimentaires (anorexie ou boulimie). Il n'est pas rare que, par désespoir, ces ados s'essaient à la prise de drogues mêlées à l'abus d'alcool.

Chez l'enfant, la dépression va s'extérioriser par un isolement social, il ne va plus vouloir ni voir ses amis ni jouer avec. Physiquement, il peut se plaindre de douleurs ventrales, être victime d'une très grande agitation voire d'une hyperexcitation.

Plus grave encore, il n'est pas rare que les adolescents dépressifs développent des comportements dangereux. Ils peuvent, par exemple, se mutiler physiquement, via des scarifications notamment. 

La dépression chez les adolescents peut mener à des comportements dangereux : scarification, drogue, abus d'alcool... © Alarm A, Flickr CC by nc sa 2.0

L'échec scolaire constitue une autre complication fréquente de la dépression infantile ou adolescente : le patient décroche complètement, parfois au point de se faire renvoyer de son établissement. Dans une étude menée en 2002 par l'Inserm, les chercheurs indiquent que « la difficulté de concentration, de prise de décision, la perte d'intérêt, la fatigue qui accompagnent les troubles de l'humeur peuvent entraîner des résultats scolaires médiocres qui, à leur tour, peuvent induire une dépression secondaire (Ryan et coll., 1987). Le fait d'être déprimé pourrait expliquer que beaucoup d'étudiants ne terminent pas leurs études (Kashani et Priesmeyer, 1983) et de ce fait ne réalisent pas le parcours social qui aurait pu être le leur ».

Enfin, comme l'adulte dépressif, l'adolescent peut avoir à l'esprit des pensées liées à la mort, voire de penser au suicide. Bien que ce type de passage à l'acte demeure rare, il faut avoir conscience que le suicide est la deuxième cause de mortalité après les accidents de voitures chez les étudiants.

Pour qu'un médecin déclare un enfant dépressif, il faut que ce dernier présente au minimum cinq des symptômes que nous venons d'aborder, depuis au moins deux ou trois semaines.