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Les symptômes de la dépression et ses signes

Dossier - Dépression : de la déprime au burn-out
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De 5 % à 10 % de la population française serait touchée par la dépression ! Bonne nouvelle tout de même : psychothérapies ou médicaments adaptés peuvent venir à bout de ce désagréable épisode.

  
DossiersDépression : de la déprime au burn-out
 

Selon le ministère de la Santé, près de 20 % de la population française connaîtra au cours de sa vie au moins un épisode dépressif. Si les symptômes de la dépression peuvent varier d'une personne à l'autre, il en est un qui est toujours présent : un profond désarroi et un manque de goût pour la vie.

Symptômes et signes de la dépression. © Photographee.eu, Shutterstock

La dépression peut frapper n'importe qui, à n'importe quel âge, sans distinction de classe sociale. Elle peut survenir brusquement, déclenchée par un événement de la vie ou s'insinuer dans le quotidien et devenir chronique. Dans tous les cas, elle est le résultat d'un dérèglement chimique, qui va provoquer les manifestations de la dépression.

Principal symptôme de la dépression

Son symptôme principal : un manque d'allant incommensurable, dont les conséquences se ressentent au quotidien. On parle de troubles de l'humeur ou de la thymie. Ces troubles sont provoqués par un dérèglement des neuromodulateurs de l'humeur, parmi lesquels la dopamine. La victime de dépression n'a généralement plus goût à rien, ne prend plus aucun plaisir à pratiquer les activités qui l'intéressaient auparavant. Dans les cas les plus graves, elle ne parvient même plus à se lever pour aller travailler et se retrouve emprisonnée dans un cercle infernal.

Les symptômes de la dépression sont multiples. La dépression est souvent décrite comme un cercle vicieux car un symptôme en entraîne un autre et il est souvent difficile de s’en sortir sans une aide extérieure. © Laboratoires Lilly

Un ralentissement physique survient assez souvent chez les patients dépressifs. Tout devient difficile, fastidieux. Bientôt, on n'a plus le courage de sortir de chez soi, ce qui finit par conduire, assez souvent, à un isolement social qui renforce le syndrome dépressif.

Dépression : la fatigue intellectuelle

Sur le plan intellectuel, la personne déprimée devient, dans les cas sévères, moins vive et moins réactive. Elle a du mal à se concentrer, devient distraite. En conséquence, sa capacité de mémorisation diminue. Pourtant, le cerveau ne fonctionne pas au ralenti. Au contraire, il serait même en « surrégime », ce qui expliquerait partiellement ce symptôme. C'est ce que suggère une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiée en août 2005. Elle semble montrer que le cerveau des personnes déprimées « travaille » trop : la fatigue ressentie découlerait justement de cette activité cérébrale.
Le déficit d'attention ne doit pas alors être pris à la légère : il peut engendrer des accidents si le patient exerce un métier à risque ou conduit un véhicule sans parvenir à se concentrer.

Troubles du sommeil et irritabilité, des symptômes de la dépression

Par ailleurs, des troubles du sommeil apparaissent. Sa qualité et sa quantité se dégradent. Les individus dépressifs se retrouvent dans une spirale d'insomnie (un manque ou une privation de sommeil) ou d'hypersomnie (caractérisée par un sommeil profond et excessif). Dans le premier cas, le sommeil n'est pas réparateur et la personne est en proie à des réveils nocturnes, notamment en fin de nuit. Dans le second cas, le sommeil est également dénommé « sommeil refuge », une façon pour le patient de fuir le quotidien. Mais cette altération n'est pas plus satisfaisante car le patient se réveille tout de même fatigué et sans énergie.

Lorsque la fatigue devient chronique, elle accentue l'irritabilité. Le malade se mure dans une intolérance et des émotions négatives exacerbées. Cette agressivité est dirigée aussi bien envers lui-même qu'envers son entourage. Elle est liée au niveau faible d'un autre neurotransmetteur, la sérotonine.

Chute de libido et troubles physiques

La dépression peut être marquée par une chute brutale de la libido. Celle-ci est en effet régulée à la fois par la biologie et par les émotions. Ces deux paramètres étant largement perturbés dans le cadre d'une dépression, l'appétit sexuel s'en ressent. La personne déprimée peut ainsi voir son désir s'effriter, phénomène accru par la piètre estime qu'elle a d'elle-même.

Plus rare, la dépression peut se manifester physiquement : maux de tête, troubles digestifs, aménorrhée, pression artérielle accrue... Même si on ne sait pas encore en expliquer tous les mécanismes, l'état d'esprit constitue souvent un facteur favorisant de bonne ou de mauvaise santé.

De même, l'appétit peut changer. Il est parfois diminué, le patient ne trouvant pas plus de saveur à ses aliments qu'à son quotidien. D'autres fois, il développe un goût prononcé pour le sucré et se met à manger plus que de raison, souvent pendant des épisodes de boulimie.

Il est rare, heureusement, que tous ces symptômes soient présents en même temps. Pour déterminer s'il s'agit d'une dépression, le médecin va évaluer, via un questionnaire précis, le nombre de ces symptômes avérés. De là découlera son diagnostic.