Santé

Les complications de la dépression : rechute, addictions

Dossier - Dépression : de la déprime au burn-out
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De 5 % à 10 % de la population française serait touchée par la dépression ! Bonne nouvelle tout de même : psychothérapies ou médicaments adaptés peuvent venir à bout de ce désagréable épisode.

  
DossiersDépression : de la déprime au burn-out
 

Sans aide appropriée, l'état des malades dépressifs va se dégrader. Les complications peuvent s'avérer irréversibles pour eux mais aussi pour leurs proches. Ce sont par exemple les rechutes, les dépendances à l'alcool.

Les dépendances à l'alcool. © Pezibear, Pixabay, DP
La dépression peut contribuer à plonger le patient dans une addiction telle que l’alcool, la nourriture ou la drogue. La chimie et les modes de réaction du cerveau s’en trouvent chamboulés, comme le montrent ces scanners de patients « accros » ou non à ces diverses substances. Le risque : la création d’un cercle vicieux qui va contribuer à enfoncer encore plus le patient dans sa dépression. L'autre risque de complication de la dépression étant la rechute. © Nora Volkow /Administration USA

L'un des principaux risques est la rechute. Les chercheurs estiment à environ 50 % le taux de rechute dans les deux ans après un premier épisode de dépression. Ces chiffres élevés tendent à démontrer qu'il faut demeurer vigilant pour guérir totalement de la dépression.

Le problème, c'est que les médicaments fonctionnent bien et vite : le patient se sent guéri et a donc tendance à ne pas suivre son traitement jusqu'au bout. Il faut pourtant l'arrêter progressivement et, surtout, avec l'aide d'un médecin.

Par ailleurs, l'environnement et l'origine de la dépression peuvent favoriser les rechutes dans certains cas. Ainsi, après un divorce ou un veuvage, une personne peut ne pas être complètement rétablie suite à un premier traitement de fond et replonger rapidement si l'on arrête le traitement trop tôt. C'est au médecin de s'assurer que le patient est prêt à se confronter à nouveau à ce qui l'a fait chuter.

Alcool et dépression : gare à la dépendance

Selon l'état avancé de la dépression, un sujet en souffrance peut sombrer dans l'alcoolisme. La relation est double. On estime qu'entre 5 % et 10 % des personnes dépressives vont se réfugier dans l'alcool au point de devenir dépendantes. D'un autre côté, environ 40 % des personnes dépendantes à l'alcool plongent dans la dépression. On comprend donc qu'un véritable cercle vicieux se met en place : pensant calmer leur état, les malades trouvent en l'alcool une échappatoire. Or, celui-ci amplifie non seulement les symptômes déjà existants comme l'irritabilité et la somnolence, mais il dégrade aussi la santé du patient. En outre, l'effet dépressiogène de l'alcoolisme augmente le risque de tentative de suicide.

D'une manière générale, le patient risque de tenter de trouver refuge dans tout ce qui peut l'aider à s'échapper provisoirement de cette réalité qui le fait souffrir. Il peut donc développer diverses addictions : à la drogue, au tabac, au jeu, pour ne citer que les plus classiques. Ces addictions détériorent la santé et la vie sociale du patient, ce qui ne fait que contribuer à l'enfoncer davantage dans son mal-être. En outre, les dépressions sont fréquentes au moment du sevrage. Si l'on est tombé dans l'une de ces addictions, il est donc fortement recommandé de faire appel à des professionnels de santé pour s'en sortir.

Des conflits

Par ailleurs, la dépression peut sérieusement contribuer à compliquer des conflits familiaux déjà présents voire tout simplement les créer. Les relations peuvent devenir insupportables aussi bien pour l'individu dépressif que pour les proches. On sait que la dépression contraint le sujet malade à l'isolement. Le rôle de l'entourage est extrêmement important mais il se retrouve parfois impuissant face à la maladie. Par conséquent, des incompréhensions naissent de toutes parts et des problèmes éclatent. 

Pour éviter de sombrer dans l'alcoolisme ou certains types de violence envers soi et les autres, il est fondamental d'en parler et de consulter un spécialiste, médecin ou thérapeute.