Santé

Les suivis médicamenteux dans le traitement de la dépression

Dossier - Dépression : de la déprime au burn-out
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De 5 % à 10 % de la population française serait touchée par la dépression ! Bonne nouvelle tout de même : psychothérapies ou médicaments adaptés peuvent venir à bout de ce désagréable épisode.

  
DossiersDépression : de la déprime au burn-out
 

Lorsque la dépression est avérée, le médecin va le plus souvent mettre en place une thérapie médicamenteuse. Les Français ont une consommation d'antidépresseurs bien supérieure à la moyenne mondiale.

Le traitement à base de plantes : le millepertuis. © Anton Kozyrev, Shutterstock
Il existe de nombreux antidépresseurs prescrits dans le traitement de la dépression. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline agissent sur les deux neurotransmetteurs à la fois, pour une meilleure performance. © Benjah

Les antidépresseurs contre la dépression

Il existe plusieurs catégories d'antidépresseurs, qui sont classés en fonction de leur mode d'action sur le cerveau.

  • Les imipraminiques, également connus sous le nom inexact de tricycliques, ont longtemps constitué l'antidépresseur de référence en France. Ils ont pour effet d'augmenter le taux de noradrénaline, un autre neurotransmetteur primordial pour le bon fonctionnement du système nerveux central. C'est la classe la plus ancienne d'antidépresseurs. Ils fonctionnent bien, notamment sur les états dits mélancoliques, mais provoquent beaucoup d'effets secondaires potentiellement gênants (hypotension, risque épileptique, tachycardie, confusion mentale, tremblements, prise de poids, sécheresse buccale...).
  • Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) ont aussi pour effet d'augmenter le taux de sérotonine en inhibant les enzymes chargés théoriquement de la dégrader. Ils sont très peu utilisés car ils exigent d'adapter l'alimentation, ce qui se révèle peu pratique. Il existe deux types d'IMAO. Le premier, dit sélectif, ne bloque qu'un type de monoamine oxydase (elle existe en deux versions, A et B), tandis que le second bloque les enzymes A et B : ce dernier est donc moins bien supporté.
  • Les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS) agissent, comme leur nom l'indique, sur la sérotonine. Ce neurotransmetteur joue un rôle très important dans la régulation de l'humeur. Ces ISRS, de même que tous les médicaments de la famille des sérotoninergiques, permettent de rehausser la quantité de sérotonine, ce qui diminue considérablement les symptômes de la dépression.

Les médicaments développés récemment

D'autres types de médicaments ont été développés plus récemment.

  • Des antidépresseurs combinés ont été mis au point, qui agissent sur deux neurotransmetteurs à la fois, la sérotonine et la noradrénaline, ce sont les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNA).
  • Plus récemment encore, un antidépresseur agoniste mélatoninergique a fait son apparition, indiqué dans le traitement des épisodes dépressifs majeurs. Il semblerait qu'il obtienne de bons résultats pour une rémission plus durable.
  • On utilise aujourd'hui également la tianeptine, qui a pour effet d'accélérer la recapture de la sérotonine. Elle fonctionne un peu selon le même principe que les ISRS.
  • Par ailleurs, les chercheurs explorent la piste de la kétamine, dont les effets seraient probants dans les cas de dépressions graves. Synthétisée dès 1962, la kétamine est un inhibiteur non spécifique des récepteurs NDMA (N-méthyl D-Asparate). Elle renforce et stimule le passage des informations vers le cerveau. Seul souci : des études sont en cours pour connaître d'éventuels effets secondaires liés à la prise de kétamine et il est d'ores et déjà apparu qu'une dépendance à cette substance pouvait se développer.
  • Des recherches sont également en cours concernant le monoxyde d'azote. C'est une équipe du CNRS, associée à des chercheurs de l'Inserm et de l'université de Montpellier, qui a démontré en 2007 certains bienfaits de ce monoxyde. Il jouerait un rôle sur le transporteur de la sérotonine. L'article note « une interaction physique entre le transporteur de la sérotonine et l'enzyme responsable de la synthèse du monoxyde d'azote dans le cerveau, la NO-synthase neuronale ».
  • Par ailleurs, les sels de lithium, des thymorégulateurs puissants,  auraient un effet inhibiteur sur la neurotransmission sérotoninergique, surtout chez les personnes souffrant de psychose maniacodépressive et en cas de rechute. Ce traitement est associé à des antidépresseurs ou à un anticonvulsivant.
  • Des traitements à base de plantes peuvent aussi être bénéfiques au patient : c'est le cas du millepertuis dont une molécule, l'hypericine, a une efficacité aujourd'hui reconnue contre les troubles dépressifs. Attention : cela ne vaut pas pour les troubles dépressifs majeurs et ne doit pas remplacer le traitement prescrit par le médecin.

À noter : les antidépresseurs mettent généralement plusieurs semaines avant de procurer un véritable soulagement. Le médecin peut, en attendant, prescrire un autre médicament du type anxiolytique (tranquillisant) ou hypnotique (somnifère) pour soulager le patient dans l'immédiat. Contrairement à une idée reçue, ce sont eux qui créent une dangereuse accoutumance et non les antidépresseurs.

Les autorités sanitaires françaises préconisent d'utiliser les antidépresseurs pendant une durée moyenne de 6 mois à partir du moment où le patient se sent mieux. Il faudra alors les arrêter progressivement et, surtout, en suivant les conseils de son médecin.

Les traitements dits classiques sont constitués d'une large palette de thérapies pharmacologiques et psychologiques. Ils continuent de progresser pour s'adapter aux besoins des patients et réduire le risque d'effets secondaires.