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Les drones de science-fiction

Dossier - Tout savoir sur les drones
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Daniel Ichbiah

À l’origine, le terme « drone » correspond à l’anglicisme faux-bourdon. Le bruit émis par le moteur en vol d’un drone rappelait le bourdonnement de cet insecte.

  
DossiersTout savoir sur les drones
 

Les drones présentés dans cette section ont des caractéristiques pour le moins surprenantes. Pourtant, ils existent bel et bien, que ce soit sous forme de prototype ou de produit commercialisé... Au niveau de la forme comme de leurs fonctions, ils donnent une idée forte de la diversité des applications en cours de test.

 Un hoverboard volant ? Mais oui… Arcaboard se présente comme une planche à roulettes, mais dotée de 36 hélices ! © Arcaspace

Aux États-Unis, il existe un robot Lobster, un drone en forme de homard ! Et en Israël, un drone-serpent dont la tête est un objectif de caméra. Pour leur part, les drones RoboBee et Skeeter ressemblent à des insectes mais sont en réalité des caméras volantes...

Depuis des années déjà, des participants à des manifestations ont affirmé qu'ils en auraient aperçu. L'Armée est restée discrète sur la chose. Or, des projets tangibles sont en cours.

Des libellules robotiques

Produit particulièrement inventif, le drone insecte, ou RoboBee a été conçu par une équipe de recherche en robotique de l'université Harvard. Pesant moins d'un dixième de gramme et avec la taille d'un centime d'euro, il pourrait accéder à des zones top secrètes en passant totalement inaperçu. Comme il s'agit du premier projet de ce genre, la majorité des matériaux mis à contribution ont dû être inventés et développés à partir de zéro. Pour se déplacer, le drone adopte le battement des ailes d'un insecte, ajoutant encore à l'illusion. Les ailes sont alimentées par des mécanismes piézoélectriques.

De même, la société britannique Animal Dynamics travaille sur un drone proche d'une libellule. Skeeter, qui pèse 20 g et mesure 12 cm de long, vole en battant de ses quatre ailes, ce qui le rend facile à manœuvrer et moins sensible au vent que les quadrirotors. Si un tel insecte pourra servir à l'espionnage, il pourrait également servir dans la pollinisation des cultures, les opérations de secours et la surveillance environnementale.

Des drones au plafond

Autre curiosité, Scamp, le quadricoptère mis au point par l'université de Stanford vole normalement mais peut atterrir sur un mur vertical ou se fixer sur un plafond - et s'y maintenir, moteurs coupés ! Pour effectuer cette prouesse, l'engin est équipé de pattes recouvertes d'une texture agrippante (d'une structure identique à celle des pattes de lézards) ainsi que d'une « queue » mécanique, qui l'aide à se guider à l'atterrissage et à se décrocher de la paroi sur laquelle il est fixé, pour reprendre son envol. Scamp dispose d'un cousin coréen, un drone ignifugé appelé Faros, qui vole et escalade les murs à la recherche de foyers d'incendie dans les gratte-ciel et relaie les informations en temps réel au sol.

La mission du Worker Bee d’Apellix ? Nettoyer ou repeindre les bâtiments. Ce quadricoptère est couplé à un système de diffusion de liquide pressurisé. © Apellix

Et la société Apellix a montré un prototype de drone destiné à nettoyer ou à repeindre les bâtiments. Le quadricoptère, baptisé Worker Bee (abeille travailleuse) est couplé à un système de diffusion de liquide pressurisé. Il peut ainsi appliquer peintures et vernis de façon uniforme, sans intervention humaine, notamment sur des édifices difficiles d'accès comme les ponts suspendus.

 Le drone de NTT Docomo vise à révolutionner la publicité aérienne : l’image s’affiche sur les LED qui recouvrent sa surface sphérique ! © NTT Docomo

Publicité volante

NTT Docomo a présenté une invention pour le moins spectaculaire : un « écran sphérique volant ». Ce drone encastré dans une structure sphérique rigide de 88 cm de diamètre, porte des bandes lumineuses (LED) de haut en bas. Ces LED ne recouvrent pas toute la surface (sans quoi le drone ne pourrait se propulser dans l'air), mais comme le cadre tourne rapidement sur lui-même, il produit un effet visuel indiscernable à l'œil nu. Les images formées semblent recouvrir toute la surface de la sphère, masquant l'appareillage, pour transformer le drone en écran dynamique aérien !

Un moyen de locomotion ?

Dès 2015, Alexandru Duru, un jeune canadien, a fait sensation sur les médias sociaux avec sa création : une sorte de drone équipé de huit hélices sur lequel un pilote se tient debout, pour littéralement flotter à un mètre au-dessus du sol (ou d'un lac), pendant quelques minutes. L'invention a établi un record mondial, en parcourant une distance de 275 mètres sur ce hoverboard futuriste.

En 2015, Alexandre Duru, un jeune canadien, a fait sensation sur les médias sociaux en parvenant à se tenir debout sur un drone équipé de huit hélices pendant quelques minutes. La société Arcaspace vise à développer ce marché du drone qui fait office de hoverboard. © Arcaspace

De son côté, la société américaine Arca a annoncé Arcaboard, un hoverboard se présentant comme un épais rectangle doté de 36 hélices et de puissantes batteries. L'appareil permet à une personne de 80 kg de flotter à 30 centimètres au-dessus du sol pendant six minutes, sur une distance de deux kilomètres.

Début août 2019, le Français Franky Zapata, surnommé « l'homme volant » a réussi l'exploit de traverser la Manche debout sur son Flyboard, une planche dirigée par un joystick et propulsée par cinq turboréacteurs alimentés en kérosène. Perché sur l'appareil en lévitation, Franky Zapata a parcouru les 35 kilomètres séparant la France du Royaume-Uni en vingt minutes à une vitesse atteignant les 170 km/h. « L'homme volant » et sa planche ont rencontré un écho médiatique pour cet exploit fou et après avoir offert un époustouflant spectacle futuriste au traditionnel défilé du 14 juillet à Paris.

Enfin, le fabricant de drones chinois Ehang a présenté 184 qui s'apparente à un mini-hélicoptère propulsé par quatre rotors. L'engin se veut simple d'emploi : le passager indique sa destination d'un clic sur une tablette tactile et 184 fait le reste. Entièrement électrique ce drone personnel pourra voler durant 23 minutes, à une vitesse de 100 km/h.

 Le drone du Chinois Ehang s’apparente à un mini-hélicoptère propulsé par quatre rotors et se veut aussi simple d’emploi qu’un drone : le passager indique sa destination sur une tablette tactile et l’appareil effectue le trajet. © Ehang

Faire pousser des drones ?

Pourrait-on faire pousser des machines volantes, presque comme des plantes ? L'idée paraît fantasque. Pourtant, elle émane de BAE Systems, un groupe spécialisé dans l'ingénierie militaire qui emploie plus de 80.000 personnes. En partenariat avec l'université de Glasgow, BAE Systems planche sur un concept révolutionnaire, où des drones seraient produits ex nihilo, chimiquement, dans des ChemPuter : une machine robotisée, s'apparentant à une imprimante 3D mais basée sur des substances chimiques capables de s'auto-assembler et s'auto-transformer pour produire des drones à la chaîne. Ils pourraient ainsi être fabriqués sur mesure en quelques semaines - et non sur plusieurs années.