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Le drone chouchou des militaires

Dossier - Tout savoir sur les drones
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À l’origine, le terme « drone » correspond à l’anglicisme faux-bourdon. Le bruit émis par le moteur en vol d’un drone rappelait le bourdonnement de cet insecte.

  
DossiersTout savoir sur les drones
 

Engin déshumanisé frappant aveuglément des populations civiles autant que militaires ? Le drone a longtemps souffert de cette image. Il est vrai que les premières recherches sur des « avions sans pilote » ont été militaires, elles remontent même à la Première Guerre mondiale !

Le Black Hornet se distingue par sa taille miniature ; il tient dans une main ! © Prox Dynamics

En réalité, si le grand public n'a découvert leur existence que depuis une vingtaine d'années, le domaine des drones a longtemps été un secret jalousement gardé.

Les drones militaires servent l'exploration de zones occupées par un ennemi, pour repérer des soldats en territoire hostile, pour embarquer ou débarquer du matériel. De même, pour connaître les intentions de l'ennemi, rien de tel que les avions de reconnaissance sans pilote. Oui mais... Le drone a également été mis à contribution, pour tirer sur des cibles dans le cadre du concept de zéro mort (pour l'assaillant !).

La seule évocation de son nom donne des frissons. Spécialisé dans les tirs de haute altitude, le Reaper (littéralement : le faucheur) est officiellement en activité sur le théâtre des opérations en Afghanistan. © General Atomics

Il suffit de regarder les photos du Reaper MQ-9 de General Atomics, considéré comme l'une des machines de combat les plus avancées jamais construite, pour comprendre pourquoi un tel engin peut faire peur. Le Reaper (faucheur, en anglais) est un drone très endurant et particulièrement bien armé qui se spécialise dans les tirs de haute altitude. Spécialisé dans le largage de bombes et missiles guidés, il a servi dans les guerres d'Afghanistan et d'Irak. Leur grande vitesse et leur petite taille en font d'excellents engins furtifs.

Le MQ-1 Predator est entré en service dès 1995, d’abord dans les Balkans, avant d’effectuer maints survols de l’Aghanistan à partir des années 2000. © General Atomic

Tout aussi redoutable, le MQ-1 Predator est utilisé par l'US Air Force depuis 1995 pour des missions de reconnaissance et d'attaque au sol. Plus récent, l'Avenger du même General Atomics a été conçu pour opérer en mode mode furtif.

Le Phantom Eye de Boeing, un drone capable de voler à haute altitude durant 36 heures. © Boeing

Certains drones répondent à la classification de Hale (Haute altitude longue endurance). Ils peuvent alors voler à 7.000 mètres d'altitude sur une durée de 36 heures. Ainsi, le Phantom Eye de Boeing, un drone Hale, fonctionne à l'hydrogène liquide. Il a été conçu comme avion espion, capable de rester plus d'un jour en vol à haute altitude sans avoir à retourner à une station au sol. Le Phantom Eye a été jusqu'à atteindre 8.530 mètres d'altitude.

En forme d'hélicoptères, les drones K-Max de Lockheed sont utilisés par l'armée américaine pour livrer des cargaisons sur les champs de bataille depuis 2007. Il est conçu pour livrer des cargaisons derrière les lignes ennemies ; il peut transporter jusqu'à 2.720 kg.

Lorsqu’il faut ravitailler les troupes en équipement lourd, le K-Max de Lockheed est le drone de choix. Il peut transporter plus de 2,7 tonnes ! © Lockheed

L'avènement des nanodrones

Dans le cadre du projet Soldier Borne Sensors (des capteurs personnels emportés par chaque soldat), l'armée américaine réfléchit à des appareils miniatures. Chaque soldat pourrait disposer de son propre drone de taille réduite, dans son sac à dos ou dans sa poche. 

Avec sa taille et son poids miniatures (16,8 cm et moins de 33 grammes), le Black Hornet 3 est présenté par Flir comme l’allié indispensable du soldat qui peut aisément le lancer dans les airs pour des missions de reconnaissance et suivre sa trajectoire sur une tablette. © Prox Dynamics

L'armée britannique a d'ores et déjà testé sur le terrain (en Afghanistan) de tels nanodrones : des hélicoptères miniatures Black Hornet 3 (de Flir), dont le corps est de la taille d'un pouce, et le poids d'environ 32 grammes. Ils peuvent voler à la vitesse de 21 km/h.

La recherche est fort diversifiée et en janvier 2017, l'armée américaine a dit avoir mené avec succès des tests impliquant de nombreux drones évoluant en essaim. Plus d'une centaine de drones Perdix ont été lâchés depuis des avions de combat, avant de se regrouper pour mener à bien différentes missions de reconnaissance, de façon indépendante. Capables de prise de décision, de vol en formation ou d'auto-réparation, ces escadrilles de petits drones abordables pourraient à l'avenir remplacer des engins plus imposants et plus coûteux.

Le souci, pour les militaires, c'est que l'ennemi peut lui aussi se servir de drones. Et donc le Darpa, branche de recherche de l'armée américaine, développe une arme anti-drone, vraisemblablement à base de laser, notamment en vue de protéger les prisons des drones. Le DroneDefender, sorte de fusil envoie des impulsions radio pour désactiver les drones dans un rayon de 400 mètres. Dans un même ordre d'idées, des véhicules armés de canons Bushmaster suppriment les drones qui pourraient menacer les soldats. Israël et l'Allemagne travaillent également sur la question.