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Aux Utopiales, la science-fiction rencontre la science

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Du 29 octobre au 2 novembre, à Nantes, un festival international pas comme les autres réunira les fans de science-fiction et les amoureux des sciences. BD, films, jeux, conférence, tables rondes, expositions : aux Utopiales, « il y en aura pour tous les goûts », comme nous l'explique Roland Lehoucq, astrophysicien et président de ce rassemblement sans équivalent.

Les Utopiales, festival international de science-fiction, aura lieu du 29 octobre au 2 novembre, au Centre des congrès de Nantes. © Manchu, les Utopiales

Les lecteurs de Futura-Sciences connaissent Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), qui s'amuse avec Star Wars (entre autres) pour parler de science, et, par exemple, peser l'Étoile noire ou présenter les deux soleils de Tatooine. Passionné de science-fiction et de vulgarisation, il préside, avec Ugo Bellagamba, délégué artistique, le festival Utopiales, qui en est à sa seizième édition. Très originale, cette manifestation, qui se tient à Nantes, parle de science et de science-fiction sur un mode vraiment multimédia, mêlant littérature, BD, mangas, cinéma et jeux vidéo.

Voir le programme complet sur le site des Utopiales.

La science s'inspire-t-elle de la science-fiction ?

Roland Lehoucq : Un scientifique peut être inspiré par un récit mais, non, les idées de la science-fiction ne nourrissent pas la science. C'est le contraire. Les auteurs piochent les idées dans la science ou dans les techniques. D'ailleurs, les idées énoncées peuvent être scientifiquement fausses, ce n'est pas l'essentiel. Ce que fait surtout la science-fiction, c'est de jouer avec les conséquences des connaissances scientifiques et des possibilités technologiques. C'est un regard extérieur. C'est le « point de vue de Sirius » que Voltaire exploite dans Micromégas. Je vois plutôt la science-fiction comme un laboratoire d'expérience de pensée sociale. En cela, la science-fiction questionne le réel. Mais elle n'est pas la seule. Dans le domaine de l'art, les surréalistes le font aussi.

Les scientifiques aiment-ils la science-fiction ?

Il y a tous les cas de figure ! Mais il existe un effet générationnel. De plus en plus de chercheurs s'y intéressent et cela commence par les plus jeunes. La science-fiction peut aussi servir de support pédagogique et, pour ma part, cela m'est très utile. On peut expliquer de nombreux phénomènes physiques en prenant des exemples dans des histoires connues, pour répondre à des questions mal posées. Exemple de question mal posée : quelle est la puissance des sabres laser de Star Wars ? La réponse n'est pas explicitement donnée dans l'histoire mais un raisonnement scientifique permet d'y répondre. C'est un 1 gigawatt, la puissance d'une centrale nucléaire...

Roland Lehoucq nous présente les Utopiales 2015, dont le thème est « Réalités(s) ». © Laurence Honnorat, YouTube, Utopiales

Pourquoi ce thème de la « réalité » pour cette édition 2015 ?

Après « Les origines », « Autres mondes » et « Intelligences », nous avons voulu questionner la réalité. Dans notre monde, le virtuel a rattrapé le réel. On parle de réalité virtuelle ou augmentée. Les scientifiques nous parlent de réalités inaccessibles à nos sens, dans l'infiniment petit ou à l'échelle de l'univers. Ce sont des thèmes dont s'empare la science-fiction.

Que verra-t-on dans ces Utopiales ?

Beaucoup de choses ! Il y aura de nombreuses projections de films, longs métrages et courts métrages, connus (comme Blade Runner ou Ghost in the shell), moins connus voire jamais présentés en France. Il y aura des expositions comme celle des extraordinaires illustrations SF de Manchu. On pourra se promener sur Mars grâce à Virtual Reality Planet, un univers immersif en 3D avec de véritables images de la Planète rouge. Grâce à un paléontologue, Jean-Sébastien Steyer, et un sculpteur numérique, Marc Boulay, une exposition nous montrera ce à quoi pourraient ressembler les animaux du futur. Il y aura des jeux, beaucoup de bandes dessinées et une centaine de tables rondes... En fait, il est impossible de tout voir mais il y en a pour tous les goûts, tous les âges. Vous ne pourrez pas vous intéresser à tout mais il y aura forcément quelque chose qui vous intéressera !

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