L'intérieur d'un vaisseau spatial du film Star Wars. © Shutterstock

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L'hibernation des astronautes ne sera bientôt plus de la science-fiction

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Beaucoup de films de science-fiction montrent les passagers d'un vaisseau spatial entrer dans des capsules pour hiberner durant le long voyage qui les attend. Dans la réalité, l'ESA prend la question très au sérieux, notamment pour ses futurs voyages martiens.

Un groupe de scientifiques de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) essaye d'imaginer le vaisseau spatial de demain dans lequel les astronautes pourront hiberner. Cette question est prise très au sérieux par l'ESA qui prévoit d'envoyer des Hommes qui devront supporter un long voyage vers Mars d'ici vingt ans. « Nous réfléchissons à l'architecture du vaisseau, sa logistique, sa protection contre les radiations, sa consommation d'énergie ainsi que son design global », explique Robin Biesbroek, membre du groupe Concurrent Design Facilities (ou CDF).

Coupe transversale d'un module d'hibernation imaginé par l'ESA. Il servira aussi de quartier d'équipage durant la phase de croisière. Quartiers d'équipage privés (1), systèmes de survie et arrimage (8) et espace de circulation (10). © ESA

Le vaisseau hypothétique serait plus léger d'un tiers environ. Une masse gagnée en retirant les quartiers réservés à l'équipage et en diminuant les fournitures consommables. Chaque astronaute aurait sa capsule de biostase personnelle équipée de commandes thermiques individuelles et une isolation souple, avec un ventilateur pour faire circuler l'air et contrôler l'humidité afin d'éviter la condensation lorsque la température est réduite pendant l'hibernation. Les capsules seraient également bien protégées contre les radiations. Reste à savoir comme endormir l'équipage.

Les capsules de biostases dans le film Alien. © Alien, le Cinquième Passager de Ridley Scott

Voyager en dormant

Pour induire l'état de torpeur, les astronautes devront possiblement ingérer une drogue et, tout comme les ours, faire le plein de graisse avant. Une fois installés dans la capsule fermée, leur température corporelle diminuera progressivement ainsi que leur métabolisme. « Si on parvient à baisser le métabolisme des astronautes de 75 % comme ce qui est observé chez les grands mammifères tel que l'ours, les missions spatiales de longue durée seraient plus facilement réalisables » explique Jennifer Ngo-Anh, chef de groupe SciSpacE.

À leur réveil, les astronautes récupéreront pendant 21 jours. Les scientifiques espèrent qu'ils ne subiront pas de perte de masse musculaire ou osseuse. Espérons que, comme dans la science-fiction, ils ne feront pas de mauvaise rencontre à leur réveil.

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